Le courage de changer - Un projet de pays pour le Québec
Le Parti québécois doit avoir le courage de changer. Le courage de faire un bilan lucide de ses années au pouvoir et de reconnaître qu'il a sa part de responsabilité dans la désaffection du citoyen envers la politique québécoise. Le courage de revoir sa façon de gouverner et de repenser la manière dont il présente son option.
Dans ce texte, j'expose ma vision sur la modernisation du Parti Québécois et résume les orientations qu'il devrait, selon moi, adopter lors du Congrès national qui aura lieu en juin 2005. Une présentation plus complète est disponible à l'adresse Internet www.francoislegault.org.
Je souhaite que notre parti emprunte la voie du renouveau en se montrant sensible au malaise démocratique qui sévit au Québec et en tentant de répondre aux frustrations qui l'alimentent. Nous devons, pour cela, reconnaître nos erreurs et faire les changements nécessaires pour convaincre les Québécoises et les Québécois que nous sommes capables de mieux gouverner. Il faut aussi leur proposer un projet de pays concret, crédible et emballant, celui d'un Québec souverain qui donnerait enfin à l'éducation la place qu'elle devrait avoir au Québec.
Un bilan lucide
Il ne faut pas sous-estimer l'ampleur de la défaite du Parti québécois en 2003. En termes d'appui populaire, cet échec marque un retour en arrière de 30 ans. La moindre des choses serait de nous demander pourquoi nous avons subi un tel recul.
Dans l'opposition depuis plus d'un an, le Parti québécois a amorcé, mais n'a pas poussé jusqu'au bout, son examen de conscience. Nous devons essayer de mieux comprendre ce que les Québécoises et les Québécois ont cherché à nous dire l'an dernier. Cet exercice n'ira pas sans tiraillements et heurtera sans doute celles et ceux qui croient que le Parti québécois n'a plus à convaincre personne de sa capacité à bien gouverner.
Il est vrai que de grands progrès ont été accomplis grâce à l'action du gouvernement du Parti québécois. Mais il n'est pas moins vrai que des erreurs ont été commises, notamment dans la gestion du système de santé avec les mises à la retraite prématurée d'infirmières et de médecins. Il faut examiner notre bilan avec lucidité, non pas pour faire table rase du passé, mais pour mettre des moyens plus efficaces au service de nos idéaux progressistes.
Un malaise démocratique
Une sorte de malaise démocratique sévit au Québec en ce moment. Les citoyennes et les citoyens ont le sentiment de ne pas en avoir pour leur argent, d'être peu écoutés et de ne pas pouvoir faire confiance à une classe politique qui semble incapable de lui proposer un projet collectif stimulant.
Un coup de barre s'impose si nous voulons atténuer les frustrations qui alimentent le cynisme de la population envers la politique. Le Parti québécois doit se donner des principes de gestion encore plus rigoureux et présenter ses prochains engagements électoraux comme un contrat moral qu'il respectera scrupuleusement. Il doit aussi se rapprocher des gens, mieux écouter et mieux comprendre leurs besoins et leurs préoccupations, et non essayer de décider à leur place ce qui est bon pour eux.
À partir de ce dialogue, il faut proposer aux Québécoises et aux Québécois un projet qui rejoint leurs aspirations. Une vision du Québec de demain qui explique comment nous souhaitons relever les défis d'aujourd'hui, et qui prend la forme d'un projet collectif crédible, concret et emballant. Un projet qui puisse redonner aux citoyennes et aux citoyens, en particulier les jeunes, le goût de l'engagement politique dans le Québec d'aujourd'hui.
Les défis de la modernisation
Durant la Saison des idées au Parti québécois, nous nous sommes surtout parlé entre nous. Nous devons maintenant nous ouvrir à la population, être à l'écoute de ses besoins et de ses préoccupations. On attend du Parti québécois, à juste titre, qu'il revoie ses orientations et qu'il formule des idées nouvelles. Il faut maintenant répondre aux attentes.
Le Parti québécois doit se moderniser s'il veut éviter de subir le sort réservé à ceux qui font la sourde oreille aux messages des électeurs, comme les travaillistes britanniques, qui sont restés 18 ans dans l'opposition avant l'élection de Tony Blair en 1997, et les démocrates américains, qui ont été chassés de la Maison-Blanche pendant douze ans avant l'élection de Bill Clinton en 1992.
Pour regagner la confiance de la population et la réconcilier avec la politique, le Parti québécois devra relever trois défis en montrant qu'il est capable:
- de gouverner avec plus d'efficacité et de transparence;
- de mobiliser les Québécoises et les Québécois autour d'un projet de pays emballant et concret;
- de se renouveler en redevenant un parti d'idées, ouvert à la jeunesse et à la diversité québécoise.
Un gouvernement efficace et près des gens
Le premier défi consiste à démontrer qu'un gouvernement progressiste, qui a le coeur à la bonne place, peut aussi être efficace. Je suis d'avis qu'une efficacité accrue passe par l'évaluation systématique de la qualité des services publics et par une décentralisation de leur gestion assortie de l'obligation, pour tous les établissements publics, de rendre compte de façon transparente de leur utilisation des fonds publics.
L'efficacité n'est pas une fin en soi. C'est une question de simple respect envers les contribuables. Mais c'est aussi la meilleure façon de servir les idéaux qui nous sont chers. Plus d'efficacité permet plus de solidarité et une plus grande équité entre les générations.
Un projet de pays concret et emballant
Le deuxième défi consiste à démontrer que le Québec pourrait faire mieux en contrôlant 100 % de ses impôts et en faisant ses propres choix. Dans la situation actuelle, la santé, même sous-financée, accapare toutes les marges de manoeuvre du Québec et étouffe les autres priorités, dont l'éducation. En mettant fin au déséquilibre fiscal, en éliminant les dédoublements entre les gouvernements du Québec et d'Ottawa et en faisant de meilleurs choix, nous pourrions dégager d'importantes marges de manoeuvre pour mieux financer nos services publics.
Il reviendrait alors à la population de décider comment investir ces nouvelles ressources en dessinant les contours d'un projet de pays, celui d'un Québec souverain.
Je souhaite pour ma part que l'éducation soit au coeur de ce projet de pays. L'éducation, qui est la clé de notre avenir, est actuellement négligée. La seule façon d'en faire une grande priorité nationale tout en finançant adéquatement la santé, c'est de rapatrier nos impôts et de faire nos propres choix. En bref, c'est de devenir souverain.
Un parti ouvert et renouvelé
Notre troisième défi, celui du renouvellement, nous commande de miser sur l'avenir. Et l'avenir, c'est la jeunesse, qui doit retrouver toute sa place au sein du Parti québécois. Le message de nos jeunes «mousquetaires», Alexandre Bourdeau, Stephan Tremblay et Jonathan Valois, doit être entendu. C'est en contribuant à l'élaboration d'un projet de pays dans lequel elle se reconnaît que la jeunesse du Québec se mobilisera de nouveau pour la souveraineté.
Le renouvellement du parti passe aussi par une plus grande ouverture aux membres des communautés culturelles. Nous devons leur donner toute la place qui leur revient afin qu'ils enrichissent davantage la vie de notre parti et qu'ils contribuent pleinement à notre projet de pays.
Les Québécoises et les Québécois s'attendent à ce que nous fassions un sérieux examen de conscience et que nous revenions avec de nouvelles idées, de nouvelles propositions. Notre capital de sympathie dans la population n'est pas épuisé, mais il apparaît désormais insuffisant. C'est un capital à regagner. Il nous faut mériter notre retour au pouvoir. Il nous faut repenser nos politiques pour offrir aux Québécoises et aux Québécois un gouvernement plus efficace et plus près des gens, un projet de pays crédible, concret et emballant, et un parti moderne, ouvert et accueillant. En ce sens, le temps des choix devra être celui du changement. Le Parti québécois doit changer. Il doit vraiment changer.
Dans ce texte, j'expose ma vision sur la modernisation du Parti Québécois et résume les orientations qu'il devrait, selon moi, adopter lors du Congrès national qui aura lieu en juin 2005. Une présentation plus complète est disponible à l'adresse Internet www.francoislegault.org.
Je souhaite que notre parti emprunte la voie du renouveau en se montrant sensible au malaise démocratique qui sévit au Québec et en tentant de répondre aux frustrations qui l'alimentent. Nous devons, pour cela, reconnaître nos erreurs et faire les changements nécessaires pour convaincre les Québécoises et les Québécois que nous sommes capables de mieux gouverner. Il faut aussi leur proposer un projet de pays concret, crédible et emballant, celui d'un Québec souverain qui donnerait enfin à l'éducation la place qu'elle devrait avoir au Québec.
Un bilan lucide
Il ne faut pas sous-estimer l'ampleur de la défaite du Parti québécois en 2003. En termes d'appui populaire, cet échec marque un retour en arrière de 30 ans. La moindre des choses serait de nous demander pourquoi nous avons subi un tel recul.
Dans l'opposition depuis plus d'un an, le Parti québécois a amorcé, mais n'a pas poussé jusqu'au bout, son examen de conscience. Nous devons essayer de mieux comprendre ce que les Québécoises et les Québécois ont cherché à nous dire l'an dernier. Cet exercice n'ira pas sans tiraillements et heurtera sans doute celles et ceux qui croient que le Parti québécois n'a plus à convaincre personne de sa capacité à bien gouverner.
Il est vrai que de grands progrès ont été accomplis grâce à l'action du gouvernement du Parti québécois. Mais il n'est pas moins vrai que des erreurs ont été commises, notamment dans la gestion du système de santé avec les mises à la retraite prématurée d'infirmières et de médecins. Il faut examiner notre bilan avec lucidité, non pas pour faire table rase du passé, mais pour mettre des moyens plus efficaces au service de nos idéaux progressistes.
Un malaise démocratique
Une sorte de malaise démocratique sévit au Québec en ce moment. Les citoyennes et les citoyens ont le sentiment de ne pas en avoir pour leur argent, d'être peu écoutés et de ne pas pouvoir faire confiance à une classe politique qui semble incapable de lui proposer un projet collectif stimulant.
Un coup de barre s'impose si nous voulons atténuer les frustrations qui alimentent le cynisme de la population envers la politique. Le Parti québécois doit se donner des principes de gestion encore plus rigoureux et présenter ses prochains engagements électoraux comme un contrat moral qu'il respectera scrupuleusement. Il doit aussi se rapprocher des gens, mieux écouter et mieux comprendre leurs besoins et leurs préoccupations, et non essayer de décider à leur place ce qui est bon pour eux.
À partir de ce dialogue, il faut proposer aux Québécoises et aux Québécois un projet qui rejoint leurs aspirations. Une vision du Québec de demain qui explique comment nous souhaitons relever les défis d'aujourd'hui, et qui prend la forme d'un projet collectif crédible, concret et emballant. Un projet qui puisse redonner aux citoyennes et aux citoyens, en particulier les jeunes, le goût de l'engagement politique dans le Québec d'aujourd'hui.
Les défis de la modernisation
Durant la Saison des idées au Parti québécois, nous nous sommes surtout parlé entre nous. Nous devons maintenant nous ouvrir à la population, être à l'écoute de ses besoins et de ses préoccupations. On attend du Parti québécois, à juste titre, qu'il revoie ses orientations et qu'il formule des idées nouvelles. Il faut maintenant répondre aux attentes.
Le Parti québécois doit se moderniser s'il veut éviter de subir le sort réservé à ceux qui font la sourde oreille aux messages des électeurs, comme les travaillistes britanniques, qui sont restés 18 ans dans l'opposition avant l'élection de Tony Blair en 1997, et les démocrates américains, qui ont été chassés de la Maison-Blanche pendant douze ans avant l'élection de Bill Clinton en 1992.
Pour regagner la confiance de la population et la réconcilier avec la politique, le Parti québécois devra relever trois défis en montrant qu'il est capable:
- de gouverner avec plus d'efficacité et de transparence;
- de mobiliser les Québécoises et les Québécois autour d'un projet de pays emballant et concret;
- de se renouveler en redevenant un parti d'idées, ouvert à la jeunesse et à la diversité québécoise.
Un gouvernement efficace et près des gens
Le premier défi consiste à démontrer qu'un gouvernement progressiste, qui a le coeur à la bonne place, peut aussi être efficace. Je suis d'avis qu'une efficacité accrue passe par l'évaluation systématique de la qualité des services publics et par une décentralisation de leur gestion assortie de l'obligation, pour tous les établissements publics, de rendre compte de façon transparente de leur utilisation des fonds publics.
L'efficacité n'est pas une fin en soi. C'est une question de simple respect envers les contribuables. Mais c'est aussi la meilleure façon de servir les idéaux qui nous sont chers. Plus d'efficacité permet plus de solidarité et une plus grande équité entre les générations.
Un projet de pays concret et emballant
Le deuxième défi consiste à démontrer que le Québec pourrait faire mieux en contrôlant 100 % de ses impôts et en faisant ses propres choix. Dans la situation actuelle, la santé, même sous-financée, accapare toutes les marges de manoeuvre du Québec et étouffe les autres priorités, dont l'éducation. En mettant fin au déséquilibre fiscal, en éliminant les dédoublements entre les gouvernements du Québec et d'Ottawa et en faisant de meilleurs choix, nous pourrions dégager d'importantes marges de manoeuvre pour mieux financer nos services publics.
Il reviendrait alors à la population de décider comment investir ces nouvelles ressources en dessinant les contours d'un projet de pays, celui d'un Québec souverain.
Je souhaite pour ma part que l'éducation soit au coeur de ce projet de pays. L'éducation, qui est la clé de notre avenir, est actuellement négligée. La seule façon d'en faire une grande priorité nationale tout en finançant adéquatement la santé, c'est de rapatrier nos impôts et de faire nos propres choix. En bref, c'est de devenir souverain.
Un parti ouvert et renouvelé
Notre troisième défi, celui du renouvellement, nous commande de miser sur l'avenir. Et l'avenir, c'est la jeunesse, qui doit retrouver toute sa place au sein du Parti québécois. Le message de nos jeunes «mousquetaires», Alexandre Bourdeau, Stephan Tremblay et Jonathan Valois, doit être entendu. C'est en contribuant à l'élaboration d'un projet de pays dans lequel elle se reconnaît que la jeunesse du Québec se mobilisera de nouveau pour la souveraineté.
Le renouvellement du parti passe aussi par une plus grande ouverture aux membres des communautés culturelles. Nous devons leur donner toute la place qui leur revient afin qu'ils enrichissent davantage la vie de notre parti et qu'ils contribuent pleinement à notre projet de pays.
Les Québécoises et les Québécois s'attendent à ce que nous fassions un sérieux examen de conscience et que nous revenions avec de nouvelles idées, de nouvelles propositions. Notre capital de sympathie dans la population n'est pas épuisé, mais il apparaît désormais insuffisant. C'est un capital à regagner. Il nous faut mériter notre retour au pouvoir. Il nous faut repenser nos politiques pour offrir aux Québécoises et aux Québécois un gouvernement plus efficace et plus près des gens, un projet de pays crédible, concret et emballant, et un parti moderne, ouvert et accueillant. En ce sens, le temps des choix devra être celui du changement. Le Parti québécois doit changer. Il doit vraiment changer.
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