Riposte sans merci à Gaza
L’offensive israélienne, qui a déjà fait 69 morts, se poursuivra de plus belle, promet Sharon
Fabien Deglise
4 octobre 2004
Photo : Agence France-Presse
Une mitrailleuse israélienne braquée sur Gaza depuis une tour de garde. La grande opération militaire baptisée «Jour de pénitence» par l’armée israélienne a été qualifiée de «crime d’État» par Yasser Arafat.
Alors que la situation s'envenime dans le camp de réfugiés de Jabaliya situé dans le nord de la bande de Gaza, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a annoncé hier que les opérations militaires en cours pour que cessent les tirs de roquettes palestiniennes contre Israël devraient prendre davantage d'ampleur dans les prochains jours. Une déclaration qui n'est pas pour calmer la colère des Palestiniens ni de la Ligue arabe qui, tout en dénonçant «la guerre d'extermination» menée par Israël mais aussi «le silence» de la communauté internationale et des «frères arabes» devant cette opération, ont lancé hier un appel au calme.
Réuni d’urgence à Ramallah, le Conseil législatif palestinien (CLP) a exhorté hier les groupes armés à mettre un terme au tir de roquettes en direction du territoire israélien. Ces tirs qui ont entraîné mercredi dernier la mort de deux enfants israéliens dans la ville de Sdérot, au sud du pays, sont à l’origine de la contre-attaque de l’armée israélienne baptisée «Jour de pénitence».
«Le Conseil législatif, qui affirme le droit légitime de notre peuple à la résistance à l’occupation israélienne odieuse, appelle l’ensemble des forces et des factions à mettre en oeuvre cette résistance dans un cadre stratégique national [...] pour barrer la route aux plans israéliens qui portent atteinte [...] à notre futur», a indiqué par voie de communiqué le CLP au terme de sa réunion.
Même refrain du côté des Nations unies où le secrétaire général, Kofi Annan, a exigé hier l’arrêt pur et simple de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza où, depuis le début des opérations, 69 Palestiniens ont perdu la vie. «Le secrétaire général demande au gouvernement israélien de cesser ses incursions militaires dans la bande de Gaza, a expliqué son porte-parole Fred Ekhard. [Il] demande également à l’Autorité palestinienne d’agir pour empêcher les militants palestiniens d’envoyer des roquettes contre les cibles israéliennes. Il rappelle aux deux parties en conflit qu’elles ont l’obligation de protéger tous les civils.»
N’empêche, pour une sixième journée de suite, ces civils se sont retrouvés hier de nouveau au milieu des tirs croisés. Et l’accalmie n’est pas pour bientôt.
«Nous devons étendre le champ d’opération afin de mettre les lance-roquettes hors de portée des villes israéliennes, a expliqué hier Ariel Sharon en entrevue sur les ondes de Radio Israël. Il est nécessaire de faire cesser complètement les tirs de roquettes sur Sdérot et les autres villes situées le long de la frontière avec la bande de Gaza.»
Pour arriver à ses fins, le gouvernement israélien a d’ailleurs décidé de ne pas lésiner sur les moyens. Depuis le début des hostilités, près de 2000 soldats et 200 véhicules blindés ont pénétré dans le nord de la bande de Gaza afin de mater les activistes palestiniens. Et les pertes humaines s’accumulent.
Rien qu’hier, deux membres du Djihad islamique et un militant du Hamas ont perdu la vie sous les tirs israéliens dans la ville de Beit Hanoun. Ils étaient soupçonnés de vouloir tirer une roquette artisanale de type Qassam vers le territoire israélien. Trois Palestiniens ont aussi été tués la nuit dernière par des tirs israéliens dans le camp de réfugiés de Jabaliya, où les attaques se sont concentrées hier. Huit autres Palestiniens ont également été atteints par l’armée israélienne. Selon des représentants de l’ONU, des bulldozers ont également été utilisés pour détruire de nombreuses maisons, des rues et des arbres fruitiers. Deux responsables de la branche armée du mouvement islamiste Hamas ont aussi été grièvement blessés dans une attaque d’hélicoptère israélien à Gaza la nuit dernière, selon des sources palestiniennes. Deux roquettes ont été tirées en direction des deux hommes, Mohammad Al Simri et Hassan al Jabari, alors qu’ils se trouvaient à proximité du domicile du premier, dans un quartier est de Gaza. Une Palestinienne a été également blessée dans l’attaque.
Dans son quartier général de Ramallah, Yasser Arafat n’a pas mâché ses mots pour commenter l’offensive orchestére par Israël contre les Palestiniens en qualifiant cette opération de «terrorisme d’État» et en accusant Sharon de «crime de guerre». M. Arafat a également appelé ses fidèles a déposer les armes tout en restant fermes «face à ces racistes, ces barbares et ces criminels».
Le «Jour de pénitence» a aussi suscité de vives critiques et les inquiétudes du monde arabe qui a dénoncé l’inertie de la communauté internationale devant cette attaque armée. La Ligue arabe a d’ailleurs chargé le groupe arabe aux Nations unies de faire appel d’urgence à l’Assemblée générale ou au conseil de sécurité de l’ONU «pour arrêter la guerre d’extermination israélienne contre le peuple palestinien», selon un communiqué diffusé par la Ligue au Caire.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul, a pour sa part décrié cette nouvelle escalade de violence qui survient «alors que l’Occident cherche à exercer des pressions et à tenter d’imposer un modèle pour des changements dans la région» sans pour autant «broncher» devant ces attaques, a-t-il dit. Selon lui, cette attitude «a des retombées négatives auprès des États de la région du Proche-Orient et auprès des communautés musulmanes».
Ce nouveau chapitre, qui s’écrit dans les relations tendues entre Israéliens et Palestiniens, a porté hier soir à 4425 le nombre de personnes tuées depuis le début de la deuxième Intifada — la guerre des pierres —, fin septembre 2000. De ce nombre, 3401 sont des Palestiniens.
Avec l’Agence France-Presse, Reuters et l’Associated Press
Réuni d’urgence à Ramallah, le Conseil législatif palestinien (CLP) a exhorté hier les groupes armés à mettre un terme au tir de roquettes en direction du territoire israélien. Ces tirs qui ont entraîné mercredi dernier la mort de deux enfants israéliens dans la ville de Sdérot, au sud du pays, sont à l’origine de la contre-attaque de l’armée israélienne baptisée «Jour de pénitence».
«Le Conseil législatif, qui affirme le droit légitime de notre peuple à la résistance à l’occupation israélienne odieuse, appelle l’ensemble des forces et des factions à mettre en oeuvre cette résistance dans un cadre stratégique national [...] pour barrer la route aux plans israéliens qui portent atteinte [...] à notre futur», a indiqué par voie de communiqué le CLP au terme de sa réunion.
Même refrain du côté des Nations unies où le secrétaire général, Kofi Annan, a exigé hier l’arrêt pur et simple de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza où, depuis le début des opérations, 69 Palestiniens ont perdu la vie. «Le secrétaire général demande au gouvernement israélien de cesser ses incursions militaires dans la bande de Gaza, a expliqué son porte-parole Fred Ekhard. [Il] demande également à l’Autorité palestinienne d’agir pour empêcher les militants palestiniens d’envoyer des roquettes contre les cibles israéliennes. Il rappelle aux deux parties en conflit qu’elles ont l’obligation de protéger tous les civils.»
N’empêche, pour une sixième journée de suite, ces civils se sont retrouvés hier de nouveau au milieu des tirs croisés. Et l’accalmie n’est pas pour bientôt.
«Nous devons étendre le champ d’opération afin de mettre les lance-roquettes hors de portée des villes israéliennes, a expliqué hier Ariel Sharon en entrevue sur les ondes de Radio Israël. Il est nécessaire de faire cesser complètement les tirs de roquettes sur Sdérot et les autres villes situées le long de la frontière avec la bande de Gaza.»
Pour arriver à ses fins, le gouvernement israélien a d’ailleurs décidé de ne pas lésiner sur les moyens. Depuis le début des hostilités, près de 2000 soldats et 200 véhicules blindés ont pénétré dans le nord de la bande de Gaza afin de mater les activistes palestiniens. Et les pertes humaines s’accumulent.
Rien qu’hier, deux membres du Djihad islamique et un militant du Hamas ont perdu la vie sous les tirs israéliens dans la ville de Beit Hanoun. Ils étaient soupçonnés de vouloir tirer une roquette artisanale de type Qassam vers le territoire israélien. Trois Palestiniens ont aussi été tués la nuit dernière par des tirs israéliens dans le camp de réfugiés de Jabaliya, où les attaques se sont concentrées hier. Huit autres Palestiniens ont également été atteints par l’armée israélienne. Selon des représentants de l’ONU, des bulldozers ont également été utilisés pour détruire de nombreuses maisons, des rues et des arbres fruitiers. Deux responsables de la branche armée du mouvement islamiste Hamas ont aussi été grièvement blessés dans une attaque d’hélicoptère israélien à Gaza la nuit dernière, selon des sources palestiniennes. Deux roquettes ont été tirées en direction des deux hommes, Mohammad Al Simri et Hassan al Jabari, alors qu’ils se trouvaient à proximité du domicile du premier, dans un quartier est de Gaza. Une Palestinienne a été également blessée dans l’attaque.
Dans son quartier général de Ramallah, Yasser Arafat n’a pas mâché ses mots pour commenter l’offensive orchestére par Israël contre les Palestiniens en qualifiant cette opération de «terrorisme d’État» et en accusant Sharon de «crime de guerre». M. Arafat a également appelé ses fidèles a déposer les armes tout en restant fermes «face à ces racistes, ces barbares et ces criminels».
Le «Jour de pénitence» a aussi suscité de vives critiques et les inquiétudes du monde arabe qui a dénoncé l’inertie de la communauté internationale devant cette attaque armée. La Ligue arabe a d’ailleurs chargé le groupe arabe aux Nations unies de faire appel d’urgence à l’Assemblée générale ou au conseil de sécurité de l’ONU «pour arrêter la guerre d’extermination israélienne contre le peuple palestinien», selon un communiqué diffusé par la Ligue au Caire.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul, a pour sa part décrié cette nouvelle escalade de violence qui survient «alors que l’Occident cherche à exercer des pressions et à tenter d’imposer un modèle pour des changements dans la région» sans pour autant «broncher» devant ces attaques, a-t-il dit. Selon lui, cette attitude «a des retombées négatives auprès des États de la région du Proche-Orient et auprès des communautés musulmanes».
Ce nouveau chapitre, qui s’écrit dans les relations tendues entre Israéliens et Palestiniens, a porté hier soir à 4425 le nombre de personnes tuées depuis le début de la deuxième Intifada — la guerre des pierres —, fin septembre 2000. De ce nombre, 3401 sont des Palestiniens.
Avec l’Agence France-Presse, Reuters et l’Associated Press
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