vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La riposte du Hamas au raid israélien du 22 juillet - Nouvel attentat meurtrier

N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A   1 août 2002 
Un secouriste soutient une jeune femme blessée dans l'explosion d'un bombe dans la cafétéria de l'Université hébraïque de Jésusalem. La Hamas a revendiqué l'attentat. source reuters
Un secouriste soutient une jeune femme blessée dans l'explosion d'un bombe dans la cafétéria de l'Université hébraïque de Jésusalem. La Hamas a revendiqué l'attentat. source reuters
Jérusalem — Après deux semaines de calme précaire, l'engrenage des représailles et contre-représailles qui envenime le Proche-Orient depuis bientôt deux ans risque d'être relancé avec l'attentat palestinien d'hier, qui a fait sept morts dans une cafétéria de l'Université hébraïque de Jérusalem.

L'attentat s'est produit à l'heure du déjeuner à la cafétéria «Frank Sinatra», bondée au moment de la déflagration: s'il n'y a pas de cours en ce moment, les étudiants continuent de passer leurs examens et l'établissement est très populaire. Alors que des témoins ont parlé d'attentat suicide dans un premier temps, la police semble écarter l'hypothèse du kamikaze, parlant d'un engin explosif déposé dans un sac.

Deux des morts sont israéliens, les cinq autres des étrangers (dont une Américaine et un Français). Il y a plus de 80 blessés, dont plusieurs dans un état critique. «J'étais en route pour déjeuner. Il y a eu une énorme explosion, tout a tremblé, et puis ce silence de mort», raconte le Britannique Alastair Goldrein, 19 ans, étudiant en judaïsme. «J'ai couru, il y avait des scènes indescriptibles, des vêtements, des chairs déchirées.»

Il s'agit de l'attentat le plus grave depuis le 19 juin, date à laquelle un kamikaze palestinien a tué sept Israéliens à un arrêt de bus de Jérusalem, au lendemain d'un autre attentat qui avait fait 19 morts dans un bus de la ville.

Cette vague d'attentats suicide avait été suivie par la réoccupation par Tsahal de sept des huit villes autonomes palestiniennes de Cisjordanie, où l'armée impose encore actuellement des couvre-feux.

Les responsables israéliens n'ont pas tardé à accuser Arafat et son Autorité de n'avoir pas réprimé assez fermement les activistes palestiniens.

Enclave juive

Le campus du Mont Scopus de l'Université hébraïque, situé dans une enclave juive bordant la Cisjordanie et entouré par des quartiers arabes, est sous haute sécurité. Pourtant, le journal étudiant rapportait récemment qu'il était facile de l'infiltrer à partir d'un village palestinien voisin.

Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) a revendiqué l'attentat, d'abord auprès de la chaîne de télévision du Qatar al-Jazira, puis lors d'une manifestation à Gaza, qui a rassemblé 10 000 personnes. «L'opération d'aujourd'hui fait partie d'une série d'opérations que nous lancerons depuis tous les coins de Palestine», a lancé par porte-voix un militant masqué du Hamas, avant que la foule se mette à prier pour leur succès.

Le Hamas avait juré de venger son chef militaire Salah Chehadeh, assassiné la semaine dernière à Gaza, dans un raid qui a coûté la vie à 14 civils, dont neuf enfants. Pour son chef spirituel, cheikh Ahmed Yassine, «lorsque Israël bombarde un bâtiment civil plein de femmes et d'enfants, et tue 15 personnes, voilà la réponse à laquelle il doit s'attendre. Aujourd'hui, le gouvernement israélien en assume la responsabilité», a-t-il dit à Associated Press Television News (APTN).

Côté israélien, l'émotion était bien sûr vive. L'État hébreu «mène une bataille rangée contre la terreur et pour le droit de marcher dans la rue, de prendre un bus ou de s'asseoir dans une cafétéria sans avoir peur d'être décimé par le terrorisme palestinien», a dénoncé David Baker du bureau du premier ministre Ariel Sharon. Quant à l'Autorité palestinienne, elle «condamne totalement» cet attentat, même si elle juge M. Sharon «responsable de ce cycle de terreur».

George W. Bush a déclaré que l'attentat était «le fait de tueurs qui haïssent l'idée de la paix» et promis de «continuer à oeuvrer pour mettre en place les institutions nécessaires pour faciliter la création d'un État [palestinien] pouvant vivre en paix avec Israël».

Condamnant sévèrement l'attentat, il a souligné l'urgence de faciliter la relance des efforts de paix et préconisé notamment la refonte d'une force de sécurité palestinienne chargée «de combattre la terreur et non pas de maintenir au pouvoir certains responsables incapables d'aboutir à des résultats concrets dans la lutte antiterroriste», une allusion à M. Arafat.

Amnesty International s'est jointe aux condamnations, affirmant que «les attaques contre des civils ne sont jamais justifiées».

Une cinquantaine de Palestiniens ont été interpellés dans les environs, après l'attentat perpétré en dépit des mises en garde des services de sécurité, qui ont fait état la veille d'au moins 60 projets d'attentat.

L'attaque a également suivi une réunion du cabinet de sécurité israélien consacrée aux moyens de lutte contre les attentats, dont des expulsions vers la bande de Gaza de proches de kamikazes.

Le porte-parole du gouvernement israélien, Avi Pazner, a accusé M. Arafat «d'encourager» les attentats pour éviter de réformer l'Autorité palestinienne.

«En perpétrant un massacre sur un campus universitaire, les Palestiniens ont franchi un nouvel échelon. Voilà leur réponse aux mesures d'allégement prises par Israël et, notamment, au transfert d'une partie des fonds dus à l'Autorité palestinienne», a déclaré un haut fonctionnaire israélien, Gidéon Meïr.

Israël a versé une première tranche de près de 15 millions de dollars, sur un total de plus de 400 millions de dollars gelés, qui correspondent essentiellement au produit des taxes prélevées sur les produits importés dans les territoires palestiniens et transitant par Israël.

En Cisjordanie, l'armée israélienne a fait prisonniers 15 Palestiniens en Cisjordanie, dont des activistes du Hamas et du Jihad islamique.

L'armée a également indiqué avoir démoli un «atelier de bombes» découvert dans les bâtiments du Conseil législatif (Parlement) palestinien à Jénine, et détruit près de 500 kg d'explosifs et de produits entrant dans leur fabrication.

Enfin, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, se disant «terrifié» par cet acte, a pour sa part exhorté les parties à «mettre fin au cycle de la violence, de la vengeance et des représailles» et à «retourner sur le chemin des négociations».

Mardi déjà, pour la première fois depuis plus d'un mois, un kamikaze s'était fait exploser dans le centre de Jérusalem, blessant sept personnes. Plus de 250 Israéliens sont morts dans plus de 70 attentats suicide depuis le début de la deuxième intifada, à la fin de septembre 2000.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Dépêche
Article
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009