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Offre fédérale confuse en santé

Manon Cornellier , Robert Dutrisac   13 septembre 2004 
Ottawa — C'est avec davantage de questions que de réponses sur l'offre de financement d'Ottawa pour la santé que les premiers ministres provinciaux sont arrivés hier à Ottawa pour leur conférence fédérale-provinciale de trois jours et pour un dîner organisé à la dernière minute, et à leur demande, par le premier ministre Paul Martin.

Moins de 24 heures avant le début de la conférence télévisée, les premiers ministres provinciaux se plaignaient toujours de la confusion entourant les propositions d'Ottawa et de l'important fossé séparant cette offre, non seulement des demandes des provinces, mais du coût réel des promesses faites par le premier ministre Paul Martin durant la dernière campagne électorale fédérale.

«Il faudrait qu'Ottawa démêle ses propres chiffres pour commencer parce que les chiffres qu'on nous a donnés [samedi], les chiffres qui ont été donnés [hier] et une deuxième et troisième fois, sont des chiffres qui bougent. [...] Ça me dit que la partie fédérale n'est pas fixée encore sur ses positions parce que les chiffres bougent et tous les premiers ministres ont constaté la même chose», a déclaré le premier ministre Jean Charest à la sortie de sa rencontre avec ses homologues provinciaux.

«Le problème est, il me semble, qu’à chaque heure, les calculs changent. Un des défis que nous avons est que le gouvernement fédéral n’a pas pu préciser ses propositions jusqu’à présent. C’est clair, pour nous, ce que nous avons entendu de la [bouche] de M. Martin mais lorsque ça passe par la voie des fonctionnaires, ça semble changer. Il y a un travail de préparation qui manque», a indiqué le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord.
Son collègue de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, a relevé lui aussi cet écart entre les propositions mises de l’avant par «le leadership politique» et celles défendues par les fonctionnaires fédéraux.
Malgré cela, plusieurs disaient percevoir une amélioration du côté fédéral et certains, comme M. Lord, disaient être «prudemment optimistes». Jean Charest, quant à lui, ne s’attend pas en trois jours à régler définitivement l’ensemble du dossier de la santé mais il croit possible que des progrès se fassent sur le plan du financement. «Je suis venu ici pour réussir la conférence», a-t-il dit. Un seul, l’Albertain Ralph Klein — qui n’assistera pas aux deux derniers jours de la rencontre — a carrément dit «que rien ne sera signé».
Au cours d’un briefing technique, hier soir, les fonctionnaires fédéraux se sont défendus d’avoir alimenté la confusion. Cette présumée confusion s’expliquerait, selon eux, de diverses manières. «Il y a plusieurs réponses à cela. Je choisirai la plus polie : c’est très complexe», a rétorqué un conseiller de Paul Martin.
Il en a d’ailleurs profité pour donner un aperçu de l’offre — mais aucun chiffre — que M. Martin a transmise verbalement à ses homologues samedi.
Cette offre comprendrait : l’accroissement «substantiel» du financement de base pour la santé, l’application subséquente d’une clause d’indexation et le plus grand changement de la formule de calcul de la péréquation depuis la création de ce programme. L’accord porterait sur une période de dix ans et non pas de cinq ans. De plus, les versements de péréquation ne pourraient être réduits en dessous d’un seuil plancher.
Les négociations auront véritablement lieu devant les caméras, a-t-on soutenu, et l’exercice en sera un de «télé-réalité».
Jusqu’à récemment, l’offre fédérale prévoyait aussi la création de fonds ciblés dotés d’un financement à court terme conditionnel à l’adoption d’objectifs communs à tous les gouvernements. Leur sort n’est plus très clair mais on n’abandonne pas l’idée.
Les libéraux avaient chiffré certaines de ces promesses durant la campagne électorale pour arriver à un engagement d’au minimum neuf milliards sur cinq ans. Depuis, M. Martin a laissé entendre que davantage d’argent serait offert. Selon une source provinciale, il aurait clarifié un peu sa position hier soir. Son offre totaliserait environ 12,2 milliards sur six ans, une somme qui comprend l’indexation du financement de base. Pour certaines provinces, cela représenterait une somme inférieure à celle promise durant la campagne puisque le programme libéral ne chiffrait pas le coût de l’indexation.
Le premier ministre Charest n’était pas rassuré en sortant du dîner avec M. Martin. «Nous sommes encore très loin», a-t-il brièvement déclaré.
La proposition fédérale n’a été transmise que verbalement au cours des derniers jours, dans le cadre d’un chassé-croisé d’appels. Le premier ministre Martin a contacté individuellement tous ses homologues provinciaux, dont M. Charest samedi matin. Les sous-ministres provinciaux des affaires intergouvernementales ont rencontré hier des représentants du ministère fédéral des Finances pour tenter de comprendre, entre autres, ce qu’Ottawa avançait sur la péréquation. La réunion des provinces hier devait servir à concilier toute cette information, d’autant plus que les premiers ministres en étaient arrivés à des calculs différents.
Peu importe la confusion qui régnait en après-midi, tous les premiers ministres se disaient capables de constater la persistance d’un écart important entre leurs demandes, les promesses de Paul Martin et l’offre financière d’Ottawa. Le premier ministre manitobain Gary Doer a souligné que le coût de ces promesses pourrait atteindre 40 milliards. «Ce sont les promesses de Paul Martin et il y a un réel fossé entre ces promesses et les ressources offertes pour les réaliser», a-t-il dit.
Les provinces exigent qu’Ottawa rehausse les paiements de péréquation au niveau où ils étaient en 2000-01, ce qui signifierait une hausse de 1,3 milliard dès cette année. Elles veulent aussi que le gouvernement fédéral finance 25 % de la totalité des dépenses des provinces en santé, un ajout de 3,9 milliards cette année. Le ministre fédéral de la Santé, Ujjal Dosanjh, a encore répété hier qu’Ottawa voulait combler ce qu’il appelle l’écart Romanow, ce qui l’amènerait à payer 25 % de la facture du système, mais la définition qu’il donne à ce dernier est plus restrictive.






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  • Marie-Claude Jean
    Inscrite
    lundi 13 septembre 2004 12h30
    Et dire que M. Charest réfute la pertinence de l'indépendance du Québec!
    « Comment des politiciens intelligents peuvent-ils accepter, d'année en année, d'aller quêter à Ottawa l'argent qui appartient au peuple québécois? Comment des politiciens intelligents peuvent-ils en arriver encore à réfuter la pertinence de l'indépendance du Québec? Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir!!! »

  • Marie-France Legault
    Inscrite
    dimanche 19 septembre 2004 15h49
    Et il a raison!
    « L'Indépendance n'est pas la solution à tous nos problèmes. Au contraire, ce serait l'augmentation de NOS problèmes.

    L'argent qui appartient au PEUPLE québécois a été dilapidé par les administrateurs de la Caisse de Dépôt: 13 milliards$$$ la Société Générale de Financement: 180 millions$$$ les subventions aux millionnaires: Hyundy/General Motors/Magnolia/Chantiers de Lévis-Lauzon/Printemps du Québec à Paris, à New-York: 18 millions$$$ etc...les impôts reportés et non collectés: Quebecor, Molson Inc.Astral Média/Alcan-Domtar etc...

    Les "quêteux du Québec" le P.Q a gaspillé notre argent pendant HUIT ans. »

  • Hélène Pisier
    Inscrite
    mercredi 22 septembre 2004 17h06
    « L'endoctrineuse »
    « Il y a rarement pire fanatique qu'un(e) personne préalablement endoctriné(e).

    Une fois de plus, vous en faites l'éclatante démonstration, Mme Legault.

    Vous confondez tout, tout le temps, dans un amalgame digne d'une enfant de quatre ans. Histoire d'affaiblir le noble destin du peuple québécois, j'imagine. À savoir, l'appropriation de sa propre liberté.

    Il est toujours étonnant de constater combien certaines personnes travaillent ardemment, leur vie durant, à jouir de leur asservissement - qu'elles protègent comme s'il s'agissait d'un cadeau divin.

    Encore quelques siècles, sinon millénaires, et tout être humain normalement constitué cessera d'être effrayé par la liberté comme l'enfant par l'obscurité de la nuit.

    Patience, mes frères (et soeurs).
    Patience...

    Les dinosaures auront vécu. »

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