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Lettres: Partageons la route : oui, mais...

Yvan Giguère - Saguenay, le 28 septembre 2004  1 octobre 2004 
Il est beau et plein de bonnes intentions, le nouveau slogan du ministère des Transports du Québec qu'on retrouve sur des pancartes géantes le long des routes du Québec. La première fois que j'ai vu une de ces affiches, j'étais sur mon vélo entre Sainte-Jeanne-d'Arc et Péribonka, sur la véloroute des Bleuets. Sur cette affiche, on peut voir une roue faite à moitié de celle d'un vélo et à moitié de celle d'une voiture, avec l'image d'une route qui défile dessous. Utopique ou irréaliste, ce fameux «Partageons la route» qu'on peut lire dans le haut de l'affiche en question? En fait, alors que je roulais à vélo sur ce qui me semblait être un tronçon périlleux de cette véloroute où de nombreux camions filaient à vive allure à une distance de moins de six ou sept pieds à mes côtés, je me suis soudain senti interpellé par la chose.

Je crois pertinemment que la route, quelle qu'elle soit, ne peut être véritablement partagée avec des véhicules qui pèsent plus de deux tonnes et qui, d'un seul petit impact, peuvent vous projeter avec votre vélo dans un des plus beaux paysages qu'on retrouve aux abords des véloroutes.

Ce qui peut être vraiment partagé, c'est la prudence, la modération et le savoir-vivre des automobilistes et des cyclistes à la fois, surtout dans les villes. Pour revenir à la véloroute des Bleuets, j'ai le chapeau bas à la main pour les concepteurs de ce magnifique tracé qui, par endroits, nous plonge pendant des dizaines de kilomètres en pleine forêt, loin du tumulte des automobiles. Avec celle du P'tit Train du Nord, dans les Laurentides, la véloroute des Bleuets est une des plus belles au Québec. [...]

Mais on dira ce qu'on voudra, il faut quand même une certaine dose de témérité pour aller à vélo sur les routes, tout particulièrement en ville. Les rues ne sont pas toutes conçues pour les vélos, c'est évident. Mais de grâce, avec le lot d'accidents mortels mettant en cause des automobilistes et des cyclistes au Québec, dont les victimes sont souvent des enfants, je demande au ministère des Transports du Québec, de concert avec les élus des municipalités, de tenir compte des cyclistes et des piétons avant la mise en chantier de nouvelles rues ou de nouveaux boulevards et de prévoir des espaces nécessaires qui leur seront réservés.
 
 
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