Sondage Léger Marketing - Le Devoir - Bush reprend les devants
Le tandem John Kerry-John Edwards tire de l'arrière par quatre points
Clairandrée Cauchy
2 septembre 2004
Photo : Agence Reuters
Plusieurs milliers de personnes brandissant des tracts roses, la couleur des feuilles de licenciement souvent utilisées par les compagnies américaines, ont formé hier une file d’attente de chômeurs symbolique qui s’est étirée sur cinq kilomètr
Bénéficiant d'un certain effet tonique grâce à la tenue de la convention républicaine cette semaine à New York, George W. Bush a pris la tête des intentions de vote pour l'élection présidentielle du 2 novembre. Selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir réalisé les 30 et 31 août, 51 % des Américains qui ont l'intention de se rendre aux urnes appuient le ticket George Bush-Dick Cheney, comparativement à 47 % pour le tandem John Kerry-John Edwards.
Les républicains gagnent trois points par rapport à un sondage effectué par la même firme au début d'août, alors que les démocrates glissent d'un point. Ralph Nader récolte quant à lui 1 % des intentions de vote.
«Les Américains reçoivent bien la convention. Cela influence les intentions de vote. Il reste à voir si le vote va se solidifier dans les deux semaines suivant la convention», observe le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger. Il ajoute que M. Bush n'avait pas franchi le cap des 50 % d'appui depuis belle lurette. La convention démocrate avait quant à elle permis à John Kerry de gagner trois points, un gain qui s'est ensuite résorbé.
Le coup de sonde a été effectué par le bureau new-yorkais de Léger Marketing auprès de 1001 Américains, dont 796 comptent se prévaloir de leur droit de vote, et il comporte une marge d'erreur de 3,5 %, 19 fois sur 20. Il s'agit du seul sondage réalisé pendant la convention, les firmes américaines préférant sonder avant et après l'événement.
Si la présente avance du candidat républicain se confirme une fois passée la lune de miel de la convention, il y a de fortes possibilités qu'il soit sacré président pour un deuxième mandat, au terme d'une «victoire très serrée». «Depuis les années 1950, tous les candidats en avance au début de septembre ont gagné l'élection en novembre», rappelle M. Léger. Il précise cependant qu'il n'y a pas une mais bien 50 élections présidentielles puisque le candidat qui obtient le plus de voix dans un État récolte tous les grands électeurs qui y sont associés.
Des électeurs décidés
En plus d'être divisés et polarisés, les Américains sont bien décidés. Les trois quarts d'entre eux estiment que leur opinion est définitive, tandis que seulement 18 % pensent qu'ils pourraient changer d'avis. «C'est exceptionnel. En 1992, lors de la première élection de Bill Clinton, 60 % des gens disaient qu'ils pouvaient changer d'idée au début de septembre, en 2000, c'était 40 %. Cette année, il n'y a pas beaucoup de place pour que cela bouge avant l'élection», constate Jean-Marc Léger.
Le sondeur pense qu'il est encore trop tôt pour se prononcer sur le taux de participation, un élément crucial dans une élection si serrée. Il constate cependant une forte pression sur l'électorat pour qu'il exerce son droit démocratique. «C'est la première fois dans l'histoire qu'on se retrouve à faire une élection en temps de guerre, dans un contexte aussi serré. Les gens ont aussi gardé un arrière-goût de ce qui s'est passé en 2000, avec la Floride. Ils ont l'impression que c'est un match-revanche.»
Un discours suivi
L'effet de la convention républicaine pourrait prendre plus d'ampleur après le discours de M. Bush, ce soir. L'événement sera très suivi: 59 % des Américains prévoient regarder le discours à la télé et 12 % des électeurs démocrates estiment que cela pourrait les inciter à réviser leur position. «C'est ce qu'on appelle un moment magique, où l'électeur est ouvert à modifier ses perceptions», affirme M. Léger, ajoutant que le premier débat télévisé du 30 septembre constituera un deuxième «moment magique».
Pour marquer des points ce soir, le président sortant devra miser sur ses qualités personnelles, selon M. Léger. «Les Américains aiment l'homme mais pas le président. La majorité d'entre eux sont insatisfaits de sa performance, tant sur l'économie, sur l'éducation, sur la santé ou sur la guerre en Irak. Par contre, il est perçu comme un leader fort, honnête, qui agit selon ses convictions, des caractéristiques extrêmement puissantes en politique.»
Les modérés ont la cote
Le ton est d'ailleurs plutôt à la modération depuis le début de la convention. Ce choix des organisateurs républicains est en phase avec l'électorat, si on en juge d'après l'opinion qu'il a au sujet des principales figures républicaines.
L'actuel secrétaire d'État, Colin Powell, associé à l'aile modérée du gouvernement Bush, arrive en tête de liste: 72 % des électeurs ont un bonne opinion de lui, dont 89 % des républicains. Deux autres républicains plutôt libéraux suivent, soit l'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, et le sénateur de l'Arizona, John McCain, qui sont perçus favorablement par 64 % et 56 % des électeurs, respectivement.
Lorsque vient le temps de se prononcer sur les présidentielles de 2008, les trois mêmes noms reviennent en tête des préférences des Américains. Grand absent de la convention républicaine, Colin Powell arrive encore une fois premier, avec 26 % des appuis, suivi de John McCain avec 21 % (mais seulement 18 % chez les républicains) et de Rudolph Giuliani, privilégié par 16 % des Américains (21 % chez les républicains).
«Chacun a ses forces et ses faiblesses: John McCain aura 72 ans au moment de la convention de 2008, Giuliani est mal perçu par les conservateurs de droite et il y a beaucoup de divergences entre Colin Powell et le gouvernement Bush», énumère M. Léger, qui constate sur les lieux de la convention que les discussions vont bon train à propos de la succession.
Les républicains gagnent trois points par rapport à un sondage effectué par la même firme au début d'août, alors que les démocrates glissent d'un point. Ralph Nader récolte quant à lui 1 % des intentions de vote.
«Les Américains reçoivent bien la convention. Cela influence les intentions de vote. Il reste à voir si le vote va se solidifier dans les deux semaines suivant la convention», observe le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger. Il ajoute que M. Bush n'avait pas franchi le cap des 50 % d'appui depuis belle lurette. La convention démocrate avait quant à elle permis à John Kerry de gagner trois points, un gain qui s'est ensuite résorbé.
Le coup de sonde a été effectué par le bureau new-yorkais de Léger Marketing auprès de 1001 Américains, dont 796 comptent se prévaloir de leur droit de vote, et il comporte une marge d'erreur de 3,5 %, 19 fois sur 20. Il s'agit du seul sondage réalisé pendant la convention, les firmes américaines préférant sonder avant et après l'événement.
Si la présente avance du candidat républicain se confirme une fois passée la lune de miel de la convention, il y a de fortes possibilités qu'il soit sacré président pour un deuxième mandat, au terme d'une «victoire très serrée». «Depuis les années 1950, tous les candidats en avance au début de septembre ont gagné l'élection en novembre», rappelle M. Léger. Il précise cependant qu'il n'y a pas une mais bien 50 élections présidentielles puisque le candidat qui obtient le plus de voix dans un État récolte tous les grands électeurs qui y sont associés.
Des électeurs décidés
En plus d'être divisés et polarisés, les Américains sont bien décidés. Les trois quarts d'entre eux estiment que leur opinion est définitive, tandis que seulement 18 % pensent qu'ils pourraient changer d'avis. «C'est exceptionnel. En 1992, lors de la première élection de Bill Clinton, 60 % des gens disaient qu'ils pouvaient changer d'idée au début de septembre, en 2000, c'était 40 %. Cette année, il n'y a pas beaucoup de place pour que cela bouge avant l'élection», constate Jean-Marc Léger.
Le sondeur pense qu'il est encore trop tôt pour se prononcer sur le taux de participation, un élément crucial dans une élection si serrée. Il constate cependant une forte pression sur l'électorat pour qu'il exerce son droit démocratique. «C'est la première fois dans l'histoire qu'on se retrouve à faire une élection en temps de guerre, dans un contexte aussi serré. Les gens ont aussi gardé un arrière-goût de ce qui s'est passé en 2000, avec la Floride. Ils ont l'impression que c'est un match-revanche.»
Un discours suivi
L'effet de la convention républicaine pourrait prendre plus d'ampleur après le discours de M. Bush, ce soir. L'événement sera très suivi: 59 % des Américains prévoient regarder le discours à la télé et 12 % des électeurs démocrates estiment que cela pourrait les inciter à réviser leur position. «C'est ce qu'on appelle un moment magique, où l'électeur est ouvert à modifier ses perceptions», affirme M. Léger, ajoutant que le premier débat télévisé du 30 septembre constituera un deuxième «moment magique».
Pour marquer des points ce soir, le président sortant devra miser sur ses qualités personnelles, selon M. Léger. «Les Américains aiment l'homme mais pas le président. La majorité d'entre eux sont insatisfaits de sa performance, tant sur l'économie, sur l'éducation, sur la santé ou sur la guerre en Irak. Par contre, il est perçu comme un leader fort, honnête, qui agit selon ses convictions, des caractéristiques extrêmement puissantes en politique.»
Les modérés ont la cote
Le ton est d'ailleurs plutôt à la modération depuis le début de la convention. Ce choix des organisateurs républicains est en phase avec l'électorat, si on en juge d'après l'opinion qu'il a au sujet des principales figures républicaines.
L'actuel secrétaire d'État, Colin Powell, associé à l'aile modérée du gouvernement Bush, arrive en tête de liste: 72 % des électeurs ont un bonne opinion de lui, dont 89 % des républicains. Deux autres républicains plutôt libéraux suivent, soit l'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, et le sénateur de l'Arizona, John McCain, qui sont perçus favorablement par 64 % et 56 % des électeurs, respectivement.
Lorsque vient le temps de se prononcer sur les présidentielles de 2008, les trois mêmes noms reviennent en tête des préférences des Américains. Grand absent de la convention républicaine, Colin Powell arrive encore une fois premier, avec 26 % des appuis, suivi de John McCain avec 21 % (mais seulement 18 % chez les républicains) et de Rudolph Giuliani, privilégié par 16 % des Américains (21 % chez les républicains).
«Chacun a ses forces et ses faiblesses: John McCain aura 72 ans au moment de la convention de 2008, Giuliani est mal perçu par les conservateurs de droite et il y a beaucoup de divergences entre Colin Powell et le gouvernement Bush», énumère M. Léger, qui constate sur les lieux de la convention que les discussions vont bon train à propos de la succession.
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