«Dans notre temps... »
Bernard Descôteaux
24 septembre 2004 21h39
Véritable électrochoc pour les militants péquistes, le rapport sur la place des jeunes au sein du Parti québécois rédigé par trois jeunes députés aura-t-il une suite? Dominé par la génération des baby-boomers, ce parti devra vivre une petite révolution culturelle s’il veut faire le lien avec la génération des jeunes d’aujourd’hui.
La manchette du Devoir de cette semaine sur le rapport dit des «trois mousquetaires» a été reçue diversement. Certains ont été surpris d’apprendre que «les jeunes jugent la souveraineté désuète». Bien évidemment, un titre de six mots ne permet pas toutes les nuances, mais l’essentiel du document se trouvait dans ce titre: la souveraineté, telle que le PQ la leur présente, apparaît dépassée aux yeux des jeunes. Ce n’est pas la souveraineté telle qu’ils voudraient la faire.
Ce n’est pas la première fois que le problème générationnel auquel ce parti fait face est exposé. Pierre Bourgault l’avait évoqué dans une de ses dernières chroniques, écrite avant de mourir. Au lendemain des élections du 14 avril 2003, il notait la difficulté pour un parti de se renouveler lorsqu’en sont absents les moins de 40 ans. Pessimiste, il ajoutait que pour la première fois en 40 ans, la démographie jouait contre la souveraineté. C’est par contre la première fois que les péquistes font l’effort de comprendre la résistance qu’ils rencontrent auprès des jeunes.
L’intérêt de ce rapport tient d’abord à la démarche qui l’a inspirée. Pour une fois, on est sorti du cercle même du parti pour aller entendre l’opinion des jeunes, qui se sont exprimés d’autant plus librement que les chargés de mission péquistes pouvaient être perçus comme étant de la même génération. Le dialogue a été franc, au point où Jonathan Valois, Stéphan Tremblay et Alexandre Bourdeau sont revenus avec des constats qui, ce sont leurs mots, bousculent, choquent et assomment.
Ce qu’ont vu et entendu ces trois députés pourrait se ramener au classique conflit de générations qui entretiennent un dialogue difficile. Mais il y a plus. Il y a un désintérêt manifeste de la part des jeunes à l’endroit du PQ, dont la conséquence pourrait être l’échec du projet souverainiste. Le projet, tel qu’il est formulé par la génération des baby-boomers, ne correspond pas aux préoccupations des jeunes, pour qui développement durable et diversité culturelle sont plus importants que social-démocratie et loi 101. Sans ces éléments, la souveraineté leur apparaît comme un projet incomplet, donc désuet.
Le rapport des députés est sévère à l’endroit des militants péquistes, à qui on reproche de tout ramener à la souveraineté, laquelle saura résoudre tous les problèmes, et surtout de toujours opposer dans la discussion avec les jeunes un péremptoire «dans notre temps... ». À ceux qui pensent que ceux-ci forment «une génération très individualiste qui pense seulement à elle», ce que la députée Rita Dionne-Marsolais a déjà dit, les «trois mousquetaires» répliquent que les jeunes sont politisés, mais autrement. Surtout, ils posent la question suivante: «Que voulons-nous pour nos jeunes? Qu’ils sachent par coeur les exploits des générations précédentes ou qu’ils réalisent leurs propres exploits?»
La conclusion à laquelle parviennent les trois députés est aussi simple que juste. Le Parti québécois doit changer. Il doit inclure les préoccupations de la jeunesse, sans quoi «la souveraineté sera alors une vieille idée et le mouvement souverainiste un vieux mouvement». Mais la vraie question est de savoir si le parti est capable de changer. En choisissant de s’appeler «les trois mousquetaires», les auteurs du rapport nous disent qu’il y aura une bataille à livrer, non pas tant contre la direction du parti, Bernard Landry étant plutôt partisan de ce qu’il appelle l’intergénérationnel, que contre le poids d’une culture politique d’une génération qui se voit au pouvoir pour encore longtemps. Il faudra voir combien de jeunes délégués comptera le congrès de juin prochain.
La manchette du Devoir de cette semaine sur le rapport dit des «trois mousquetaires» a été reçue diversement. Certains ont été surpris d’apprendre que «les jeunes jugent la souveraineté désuète». Bien évidemment, un titre de six mots ne permet pas toutes les nuances, mais l’essentiel du document se trouvait dans ce titre: la souveraineté, telle que le PQ la leur présente, apparaît dépassée aux yeux des jeunes. Ce n’est pas la souveraineté telle qu’ils voudraient la faire.
Ce n’est pas la première fois que le problème générationnel auquel ce parti fait face est exposé. Pierre Bourgault l’avait évoqué dans une de ses dernières chroniques, écrite avant de mourir. Au lendemain des élections du 14 avril 2003, il notait la difficulté pour un parti de se renouveler lorsqu’en sont absents les moins de 40 ans. Pessimiste, il ajoutait que pour la première fois en 40 ans, la démographie jouait contre la souveraineté. C’est par contre la première fois que les péquistes font l’effort de comprendre la résistance qu’ils rencontrent auprès des jeunes.
L’intérêt de ce rapport tient d’abord à la démarche qui l’a inspirée. Pour une fois, on est sorti du cercle même du parti pour aller entendre l’opinion des jeunes, qui se sont exprimés d’autant plus librement que les chargés de mission péquistes pouvaient être perçus comme étant de la même génération. Le dialogue a été franc, au point où Jonathan Valois, Stéphan Tremblay et Alexandre Bourdeau sont revenus avec des constats qui, ce sont leurs mots, bousculent, choquent et assomment.
Ce qu’ont vu et entendu ces trois députés pourrait se ramener au classique conflit de générations qui entretiennent un dialogue difficile. Mais il y a plus. Il y a un désintérêt manifeste de la part des jeunes à l’endroit du PQ, dont la conséquence pourrait être l’échec du projet souverainiste. Le projet, tel qu’il est formulé par la génération des baby-boomers, ne correspond pas aux préoccupations des jeunes, pour qui développement durable et diversité culturelle sont plus importants que social-démocratie et loi 101. Sans ces éléments, la souveraineté leur apparaît comme un projet incomplet, donc désuet.
Le rapport des députés est sévère à l’endroit des militants péquistes, à qui on reproche de tout ramener à la souveraineté, laquelle saura résoudre tous les problèmes, et surtout de toujours opposer dans la discussion avec les jeunes un péremptoire «dans notre temps... ». À ceux qui pensent que ceux-ci forment «une génération très individualiste qui pense seulement à elle», ce que la députée Rita Dionne-Marsolais a déjà dit, les «trois mousquetaires» répliquent que les jeunes sont politisés, mais autrement. Surtout, ils posent la question suivante: «Que voulons-nous pour nos jeunes? Qu’ils sachent par coeur les exploits des générations précédentes ou qu’ils réalisent leurs propres exploits?»
La conclusion à laquelle parviennent les trois députés est aussi simple que juste. Le Parti québécois doit changer. Il doit inclure les préoccupations de la jeunesse, sans quoi «la souveraineté sera alors une vieille idée et le mouvement souverainiste un vieux mouvement». Mais la vraie question est de savoir si le parti est capable de changer. En choisissant de s’appeler «les trois mousquetaires», les auteurs du rapport nous disent qu’il y aura une bataille à livrer, non pas tant contre la direction du parti, Bernard Landry étant plutôt partisan de ce qu’il appelle l’intergénérationnel, que contre le poids d’une culture politique d’une génération qui se voit au pouvoir pour encore longtemps. Il faudra voir combien de jeunes délégués comptera le congrès de juin prochain.
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