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Déluge de tirs, de sang et de larmes

N/A ZZZN/A   4 septembre 2004 
Selon les autorités, ce sont les preneurs d’otages qui ont entraîné l’assaut en tirant sur des otages qui s’étaient enfuis au moment d’explosions survenues pendant que des équipes de secours venaient récupérer des cadavres d’otages exéc
Photo : Agence France-Presse
Selon les autorités, ce sont les preneurs d’otages qui ont entraîné l’assaut en tirant sur des otages qui s’étaient enfuis au moment d’explosions survenues pendant que des équipes de secours venaient récupérer des cadavres d’otages exéc
Beslan - La prise d'otages en Ossétie du Nord a sombré hier dans un chaos sanglant, laissant plus de 200 morts et 700 blessés, selon les autorités. Dans la confusion, les forces spéciales russes ont donné l'assaut à l'école de Beslan, où un commando protchétchène retenait depuis mercredi près de 1200 personnes, pendant que des enfants, souvent nus et ensanglantés, s'enfuyaient au milieu des tirs et des explosions.

Plus de 12 heures après l'assaut, des tirs et des explosions sporadiques retentissaient encore autour de l'école qui était en feu. Quelques heures plus tôt, la cellule de crise avait annoncé la fin des combats, qui s'étaient poursuivis après que plusieurs membres du commando se furent retranchés dans un sous-sol, apparemment avec des otages.

Au total, 27 preneurs d'otages ont été tués, selon un responsable russe cité par Internet. Trois autres ont été arrêtés.

Plusieurs centaines d'otages ont survécu, selon les autorités, tandis que 95 corps avaient été identifiés. Mais, en fin de soirée, l'agence Interfax, qui citait des responsables du ministère régional de la Santé, a annoncé que plus de 200 personnes avaient péri à Beslan.

Le bilan risque de dépasser de «beaucoup» les 150 morts, avait déjà prévenu Aslanbek Aslakhanov, un conseiller du président Vladimir Poutine, qui avait relevé considérablement les estimations initiales du nombre d'otages. Ce sont en fait près de 1200 parents, élèves et professeurs, dont 70 % d'enfants, qui étaient retenus depuis le jour de la rentrée scolaire, au lieu des 350 évoqués plus tôt par les autorités.

Les corps d'une centaine d'otages gisaient hier dans le gymnase. Certains ont été apparemment tués dans l'effondrement du toit de l'école à la suite d'explosions. Et plus de 700 personnes, dont près d'un tiers d'enfants, ont été blessées. En début de soirée, des responsables sanitaires cités par Interfax faisaient état de 531 personnes toujours hospitalisées, dont 283 enfants, parmi lesquels 92 se trouvaient dans un état «très grave». Des femmes se sont évanouies en sortant de l'école, tandis que d'autres, ensanglantées, étaient emmenées sur des civières. Nombre des enfants étaient quasiment dénudés, en raison de la chaleur suffocante dans le gymnase où ils étaient reclus depuis 52 heures.

D'après le président ossète, Alexander Dzasokhov, le commando avait exigé le retrait des troupes russes de Tchétchénie, première revendication claire et premier lien direct entre cette prise d'otages, survenue le lendemain de l'attentat commis dans une station de métro de Moscou (au moins neuf morts), et le conflit sévissant dans la république séparatiste voisine. Selon Valery Andreïev, le patron local du Service de sécurité fédéral (FSB, ex-KGB), dix des preneurs d'otages tués étaient d'origine arabe. Selon certaines informations, le commando, qui avait libéré jeudi 26 femmes et enfants, avait menacé de faire sauter l'école si les autorités donnaient l'assaut.

Dans la soirée, l'agence russe ITAR-Tass, qui citait des sources au sein des services de sécurité, a affirmé que la prise d'otages dans l'école de Beslan, en Ossétie du Nord, était financée par le réseau terroriste al-Qaïda et orchestrée par le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev.

Le souvenir de la prise d'otages dans le théâtre de Moscou en 2002, où 129 otages avaient été tués, la plupart par le gaz incapacitant libéré par les autorités, faisait redouter un nouvel assaut des forces russes. Cet assaut, donné en début d'après-midi, n'était pas prévu à l'avance, assurait Aslanbek Aslakhanov. Le président Vladimir Poutine avait affirmé que tout serait fait pour sauver la vie des otages.

La confusion régnait toujours sur l'enchaînement précis des événements, notamment le moment précis auquel le toit se serait effondré. Selon les autorités, ce sont les preneurs d'otages qui ont entraîné l'assaut en tirant sur des otages qui s'étaient enfuis au moment d'explosions survenues pendant que des équipes de secours venaient récupérer des cadavres d'otages exécutés dans la cour de l'école.

Deux explosions ont retenti à l'entrée des secours et tout le monde a commencé à courir, a expliqué Valery Andreïev. Le commando a tiré sur les otages qui s'enfuyaient et les forces de sécurité ont alors répliqué, ainsi que des habitants de Beslan, qui avaient eux aussi pris les armes, a-t-il dit.

Dans la soirée, un ancien otage interrogé sur la chaîne NTV a raconté qu'une femme du commando s'était fait exploser dans le gymnase. Un policier a déclaré de son côté à la télévision russe que des explosifs placés dans les paniers de basketball du gymnase avaient sauté, provoquant l'assaut des forces spéciales russes.






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