Libre opinion: Le kayak et la Magpie
Jacky Cerceau - Président directeur général, Hydroméga
28 septembre 2004
L'article signé par le chroniqueur environnemental Louis-Gilles Francoeur dans les pages du Devoir du 14 septembre dernier appelle un certain nombre de commentaires pour replacer les choses dans leur juste perspective, en prenant grand soin de se fonder sur la vérité des faits plutôt que sur les attentes trop souvent fantaisistes de certains groupements d'intérêts.
À l'embouchure de la rivière Magpie, sur la Côte-Nord, la société montréalaise Hydroméga se prépare à ériger, au coût de 62 millions, une centrale hydroélectrique de 40 MW, avec le soutien des autochtones, de la population locale et de la MRC, qui sera partenaire au projet.
Une redevance annuelle et une participation aux profits de 600 000 $ (et non pas seulement 150 000 $ comme l'affirme Le Devoir) sera versée à la communauté locale et, au terme de 25 ans d'exploitation, le gouvernement recevra gratuitement les installations de la centrale et de son ouvrage.
Des groupes de pression québécois ont lié partie avec le groupe de rafting new-yorkais Earth River pour tenter de faire la démonstration que le projet Magpie porterait un coup environnemental fatal à cette belle rivière. Les contestataires étaient particulièrement fiers de pouvoir compter sur la présence de Robert Kennedy Jr. à titre de porte-parole de tous les intervenants. Mal leur en pris, car celui-ci a proprement indisposé les Québécois en affirmant péremptoirement que ceux-ci allaient commettre une incomparable stupidité, comparable à celle «de faire une vente de garage sur le gazon pour disposer de la Mona Lisa»!
Selon Kennedy on ferait ainsi disparaître un incroyable attrait touristique, celui de la dernière chute de classe 5 avant d'atteindre la centrale. Cette affirmation replaçait le débat sous son vrai jour. Il n'était pas question d'environnement, mais d'usage commercial d'une petite section de la rivière.
Double langage
Le site Web de la compagnie Earth River révèle clairement que Robert Kennedy est le porte-parole commercial de cette entreprise, qui utilise au surplus un double langage. Earth River fréquente la Magpie depuis 10 ans pour le rafting. Connaissant bien les contraintes de l'hydraulicité (trop d'eau) et du climat (trop froid), cette société se limite à une seule excursion par an, au mois d'août, pour environ 25 personnes.
La publicité affirme qu'il en sera encore ainsi en 2005. Les coûts d'excursions sont très élevés, et encore faut-il se rendre d'abord à Sept-îles (par avion), ensuite par transport terrestre dans la région de Magpie et ensuite par hydravion au point de départ sur la rivière.
On envoie le message qu'il s'agit d'un périple exceptionnel réservé à une élite triée sur le volet. Earth River se targue du fait que pas plus de 300 ou 400 personnes ont fait le parcours depuis 15 ans. Sur place toutefois, le président de Earth River et ses associés ont clamé que le potentiel de la rivière était de plusieurs milliers de canoteurs chaque année, ce qui générerait d'inestimables retombées économiques. Ce qu'on sait toutefois pour l'instant, c'est que la compagnie américaine amène ses propres embarcations et guides sur la rivière, mais qu'elle fait son épicerie à Sept-Îles!
Sans procéder à l'analyse serrée des projections super optimistes de ceux qui lorgnent la Magpie, qu'il suffise de constater que la présence annoncée de 5000, 6000 ou 7000 randonneurs nécessiterait en période de pointe 150 ou 200 vols d'hydravion sur la rivière Magpie chaque jour!
Plus grave encore cependant, les affirmations d'Earth River et compagnie sont reçues comme vérité indiscutable et véhiculées comme telles par les médias et même, hélas, Le Devoir. Il s'en dégage l'impression que Hydroméga veut s'approprier la rivière dans son ensemble à son seul profit. On a pourtant cité plus haut les substantielles retombées locales.
De plus, la rivière n'est pas de 55 km comme l'affirme Le Devoir, mais bien de 28 km, dont 2 ou 3 km à l'embouchure seraient touchés par la centrale rénovée. Il reste donc 275 km disponibles pour le rafting et le kayak.
Quant à la dernière chute, avant la centrale, tant vantée par Earth River, elle n'a que très rarement été franchie à cause des dangers qu'elle représente. La société indique d'ailleurs à ses clients éventuels qu'elle peut être évitée en empruntant une route forestière de contournement. D'ailleurs, la chute en question aboutit dans la propriété actuelle d'Hydro-Québec ceinturée d'une clôture que les randonneurs de cette année ont dû escalader...
On peut donc valablement en conclure que le projet de centrale rallie les populations locales et leurs institutions, qu'il assure un partenariat économique, qu'il respecte l'environnement et qu'il assure un partenariat économique, qu'il respecte l'environnement et qu'il n'élimine aucunement la pratique de sports nautiques qu'il entend d'ailleurs favoriser.
À l'embouchure de la rivière Magpie, sur la Côte-Nord, la société montréalaise Hydroméga se prépare à ériger, au coût de 62 millions, une centrale hydroélectrique de 40 MW, avec le soutien des autochtones, de la population locale et de la MRC, qui sera partenaire au projet.
Une redevance annuelle et une participation aux profits de 600 000 $ (et non pas seulement 150 000 $ comme l'affirme Le Devoir) sera versée à la communauté locale et, au terme de 25 ans d'exploitation, le gouvernement recevra gratuitement les installations de la centrale et de son ouvrage.
Des groupes de pression québécois ont lié partie avec le groupe de rafting new-yorkais Earth River pour tenter de faire la démonstration que le projet Magpie porterait un coup environnemental fatal à cette belle rivière. Les contestataires étaient particulièrement fiers de pouvoir compter sur la présence de Robert Kennedy Jr. à titre de porte-parole de tous les intervenants. Mal leur en pris, car celui-ci a proprement indisposé les Québécois en affirmant péremptoirement que ceux-ci allaient commettre une incomparable stupidité, comparable à celle «de faire une vente de garage sur le gazon pour disposer de la Mona Lisa»!
Selon Kennedy on ferait ainsi disparaître un incroyable attrait touristique, celui de la dernière chute de classe 5 avant d'atteindre la centrale. Cette affirmation replaçait le débat sous son vrai jour. Il n'était pas question d'environnement, mais d'usage commercial d'une petite section de la rivière.
Double langage
Le site Web de la compagnie Earth River révèle clairement que Robert Kennedy est le porte-parole commercial de cette entreprise, qui utilise au surplus un double langage. Earth River fréquente la Magpie depuis 10 ans pour le rafting. Connaissant bien les contraintes de l'hydraulicité (trop d'eau) et du climat (trop froid), cette société se limite à une seule excursion par an, au mois d'août, pour environ 25 personnes.
La publicité affirme qu'il en sera encore ainsi en 2005. Les coûts d'excursions sont très élevés, et encore faut-il se rendre d'abord à Sept-îles (par avion), ensuite par transport terrestre dans la région de Magpie et ensuite par hydravion au point de départ sur la rivière.
On envoie le message qu'il s'agit d'un périple exceptionnel réservé à une élite triée sur le volet. Earth River se targue du fait que pas plus de 300 ou 400 personnes ont fait le parcours depuis 15 ans. Sur place toutefois, le président de Earth River et ses associés ont clamé que le potentiel de la rivière était de plusieurs milliers de canoteurs chaque année, ce qui générerait d'inestimables retombées économiques. Ce qu'on sait toutefois pour l'instant, c'est que la compagnie américaine amène ses propres embarcations et guides sur la rivière, mais qu'elle fait son épicerie à Sept-Îles!
Sans procéder à l'analyse serrée des projections super optimistes de ceux qui lorgnent la Magpie, qu'il suffise de constater que la présence annoncée de 5000, 6000 ou 7000 randonneurs nécessiterait en période de pointe 150 ou 200 vols d'hydravion sur la rivière Magpie chaque jour!
Plus grave encore cependant, les affirmations d'Earth River et compagnie sont reçues comme vérité indiscutable et véhiculées comme telles par les médias et même, hélas, Le Devoir. Il s'en dégage l'impression que Hydroméga veut s'approprier la rivière dans son ensemble à son seul profit. On a pourtant cité plus haut les substantielles retombées locales.
De plus, la rivière n'est pas de 55 km comme l'affirme Le Devoir, mais bien de 28 km, dont 2 ou 3 km à l'embouchure seraient touchés par la centrale rénovée. Il reste donc 275 km disponibles pour le rafting et le kayak.
Quant à la dernière chute, avant la centrale, tant vantée par Earth River, elle n'a que très rarement été franchie à cause des dangers qu'elle représente. La société indique d'ailleurs à ses clients éventuels qu'elle peut être évitée en empruntant une route forestière de contournement. D'ailleurs, la chute en question aboutit dans la propriété actuelle d'Hydro-Québec ceinturée d'une clôture que les randonneurs de cette année ont dû escalader...
On peut donc valablement en conclure que le projet de centrale rallie les populations locales et leurs institutions, qu'il assure un partenariat économique, qu'il respecte l'environnement et qu'il assure un partenariat économique, qu'il respecte l'environnement et qu'il n'élimine aucunement la pratique de sports nautiques qu'il entend d'ailleurs favoriser.
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