Mégaprocès des Hells Angels - Cinq jurés en ont assez!
Si le juge Béliveau accepte de les libérer, il faudra reprendre les procédures à zéro
Jeanne Corriveau
2 août 2002
Le procès des 17 présumés membres ou associés des Hells Angels est toujours en péril. Cinq des douze jurés ont demandé hier à être libérés de leurs fonctions, considérant inacceptable que l'échéancier de février 2003 ne puisse être devancé. Le juge Pierre Béliveau, qui a pris le relais du juge Jean-Guy Boilard pour présider le mégaprocès, a écouté leur réclamation, mais on ignore s'il se pliera à leurs désirs, ce qui forcerait la tenue d'un nouveau procès. Le juge a présenté mercredi un calendrier aux jurés afin de connaître leurs dispositions advenant la reprise du procès qu'avait abandonné le juge Boilard.
Ces nouvelles prévisions repoussaient l'échéancier à février 2003, prolongeant ainsi de quatre mois la durée des procédures. Onze des douze jurés ont alors fait savoir au magistrat qu'ils désiraient poursuivre leur travail, invoquant l'engagement moral qu'ils avaient pris à l'égard de la société. Ils posaient toutefois une condition: que la cadence des procédures soit accélérée.
Le juge Béliveau a dormi sur ces considérations et, hier matin, il a soumis aux membres du jury une nouvelle proposition dans une tentative pour resserrer l'échéancier. Il a notamment suggéré d'abréger la période qu'il se réservait pour se familiariser avec la preuve et a renoncé à la semaine de pause toutes les quatre semaines qu'il entendait s'octroyer.
Est-ce que l'échéancier de février 2003 est maintenu? a alors demandé un juré. Sans fixer de date précise, le magistrat s'est contenté de répondre que le procès ne pourrait être terminé en 2002. Sur ces paroles, les jurés ont quitté la salle en promettant de revenir pour faire connaître leur réponse.
Elle n'a pas tardé. Le juré numéro un, au nom de ses collègues, a lu à haute voix la note rédigée par le groupe: «Le présent jury forme un groupe homogène de personnes intelligentes et de bonne volonté», a-t-il indiqué en guise d'introduction.
«Cinq jurés désirent maintenant abandonner les procédures, les nouveaux délais étant pour eux inacceptables sur le plan professionnel», a-t-il ensuite annoncé au juge.
La poursuite du procès nécessite la participation d'au moins dix jurés, mais la prise de position ferme des membres du jury, d'ailleurs qualifiée de «définitive», ne signifie pas pour autant que leurs voeux seront exaucés. Seul le juge a le pouvoir de décider de leur sort. Il doit tout de même s'assurer que le jury est serein dans l'exercice de ses fonctions, un exercice qui semble difficile dans les circonstances.
La veille, les jurés avaient d'ailleurs indiqué que la tournure des événements leur avait laissé un goût amer. Ils avaient quand même affirmé que «faire avorter le procès ne servirait ni la justice et encore moins notre société». Le juge Béliveau a voulu savoir ce qui avait changé en moins de 24 heures pour inciter quatre autres jurés à vouloir être libérés.
Ceux-ci étaient prêts à accepter quelques mois d'audiences supplémentaires, a répondu l'un d'eux, mais pas jusqu'en février, d'autant qu'ils sont de plus en plus convaincus que cet échéancier sera dépassé.
Dans leur brève adresse à la cour, les jurés ont aussi glissé cette remarque: «Nous sommes pleinement conscients que plusieurs intervenants dans la présente cause veulent que le procès avorte sans en porter la responsabilité.»
Le juge Béliveau a pris acte de leur nouvel état d'esprit et les six hommes et six femmes ont quitté la salle. Ce revirement a par la suite donné lieu à plusieurs échanges entre le juge et les avocats des deux parties. Le magistrat a convoqué de nouveau les jurés quelques heures plus tard pour les prévenir que de «nouveaux développements» allaient nécessiter de plus amples discussions avec les avocats. Il n'en a pas révélé davantage au jury et un interdit de publication empêche la divulgation de ces informations.
D'autre part, tous les intervenants ont convenu de libérer une jurée qui, la veille, avait invoqué des motifs sérieux pour demander son désistement. En la remerciant pour «le sacrifice important» consenti, le juge lui a donné son congé.
Les jurés devraient revenir en cour en milieu de semaine prochaine, à moins d'avis contraire. D'ici là, le juge entendra les arguments des avocats. Le suspense se poursuit donc, le juge Béliveau ayant le pouvoir de poursuivre le procès ou de le reprendre à zéro devant un nouveau jury.
Ces nouvelles prévisions repoussaient l'échéancier à février 2003, prolongeant ainsi de quatre mois la durée des procédures. Onze des douze jurés ont alors fait savoir au magistrat qu'ils désiraient poursuivre leur travail, invoquant l'engagement moral qu'ils avaient pris à l'égard de la société. Ils posaient toutefois une condition: que la cadence des procédures soit accélérée.
Le juge Béliveau a dormi sur ces considérations et, hier matin, il a soumis aux membres du jury une nouvelle proposition dans une tentative pour resserrer l'échéancier. Il a notamment suggéré d'abréger la période qu'il se réservait pour se familiariser avec la preuve et a renoncé à la semaine de pause toutes les quatre semaines qu'il entendait s'octroyer.
Est-ce que l'échéancier de février 2003 est maintenu? a alors demandé un juré. Sans fixer de date précise, le magistrat s'est contenté de répondre que le procès ne pourrait être terminé en 2002. Sur ces paroles, les jurés ont quitté la salle en promettant de revenir pour faire connaître leur réponse.
Elle n'a pas tardé. Le juré numéro un, au nom de ses collègues, a lu à haute voix la note rédigée par le groupe: «Le présent jury forme un groupe homogène de personnes intelligentes et de bonne volonté», a-t-il indiqué en guise d'introduction.
«Cinq jurés désirent maintenant abandonner les procédures, les nouveaux délais étant pour eux inacceptables sur le plan professionnel», a-t-il ensuite annoncé au juge.
La poursuite du procès nécessite la participation d'au moins dix jurés, mais la prise de position ferme des membres du jury, d'ailleurs qualifiée de «définitive», ne signifie pas pour autant que leurs voeux seront exaucés. Seul le juge a le pouvoir de décider de leur sort. Il doit tout de même s'assurer que le jury est serein dans l'exercice de ses fonctions, un exercice qui semble difficile dans les circonstances.
La veille, les jurés avaient d'ailleurs indiqué que la tournure des événements leur avait laissé un goût amer. Ils avaient quand même affirmé que «faire avorter le procès ne servirait ni la justice et encore moins notre société». Le juge Béliveau a voulu savoir ce qui avait changé en moins de 24 heures pour inciter quatre autres jurés à vouloir être libérés.
Ceux-ci étaient prêts à accepter quelques mois d'audiences supplémentaires, a répondu l'un d'eux, mais pas jusqu'en février, d'autant qu'ils sont de plus en plus convaincus que cet échéancier sera dépassé.
Dans leur brève adresse à la cour, les jurés ont aussi glissé cette remarque: «Nous sommes pleinement conscients que plusieurs intervenants dans la présente cause veulent que le procès avorte sans en porter la responsabilité.»
Le juge Béliveau a pris acte de leur nouvel état d'esprit et les six hommes et six femmes ont quitté la salle. Ce revirement a par la suite donné lieu à plusieurs échanges entre le juge et les avocats des deux parties. Le magistrat a convoqué de nouveau les jurés quelques heures plus tard pour les prévenir que de «nouveaux développements» allaient nécessiter de plus amples discussions avec les avocats. Il n'en a pas révélé davantage au jury et un interdit de publication empêche la divulgation de ces informations.
D'autre part, tous les intervenants ont convenu de libérer une jurée qui, la veille, avait invoqué des motifs sérieux pour demander son désistement. En la remerciant pour «le sacrifice important» consenti, le juge lui a donné son congé.
Les jurés devraient revenir en cour en milieu de semaine prochaine, à moins d'avis contraire. D'ici là, le juge entendra les arguments des avocats. Le suspense se poursuit donc, le juge Béliveau ayant le pouvoir de poursuivre le procès ou de le reprendre à zéro devant un nouveau jury.
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