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Conflit israélo-palestinien - Des attaques en rafale minent les timides espoirs de dialogue

Une soixantaine d'attentats sont en préparation, disent les services secrets israéliens

Reuters   31 juillet 2002 
Jérusalem — Israël a évité le pire hier lorsqu'un policier a intercepté un kamikaze palestinien qui a eu cependant le temps d'actionner sa bombe, blessant quatre personnes dans le centre de Jérusalem.

Parallèlement, deux attaques contre des colonies juives ont également jeté une ombre sur la timide reprise du dialogue qui s'esquisse entre Palestiniens et Israéliens.

Le kamikaze palestinien a blessé quatre personnes en se faisant exploser dans un petit restaurant vendant des «falafel», près de la rue Jaffa, une artère commerçante très fréquentée.

«La présence du policier l'a empêché à coup sûr de se faire exploser dans un endroit avec beaucoup de monde», a souligné le porte-parole de la police de Jérusalem Kobi Zrihen.

Auparavant, deux colons juifs ont été tués par au moins deux Palestiniens armés dans un village du nord de la Cisjordanie sous contrôle sécuritaire israélien.

«Quand il a vu la police, il est entré dans le magasin et s'est fait sauter», a indiqué Mickey Levy, chef de la police de la ville israélienne. Il a précisé que le kamikaze était âgé de 17 ans et originaire de la ville cisjordanienne de Bethléem.

David Baker, membre du cabinet du premier ministre israélien Ariel Sharon, a dit que cette attaque était «une nouvelle preuve de la stratégie palestinienne: terroriser autant d'Israéliens que possible».

Selon des médias, le chef des services secrets intérieurs israéliens (Shin Bet), Avi Dichter, a déclaré devant une commission parlementaire que ses renseignements donnaient à penser qu'une soixantaine d'attaques palestiniennes étaient en préparation.

M. Dichter a précisé que ses services avaient mis en échec 12 projets d'attentats suicide en une semaine. Le chef du Shin Beth, qui a présenté un rapport à la commission parlementaire de la Défense et des Affaires étrangères, a également indiqué qu'il y avait eu 91 attentats suicide en Israël depuis le début de l'intifada à la fin septembre 2000.

M. Dichter a précisé que 2259 Palestiniens étaient actuellement détenus par Israël, dont 138 sont soupçonnés d'avoir préparé ou voulu commettre des attentats suicide.

M. Dichter a précisé que 86 des 91 auteurs d'attentats suicide en Israël venaient de Cisjordanie.

Il a estimé que le meilleur moyen de faire échec aux attentats suicide était d'ériger une clôture électronique et d'établir une zone tampon le long de la Cisjordanie comme celle qui existe actuellement autour de la bande de Gaza.

Les travaux de construction d'une clôture qui doit s'étendre dans un premier temps sur 110 km entre Israël et le nord de la Cisjordanie ont été lancés en juin.

À terme, la clôture doit s'étendre au total sur 360 km, le long de la «ligne verte» qui sépare Israël de la Cisjordanie. La clôture sera érigée du côté palestinien.

M. Dichter s'est également prononcé contre un éventuel bannissement du président palestinien Yasser Arafat. «Sa présence en Cisjordanie est problématique, mais son expulsion vers l'étranger le serait encore plus pour Israël», a-t-il affirmé.

Le nouveau chef d'état-major, le général Moshé Yahalon, s'est également prononcé contre un bannissement de M. Arafat.

De son côté, le ministre palestinien du Travail Ghassan al-Khatib a déclaré: «Le seul moyen de sortir de ce cycle de violence est qu'Israël renonce à essayer de contrôler par la force les territoires occupés palestiniens et veuille reprendre les négociations de paix.»

L'attentat suicide d'hier est le deuxième attentat en Israël en l'espace d'un mois. Le 17 juillet, deux kamikazes avaient tué quatre personnes à Tel-Aviv.

Les derniers attentats suicides à Jérusalem remontaient au mois de juin. Deux attaques en deux jours avaient causé la mort de 26 personnes.

En riposte, l'armée israélienne a réoccupé sept des huit villes de Cisjordanie.

Deux attaques anti-israéliennes avaient déjà été commises ce mardi.

Dans la matinée, des Palestiniens avaient abattu deux colons juifs dans le village sous contrôle administratif palestinien de Djammaïn, en Cisjordanie, selon des sources militaires. L'action a été revendiquée par les Brigades des martyrs al-Aksa, groupe armé proche du Fatah du président palestinien Yasser Arafat.

Auparavant, un Palestinien armé de couteaux s'était infiltré dans la colonie juive d'Itamar, toujours en Cisjordanie, blessant légèrement un couple de colons avant d'être tué.

«J'ai ouvert les yeux et j'ai vu mon mari se battre avec un terroriste de grande taille», a raconté Orna Meimran à la deuxième chaîne de télévision israélienne.

Elle a ajouté que son mari avait réussi à enfoncer deux doigts dans la gorge de l'agresseur qui avait alors lâché ses couteaux. «Nous l'avons poignardé avec ses propres couteaux», a-t-elle expliqué.

Plusieurs groupes d'activistes palestiniens ont promis de venger la mort du chef de la branche militaire du Hamas, Salah Chéhada, tué il y a une semaine avec 14 civils lors d'un raid de l'aviation israélienne sur Gaza — raid qui a attiré sur l'État hébreu la condamnation de la communauté internationale.

Rendez-vous à Washington

Ces nouvelles violences surviennent alors que des responsables palestiniens doivent se rendre la semaine prochaine à Washington afin d'étudier les mesures à prendre pour réformer l'Autorité autonome ainsi que des initiatives israéliennes destinées à adoucir le sort des 700 000 Palestiniens soumis au couvre-feu en Cisjordanie.

L'État hébreu a annoncé un assouplissement du cessez-le-feu dans trois villes cisjordaniennes. À Naplouse et Kalkilia, des Palestiniens ont rapporté que le couvre-feu était levé depuis plusieurs jours.

Israël a également indiqué lundi qu'il allait transférer dans les prochains jours à l'Autorité palestinienne 70 millions de shekels (14 millions de dollars) de recettes fiscales bloquées depuis le début de la seconde intifada, en septembre 2000. Deux cents millions de shekels avaient déjà été versés ce week-end.

Les Palestiniens affirment que les couvre-feux, les réoccupations de villes palestiniennes en Cisjordanie et les incursions militaires israéliennes bloquaient les efforts pour mettre fin aux violences qui ont coûté la vie à 1471 Palestiniens et 564 Israéliens depuis 22 mois.

Par ailleurs, lors d'une visite en Malaisie, le secrétaire d'État américain Colin Powell a réaffirmé hier que Washington était favorable à la création d'un État palestinien dans le cadre d'un règlement global du conflit proche-oriental.

De son côté, le révérend Jesse Jackson, militant américain des droits de l'Homme, en visite à Bethléem, a invité le président George W. Bush à user de l'influence des États-Unis pour contribuer à mettre fin à l'occupation militaire israélienne et à construire un État palestinien.
 
 
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