La violence chez les autochtones: une question culturelle, croit Chagnon
Québec — Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, tient une fois de plus des propos controversés sur les autochtones. C'est une «différence culturelle» qui, selon lui, explique que la violence faite aux femmes est davantage présente dans les communautés autochtones.
Questionné au sujet d'un rapport d'Amnistie internationale qui conclut que les femmes autochtones courent un risque deux fois plus élevé que les autres d'être victimes de violence, Jacques Chagnon a déclaré qu'il s'agit d'un problème «basé sur l'éducation et, aussi, sur une différence culturelle». Le ministre a souligné qu'il «travaille avec les communautés autochtones pour protéger les femmes» et pour «éduquer les gens, spécialement les hommes». Cette problématique ne peut cependant se régler «en deux jours», a-t-il ajouté.
La violence contre les femmes est-elle inhérente à la culture autochtone? Le ministre délégué aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, n'y croit pas et dément son collègue. «J'estime que ce n'est pas propre à la culture autochtone. La violence contre les femmes est partout dans la société. Il n'y a rien là qui est particulier aux autochtones, bien que cette violence les affecte», a-t-il affirmé.
Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, se dit outré par la déclaration de Jacques Chagnon. «Une telle analyse est étroite. N'importe qui avec une responsabilité publique n'a pas le droit d'émettre un commentaire comme ça», a-t-il lancé.
Ghislain Picard déplore que le ministre de la Sécurité publique colporte et alimente des «préjugés». «Je pense qu'il faut une analyse un peu plus poussée que de dire simplement que c'est basé sur la culture autochtone. Ça n'a aucun lien. Le lien qu'il y a à faire, c'est qu'on a des communautés moins bien nanties, ce qui fait en sorte que des phénomènes à caractère social font surface», a-t-il ajouté.
Selon lui, Jacques Chagnon aurait tout intérêt à se familiariser avec les affaires autochtones avant de discourir sur les sources de la violence contre les femmes dans les communautés. «Il faut connaître les fondements historiques, l'histoire des peuples autochtones, et savoir pourquoi on est rendu en 2004 avec une violence aussi accrue contre les femmes autochtones, pourquoi on est rendu avec des taux de suicide très élevés. On a trop souvent sous-estimé les impacts qu'ont eus, entre autres, la Loi sur les Indiens et toutes sortes de situations qui ont mené à la dépossession des terres des autochtones et qui ont fait qu'on se retrouve à l'échelle du pays avec moins de 1 % de la superficie. Et on connaît aussi des niveaux de pauvreté élevés. Je pense que tout ça a un lien», a-t-il expliqué.
Ce n'est pas la première fois que Jacques Chagnon tient des propos controversés sur les autochtones. En mai dernier, le ministre avait affirmé que Kanesatake est «une communauté beaucoup plus violente que le restant de la société». «Il passe une corneille, t'es pas content, tu sors ton 12, tu tires la corneille. On ne voit pas ça ailleurs», avait-il ajouté. Plus tard, M. Chagnon avait avancé que les communautés autochtones connaissent des taux de criminalité plus élevés parce que leur population est composée principalement de jeunes âgés de moins de 25 ans. «On a devant nous des gens qui sont, évidemment, plus portés à avoir des attitudes moins civiles», avait-il dit.
«S'exprimer comme le ministre Chagnon l'a fait au cours de la dernière année, je pense que ça reflète mal la volonté politique qu'exprime M. Charest et qui vise à établir un dialogue avec la communauté autochtone», a laissé tomber Ghislain Picard.
Anne Sainte-Marie, de la section canadienne francophone d'Amnistie internationale, invite le ministre Chagnon à lire attentivement le rapport de son organisation sur la violence contre les femmes autochtones, qui a été rendu public lundi. Ironiquement, le rapport dénonce les préjugés qui sont souvent cultivés par les autorités. Selon elle, ces préjugés mènent souvent les gouvernements à baisser les bras et à refuser de proposer des mesures suffisamment efficaces pour régler la situation. «C'est une déclaration inacceptable de la part d'un ministre qui est responsable de la sécurité publique de tous les citoyens du Québec», a-t-elle dit.
Des tables rondes réunissant Québec, Ottawa et les communautés autochtones auront lieu dans les prochains mois et porteront notamment sur la violence dans les communautés autochtones, a noté Benoît Pelletier. Qui plus est, une conférence fédérale-provinciale-territoriale sur les affaires autochtones se tiendra d'ici un an. «On va avoir l'occasion de bien parler de la violence contre les femmes autochtones et de convenir d'un plan d'action. Il faut passer à l'action et pas seulement en parler», a affirmé le ministre.
Questionné au sujet d'un rapport d'Amnistie internationale qui conclut que les femmes autochtones courent un risque deux fois plus élevé que les autres d'être victimes de violence, Jacques Chagnon a déclaré qu'il s'agit d'un problème «basé sur l'éducation et, aussi, sur une différence culturelle». Le ministre a souligné qu'il «travaille avec les communautés autochtones pour protéger les femmes» et pour «éduquer les gens, spécialement les hommes». Cette problématique ne peut cependant se régler «en deux jours», a-t-il ajouté.
La violence contre les femmes est-elle inhérente à la culture autochtone? Le ministre délégué aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, n'y croit pas et dément son collègue. «J'estime que ce n'est pas propre à la culture autochtone. La violence contre les femmes est partout dans la société. Il n'y a rien là qui est particulier aux autochtones, bien que cette violence les affecte», a-t-il affirmé.
Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, se dit outré par la déclaration de Jacques Chagnon. «Une telle analyse est étroite. N'importe qui avec une responsabilité publique n'a pas le droit d'émettre un commentaire comme ça», a-t-il lancé.
Ghislain Picard déplore que le ministre de la Sécurité publique colporte et alimente des «préjugés». «Je pense qu'il faut une analyse un peu plus poussée que de dire simplement que c'est basé sur la culture autochtone. Ça n'a aucun lien. Le lien qu'il y a à faire, c'est qu'on a des communautés moins bien nanties, ce qui fait en sorte que des phénomènes à caractère social font surface», a-t-il ajouté.
Selon lui, Jacques Chagnon aurait tout intérêt à se familiariser avec les affaires autochtones avant de discourir sur les sources de la violence contre les femmes dans les communautés. «Il faut connaître les fondements historiques, l'histoire des peuples autochtones, et savoir pourquoi on est rendu en 2004 avec une violence aussi accrue contre les femmes autochtones, pourquoi on est rendu avec des taux de suicide très élevés. On a trop souvent sous-estimé les impacts qu'ont eus, entre autres, la Loi sur les Indiens et toutes sortes de situations qui ont mené à la dépossession des terres des autochtones et qui ont fait qu'on se retrouve à l'échelle du pays avec moins de 1 % de la superficie. Et on connaît aussi des niveaux de pauvreté élevés. Je pense que tout ça a un lien», a-t-il expliqué.
Ce n'est pas la première fois que Jacques Chagnon tient des propos controversés sur les autochtones. En mai dernier, le ministre avait affirmé que Kanesatake est «une communauté beaucoup plus violente que le restant de la société». «Il passe une corneille, t'es pas content, tu sors ton 12, tu tires la corneille. On ne voit pas ça ailleurs», avait-il ajouté. Plus tard, M. Chagnon avait avancé que les communautés autochtones connaissent des taux de criminalité plus élevés parce que leur population est composée principalement de jeunes âgés de moins de 25 ans. «On a devant nous des gens qui sont, évidemment, plus portés à avoir des attitudes moins civiles», avait-il dit.
«S'exprimer comme le ministre Chagnon l'a fait au cours de la dernière année, je pense que ça reflète mal la volonté politique qu'exprime M. Charest et qui vise à établir un dialogue avec la communauté autochtone», a laissé tomber Ghislain Picard.
Anne Sainte-Marie, de la section canadienne francophone d'Amnistie internationale, invite le ministre Chagnon à lire attentivement le rapport de son organisation sur la violence contre les femmes autochtones, qui a été rendu public lundi. Ironiquement, le rapport dénonce les préjugés qui sont souvent cultivés par les autorités. Selon elle, ces préjugés mènent souvent les gouvernements à baisser les bras et à refuser de proposer des mesures suffisamment efficaces pour régler la situation. «C'est une déclaration inacceptable de la part d'un ministre qui est responsable de la sécurité publique de tous les citoyens du Québec», a-t-elle dit.
Des tables rondes réunissant Québec, Ottawa et les communautés autochtones auront lieu dans les prochains mois et porteront notamment sur la violence dans les communautés autochtones, a noté Benoît Pelletier. Qui plus est, une conférence fédérale-provinciale-territoriale sur les affaires autochtones se tiendra d'ici un an. «On va avoir l'occasion de bien parler de la violence contre les femmes autochtones et de convenir d'un plan d'action. Il faut passer à l'action et pas seulement en parler», a affirmé le ministre.
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