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Un geste précipité

Jean-Robert Sansfaçon   7 septembre 2004 
L'animateur bien connu, Robert Gillet, est de retour ce matin au micro du 93,3 de Québec, propriété du groupe Cogeco, après une absence de près de deux ans provoquée par ses démêlés avec la justice. Gillet a été acquitté par un jury de deux accusations graves, celle d'avoir payé pour obtenir les services sexuels d'une jeune fille de 15 ans et celle de l'avoir agressée sexuellement. En revanche, il a été reconnu coupable d'avoir acheté les services d'une seconde jeune fille âgée de 17 ans.

Depuis l'annonce de son retour en onde, jeudi dernier, les commentaires sont très partagés: tout le monde a le droit à l'erreur et, maintenant qu'il a purgé sa peine, l'homme doit pouvoir reprendre le travail, soutiennent les uns; vrai, répondent les autres, mais à cause de son métier, celui d'animateur d'une émission grand public où le commentaire occupe une place importante, il n'a plus la crédibilité morale pour remplir un tel mandat.

Robert Gillet a pleinement le droit de reprendre le micro si des employeurs sont assez culottés pour faire appel à ses services. Le geste est cependant provocateur pour ces personnes, nombreuses, qui ont été dégoûtées d'apprendre que la vedette des ondes était impliquée dans une affaire de prostitution juvénile. Au surplus, M. Gillet a toujours refusé d'exprimer quelque remords que ce soit, comme le juge Fraser Martin le lui a rappelé au moment de faire connaître sa sentence, en juin dernier. Impatient et frondeur, Gillet n'a même pas attendu de connaître cette sentence avant d'accorder des entrevues télévisées, exprimant de la sorte un certain mépris pour sa victime. «Encore une fois, vous avez manqué une chance de vous taire», lui a lancé le juge au moment de lui refuser l'absolution demandée.

Robert Gillet a maintenant purgé sa peine de travaux communautaires, mais l'affaire n'est pas terminée pour autant. Il y a d'abord la période de probation d'une année, puis l'appel déposé devant le tribunal supérieur et les poursuites intentées contre tous ceux qui lui ont fait un mauvais parti. Mais il y a surtout les gens de Québec, aujourd'hui plus sensibilisés au problème de la prostitution juvénile, dont la réaction décidera du sort de M. Gillet comme animateur.

Pour le moment, dans un marché de la radio très concurrentiel marqué par la lutte extrême que se livrent une bande de gladiateurs sans scrupules, les dirigeants de Cogeco ont pris le risque discutable de reprendre Robert Gillet sans même avoir laissé au temps le soin de jouer son rôle réparateur. Cela place M. Gillet devant l'obligation de faire, jour après jour, la démonstration devant son auditoire qu'il ne regrette pas seulement de l'avoir choqué par ses démêlés avec la justice, mais surtout d'avoir commis les gestes pour lesquels il a été reconnu coupable.

Quant aux trop nombreuses jeunes filles encore aujourd'hui victimes de vieux boucs pervers à la recherche de chair fraîche, c'est à elles que devrait aller notre attention en cette matinée qui voit Québec redonner la parole à son morningman-vedette.

jrsansfacon@ledevoir.ca






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  • Yannick Gagné
    Inscrit
    mercredi 8 septembre 2004 10h37
    Saloperies, lavure et jovialisme
    « Est-ce que Robert Gillet a fini de purger sa peine ? Non. Sa sentence de travaux communautaires est complétée, toutefois sa probation d'un an est toujours en vigueur.

    Je ne nierai pas le droit au travail de Robert Gillet, mais sa décision - qui est aussi celle de Cogeco - de revenir aussi vite au micro, à Québec de surcroît, m'en dit assez long sur l'arrogance, la froideur et l'inconscience du personnage. Personnage qui, dès l'annonce de sa sentence a profité de toutes les tribunes - celle de Radio-Canada, surtout - pour exhiber la pathétique image de sa bête incompréhension, son absence de remords ainsi que sa mine déconfite de pitoyable victime.

    D'ailleurs, durant toutes les procédures, lui et son sbire, Me Larochelle, se sont ri de tout l'appareil judiciaire et ont repoussés encore plus bas, les limites de la misogynie, en intimidant et en terrorisant les victimes du réseau de prostitution juvénile de Québec. Mythomanes, grandes actrices, vous vous souvenez ? Tout cela sous le regard indifférent, voire complaisant des groupes de défenses des femmes.

    Robert Gillet a même ajouté l'injure à l'insulte en poursuivant la plus jeune des témoins, poussant ainsi à son paroxysme sa fielleuse hargne vindicative. En fait, dans tout ce scabreux épisode, c'est l'inhumanité - caractéristique que j'abhorre particulièrement - de Robert Gillet qui nous a été dévoilée. Les individus de cette engeance ennoblissent l'entièreté du règne animal. Me voilà même pris d'une soudaine sympathie pour le rat, la hyène et le vautour.

    Pour ma part, aucune campagne de relation publique, toute lénifiante et euphorisante qu'elle soit, mettant en scène un grotesque et feint, acte de contrition - car il n'aurait été sincère, que s'il n'avait pas été parfaitement orchestré ; s'il avait été spontané - ne viendra effacer la médiocrité de cet Être que je ne peux me résoudre à qualifier d'humain. Comme la fin justifie les moyens et connaissant la turpitude des publicitaires et du corporatisme, je ne serai pas crédule au point d'avaler le jovialisme rassérénant qu'on essaiera de me rentrer, avec douceur et mièvrerie, dans la gorge.

    Robert Gillet a le droit de reprendre le micro, certes, mais personne ne peut m'empêcher d'en avoir la nausée. Je suis désolé, mais ma mansuétude refuse toute invitation au banquet de la turpitude. »

  • Jeannot Vachon
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2004 00h38
    Moi je dis: un retour attendu !
    « M. Sansfaçon est dur envers Gillet, pas mal plus que la justice du pays, qui l'a condamné à un méchant 40 heures de travaux communautaires.

    Pour ce genre de peine, combien d'années de travail un homme doit-il perdre selon vous ? Est-ce que 21 mois ne sont pas suffisants, avec une diminution de salaire importante pour la prime de risque que représente sa réintégration ?

    Pourquoi mentionner que le "criminel" aura dans ses mains un micro ? Pensez-vous qu'il se mettra à prêcher les vertus de la prostitution juvénile ?

    Je ne dis pas si l'individu sortait d'un procès criminel pour avoir prêché la haine envers des gens d'une autre race, d'avoir suggéré d'exterminer les handicapés pour les empêcher de souffrir et d'être un poids pour la société, ou pour avoir tenu des propos violents contre les pauvres de la société ou des propos sexistes ou encore si l'individu aurait gagné sa vie à commettre le crime de la diffamation gratuite. Là vous auriez pu dire: "Il y a un danger de mettre un micro dans les mains d'un tel individu"

    Vous parlez de la "crédibilité morale" de Gillet. Celui-ci n'est pas un prêtre ni un ministre du gouvernement. Depuis quand la vertu est-elle un pré-requis pour faire de la radio d'opinion ? Gillet a toujours été un mauvais garçon et c'est en bonne partie pour ça que nombre de ses auditeurs l'appréciaient. Seulement là il a fait une entorse à la loi moins sympathique que les autres et il s'en est mordu les doigts.

    Vous êtes durs aussi de ne pas accepter ses excuses officielles et de rapporter plutôt de vieilles déclarations de Gillet et du juge Martin. Gillet fait un très gros effort de pardonner à celle qui aurait pu l'envoyer en prison si son parjure ne l'avait pas trahie. Il accepte maintenant sa sentence. Que voulez-vous de plus ?

    Gillet était très attendu à Québec pour remettre de l'ordre dans la radio, pour qu'on arrête de faire de la radio poubelle, pour qu'on recommence à avoir de la vraie radio d'opinion avec de vrais débats et des personnalités de différents styles et de différentes tendances, pour entendre différentes opinions et cesser de se faire laver le cerveau avec la haine et le mépris. »

  • Julie Santerre
    Inscrite
    vendredi 10 septembre 2004 18h28
    Moi je dis : y a-t-il un psychiatre dans la salle?
    « Monsieur Vachon écrit : "Gillet fait un très gros effort de pardonner à celle qui aurait pu l'envoyer en prison si son parjure ne l'avait pas trahie. Il accepte maintenant sa sentence. Que voulez-vous de plus?"

    Je n'en reviens pas qu'on puisse être aveuglé à ce point par l'idolâtrie portée à un animateur!

    Je rappelle à monsieur Vachon qu'en matière de crime contre la personne, il est courant de voir les juges interdire formellement à l'agresseur d'entrer en contact avec les victimes (et leur famille) et de se tenir à moins de X mètres de leur domicile. Maintenant que Robert Gillet est revenu en ondes, avez-vous simplement une idée de la pression, du poing au coeur et des noeuds à l'estomac que les victimes peuvent ressentir à tous les jours en voyant les photos, les reportages, les publicités de Gillet et en entendant constamment la voix de cet homme?

    M. Gillet était pleinement conscient qu'il commettait une infraction! C'est lui l'adulte et il a eu plus de 50 ans pour prendre connaissance des dispositions du code civil et du code criminel! Le gros bon sens suffit à se rendre compte qu'une relation sexuelle avec une aussi jeune fille n'est peut-être pas une bonne idée...

    M. Gillet a même eu un blâme du juge, au moment du verdict de culpabilité, pour avoir prétendu ne pas avoir remarqué que la jeune fille était mineure et pour avoir tenté de prendre le monde pour des naïfs! Pas un grand sens d'observation et de déduction de la part d'un journaliste qui veut garder son micro! Et là, vous demandez à ce même homme, incapable de distinguer une jeune fille mineure d'une femme majeure, d'animer une émission d'affaires publiques et de commenter l'actualité entre deux pièces musicales? Pas fort... plutôt douteux comme décision!

    Ce que je veux de plus??? Je veux des excuses publiques de M. Gillet envers la jeune fille mineure qui a dit la vérité et qui a été victime de cet homme. C'est ça qui aurait dû occuper toute la place dans sa "grande déclaration" annoncée à grands renforts de publicités télévisuelles!

    Mais ce n'est pas tout!

    Dans son texte, monsieur Vachon affirme que "Gillet fait un très gros effort de pardonner à celle qui aurait pu l'envoyer en prison". La belle affaire! La jeune fille de 15 ans a quand même contribué à faire condamner l'associé de Robert Gillet. Alors, pour le mensonge et le parjure, on repassera! Il y avait bien au moins une once de vérité si l'associé de Gillet a été condamné pour le même crime que Gillet! Il n'y a pas de fumée sans feu...

    Tant qu'à y être, M. Vachon va peut-être nous dire que Michael Jackson est victime d'un méchant complot et qu'il a amplement payé pour la publicité négative dans les médias! Aux yeux de monsieur Vachon, le cas de Michael Jackson est peut-être pire encore que le cas de M. Gillet, car la mauvaise presse s'acharne sur lui partout à travers le monde! Donc, selon la logique de monsieur Vachon, un avant-midi de travail à la cantine du coin devrait bien être suffisant si Michael Jackson est condamné!

    Et pourtant...

    Monsieur Vachon, qui est toujours si prompt à condamner les propos diffamatoires à CHOI et à défendre la dignité humaine, pourrait-il maintenant appliquer sa propre médecine envers les victimes de la prostitution juvénile, des agressions et du harcèlement sexuel? La vraie victime, ce n'est pas Gillet, ce sont ces enfants et adolescents mineurs qui sont enjôlés et exploités. Ce sont eux que nous devons de protéger! M. Gillet est bien assez grand et il a bien assez d'argent pour se défendre lui-même avec l'aide des membres de son proche entourage. »

  • Marianne Vaucouleurs
    Inscrite
    mardi 14 septembre 2004 13h33
    Le ridicule au carré
    « Ce qui est exagéré est toujours un peu, parfois beaucoup, ridicule.

    Mais cette fois-ci, bravo ! M. Yannick Gagné : vous gagnez la camisole.

    Vous n'avez pas de mots assez forts (ou «bas») pour désigner Robert Gillet («[...] Les individus de cette engeance ennoblissent l'entièreté du règne animal. Me voilà même pris d'une soudaine sympathie pour le rat, la hyène et le vautour [...] la médiocrité de cet Être que je ne peux me résoudre à qualifier d'humain.»), alors que vous défendez bec et ongles depuis des semaines (et sur toutes les tribunes possibles) CHOI et ses Jean-François Fillion de service («Jef», pour les esprits... colonisés, et accessoirement amoureux des YouuEsse pistolets semi-automatiques...?).

    La coupe est pleine, mon cher Gagné. Vous avez décidément perdu votre tout dernier granule de crédibilité intellectuelle. Vous déchirez votre chemise pour Fillion, puis déchirez ensuite vos bobettes pour «lyncher» un «compétiteur» de CHOI. Comment ne pas voir en vous un type simplement rémunéré pour valoriser une antenne pour mieux en dénigrer une autre jusqu'à l'imbécillité.

    Et si vous n'êtes pas effectivement un salarié de GENEX/CHOI, fût-ce d'occasion ou à contrat, vous n'en devenez dans les faits que plus bête (pardonnez ma franchise, mais c'est le vocable le moins «lourd» que je puisse trouver dans mon sac de mots pour vous désigner: imaginez si je m'abandonnais au «n'importe quoi» comme vous le faites...).

    Pour ma part, et bien que mon opinion personnelle importe peu en l'affaire (et là n'est d'ailleurs pas l'essentiel), j'estime, chacun pour des raisons différentes, que les Robert Gillet et les «Jef» Fillion n'ont rien à faire sur les ondes. Ni l'un ni l'autre. Ce sont des pollueurs des tribunes d'opinions et donc de l'intelligence publique.

    Je suis grandement déçue par Robert Gillet, certes. Mais n'en ferai pas un «sous-humain», comme vous pour autant, M. (totalement) Perdu. Je suis tout autant dégoûtée par les Fillion, les Arthur et les Demers. Qui ne font pas l'amour à des petites filles, certes. Seulement la haine à tout le monde...

    C'est beaucoup plus joli à vos yeux, semble-t-il. Et puis, après tout, c'est la «liberté d'expression», isn't it???

    Yannick Gagné, visiblement vous avez besoin d'une pause. Que diriez-vous d'un séjour dans un sanatorium, en montagne. J'ai d'ailleurs eu vent que dans les Alpes...

    Sinon, ce sera forcément la camisole. En prime, et ce afin de vous aider à réfléchir sur vos actes verbaux, nous vous mettrons dans la même cellule que Marie-France Legault (et ses multiples personnalités: ça promet! quatorze personnes dans un cent vingt-cinq pieds carrés...).

    Ça vous enlèvera pour toujours le goût de vomir tous azimuts - de fillioniser (de «félonie», sans doute) - sur les gens que vous n'appréciez pas.

    Non mais, blague à part, ça vous arrive de vous relire après avoir projeté toute cette «dégoulinance» sur un mur??? »

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