dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Libre opinion: Un forum pour ouvrir le débat sur l'avenir

Lorraine Guay - Réseau de vigilance  4 octobre 2004 
Alors que le gouvernement libéral-conservateur de Jean Charest concocte un forum national dans le plus grand secret, qu'il n'invite qu'une fraction de la société et qu'il impose des discussions à huis clos, le Réseau de vigilance — qui regroupe plusieurs groupes communautaires, des ONG et des centrales syndicales — invite au grand jour l'ensemble des mouvements sociaux québécois à débattre lors d'un forum populaire alternatif qui aura lieu les 6 et 7 octobre prochains au Palais des Congrès de Montréal.

Le Réseau de vigilance a pris l'initiative d'organiser ce forum parce que nous estimons nécessaire d'ouvrir un débat public sur les grands enjeux auxquels la société québécoise est confrontée. Nous pensons qu'il est nécessaire d'inclure et d'écouter toutes les forces sociales et les points de vue, d'organiser les confrontations, sans devoir déboucher sur l'unanimisme et la pensée unique.

Nous ne pouvons accepter la pratique autoritaire et cachottière de ce gouvernement. L'année dernière, c'était l'utilisation de la procédure du bâillon pour empêcher tout débat à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, ce sont les retraites fermées. Plutôt que de favoriser le débat public sur les enjeux publics, ce gouvernement répand la culture organisationnelle du conseil d'administration qui se réunit derrière des portes closes. Ce qui n'est pas sans nous rappeler une certaine clôture qui avait défiguré la ville de Québec lors du Sommet des Amériques en avril 2001.

Contre le rétrécissement des horizons

Le document concocté par le gouvernement, pompeusement intitulé «Briller parmi les meilleurs», loin d'apporter des solutions novatrices aux problèmes de la société québécoise, nous invite à chercher du côté de nos voisins conservateurs des modèles dont on peut d'ores et déjà constater l'échec. Loin de nous proposer l'excellence et l'amélioration de nos institutions, il nous ramène au contraire au passé, à la mentalité du «on est nés pour un petit pain».

Sous prétexte d'une fiscalité abusive et d'un déclin démographique, on veut nous vendre les vêtements usés du «tout au marché» et du «moins d'État à tout prix». Ce gouvernement s'acharne à nous imposer un avenir misérable et le rétrécissement de nos horizons.

Contrairement à celui du gouvernement, notre forum sera public et pluriel. Nous prenons au sérieux notre responsabilité civique; nous pensons qu'il appartient aux citoyennes et aux citoyens de définir ensemble les termes du débat public et d'imaginer leur avenir. Celui-ci naîtra non seulement de nos luttes et de nos résistances par rapport à l'entreprise de démolition de nos instruments collectifs que propose le gouvernement, mais aussi de la confrontation des points de vue, du choc créatif de nos prises de position. [...]

Favoriser le débat public

Le Forum populaire alternatif veut regarder en face les problèmes de la société québécoise. Nous aussi, nous voulons discuter d'économie, de services publics et de développement du territoire. Nous avons également des principes qui nous guident dans ce travail. Au déficit démocratique, au cynisme, aux dérives populistes, nous pensons qu'il faut répondre par plus de démocratie, plus d'inclusion et plus de participation citoyenne.

Nous estimons que l'État de droit est un bien précieux à préserver et à enrichir et que le système des droits dans l'ensemble de ses dimensions (civile, politique, économique, sociale et culturelle) doit prévaloir sur l'intérêt privé. Nous pensons que l'État doit être le garant de la justice sociale, pas du privilège.

Quand nous discutons d'économie, il nous semble essentiel que le politique régule les marchés et non l'inverse. Lorsqu'on nous parle d'une fiscalité abusive, nous voulons aussi prendre en considération que les impôts servent à financer les garderies, les allocations familiales, l'assurance automobile, le développement régional et local, la culture, etc. Serions-nous vraiment plus riches si soudainement tous ces services étaient privatisés et coûtaient plus cher comme c'est le cas dans les autres provinces canadiennes ou chez nos voisins du sud?

Lorsque nous pensons travail, il nous semble important de prendre aussi en considération le travail de soins qui est encore principalement le lot des femmes et qui sert à humaniser notre monde et à produire une richesse qui se mesure en qualité de vie.

Lorsqu'on nous présente l'état des finances publiques, nous aspirons à plus de transparence. Nous voulons discuter de ce qui est à l'extérieur du périmètre comptable du gouvernement. Nous voulons aussi connaître ce qui advient des profits des sociétés d'État...

Services et régions

Des services publics de qualité et accessibles sont essentiels, non seulement pour la cohésion et la justice sociale, mais aussi pour notre développement économique. Une culture riche et diversifiée, une population scolarisée et en santé, de l'eau potable, de bonnes voies de communication, des transports publics, des infrastructures sociales, des ressources énergétiques fiables et renouvelables contribuent non seulement à la qualité de vie des générations actuelles et futures, mais constituent également des atouts à l'heure de la mondialisation économique et de la délocalisation des entreprises.

Vouloir s'en départir en créant des partenariats public-privé dans lesquels le public prend tous les risques et le privé empoche tous les profits, c'est vouloir transformer le Québec en une vaste société de sous-traitance.

Un territoire aménagé, ce n'est pas d'un côté une métropole où se concentre l'essentiel de l'activité économique et de la population, et le reste du territoire qui sert uniquement à des fins récréo-touristiques, de l'autre. Des activités structurantes, sur les plans économique et culturel, des institutions dynamiques, voilà qui peut contribuer au développement des régions.

Le déclin démographique n'est pas une fatalité. Trop de régions se sont vidées à la suite du départ de la seule entreprise, souvent étrangère, qui a d'abord pris soin d'épuiser une partie des ressources naturelles en bénéficiant de subventions gouvernementales généreuses. L'activité économique dans les régions risque d'être beaucoup plus durable si on fait appel à l'imagination des populations et qu'on leur donne les moyens pour favoriser leur développement. [...]

Nous savons que plusieurs diagnostics de la situation sont possibles et, par conséquent, plusieurs voies de solutions peuvent être explorées. Nous refusons de nous laisser piéger par la seule vision fataliste et catastrophiste que nous propose ce gouvernement pour mieux nous faire avaler les solutions qu'il envisage et qui ont pour noms «réingénierie» et privatisation.

Certes, nous ne sortirons pas du Forum populaire alternatif avec toutes les réponses, mais nous aurons au moins ouvert le débat. Nous espérons pouvoir le poursuivre avec l'ensemble de nos concitoyennes et aux citoyens et trouver d'autres occasions de susciter la réflexion civique.

Nous voulons également empêcher le gouvernement Charest de nous tirer vers le passé, même s'il prétend moderniser. Comment croire que les centrales thermiques, comme le projet du Suroît, représentent la solution énergétique de l'avenir? Comment penser que l'on éliminera la pauvreté en faisant la guerre aux pauvres? Comment développer les régions et y garder les jeunes si on les prive d'un nombre croissant de services publics? Comment assurer l'accès à l'éducation supérieure si on démantèle le réseau des cégeps? Voilà quelques-unes des questions que nous poserons au gouvernement et pour lesquelles nous voulons des réponses.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012