Santé: Martin dégonfle les attentes
Le premier ministre ne s'attend plus à pouvoir ficeler un plan de réforme en septembre
Manon Cornellier
26 août 2004
Ottawa — Paul Martin ne s'attend plus à ce que la conférence des premiers ministres sur la santé se termine, comme promis, par l'adoption d'un plan de réformes sur dix ans capable de sauver le système de santé «pour une génération».
Le premier ministre et son ministre de la Santé, Ujjal Dosanjh, ont tous deux reconnu hier que la rencontre de la mi-septembre pourrait ne pas suffire pour atteindre leur but. «Cela peut peut-être être réalisé en une seule réunion ou à la suite d'une série de rencontres, mais notre objectif est et demeure de remettre sur pied le système de santé pour une génération. [...] J'espère qu'on fera beaucoup de progrès à la première, mais le fait est que c'est la priorité numéro un des Canadiens et s'il faut une, deux ou trois réunions, on fera ce qu'il faudra», a dit M. Martin à la sortie de la réunion de fin d'été de son caucus.
Le ministre Dosanjh n'a pas caché pour sa part qu'il s'attend à la tenue de plusieurs réunions. «On ne devrait pas toujours penser qu'une rencontre puisse suffire pour en arriver à un accord complet sur un ensemble de réformes. On doit tous le comprendre, cela pourrait prendre plus d'une rencontre», a-t-il dit.
Durant la campagne électorale, M. Martin avait mis la barre beaucoup plus haut. «J'ai parlé de mon intention de rencontrer les premiers ministres cet été, pas seulement le temps d'un repas ou d'un week-end mais tout le temps qui sera nécessaire pour parvenir à une entente sur la réforme de notre système de soins de santé», avait-il dit le 25 mai, au moment de rendre publique sa politique de santé. Quelques jours auparavant, il avait confié à la Presse canadienne que son gouvernement allait «régler la question des soins de santé pour une génération», une promesse qu'il a maintes fois répétée par la suite.
Dans l'entourage du premier ministre, on refuse de faire des conjectures sur les résultats de la rencontre de septembre, mais on confirme en quelque sorte les attentes maintenant plus modérées du premier ministre. «Pour en arriver à un plan sur 10 ans capable de durer une génération, il faut plus qu'une rencontre, plus que trois jours de réunion, mais nous espérons qu'avec tout le travail fait par les différents gouvernements, nous pourrons jeter des fondations très claires pour ce plan sur 10 ans», de confier au Devoir un des plus proches conseillers de M. Martin.
La conférence des premiers ministres aura lieu à Ottawa mais sera d'une durée limitée, soit du 13 au 15 septembre, et se déroulera entièrement sous le feu des caméras. Selon un ministre bien au fait du dossier, le gouvernement fédéral souhaite toujours que cette conférence aboutisse à des résultats concrets sur les points les plus cruciaux, dont les questions financières. De l'avis du conseiller de M. Martin, «il y a quelques rouages importants pour assurer la viabilité d'un système de santé public. Il faut une hausse du financement fédéral aux provinces mais aussi s'attaquer aux facteurs de changement, comme les temps d'attente».
Le plan libéral mis en avant pendant la campagne électorale et qu'on présentait comme une «base de négociations» pour la conférence prévoyait une hausse des transferts pour la santé de un milliard cette année et de deux milliards l'année prochaine. On s'engageait aussi à négocier une formule d'indexation pour assurer une croissance prévisible de son financement.
Le reste des fonds annoncés était toutefois dédié à des réformes précises. D'abord, quatre milliards sur cinq ans pour réduire les listes d'attente dans cinq secteurs (soins contre le cancer, contre les maladies cardiaques, l'imagerie diagnostique, la chirurgie orthopédique et oculaire), le tout dans le cadre d'une «stratégie nationale de réduction des temps d'attente» avec rapports publics et cibles communes.
On promettait ensuite deux milliards sur cinq ans pour les soins à domicile. Les libéraux proposaient aussi d'améliorer l'accès aux soins de première ligne en formant, entre autres, plus de personnel et suggéraient l'adoption d'une «stratégie nationale» qui ciblerait les coûts catastrophiques de certains médicaments. Ces deux dernières promesses n'étaient toutefois pas chiffrées.
Les provinces, pour leur part, exigent depuis longtemps qu'Ottawa assure 25 % de la facture du système de santé public en plus d'adopter une formule d'indexation claire. Plusieurs, dont le Québec, s'opposent cependant à ce que le fédéral leur dicte les réformes à faire ou encore pose des conditions en échange de son financement.
Au bureau du ministre québécois de la Santé, Philippe Couillard, on rappelait hier que les réformes étaient déjà en cours au Québec et que M. Martin ne pourrait pas par conséquent se présenter en sauveur en septembre. Québec exige par ailleurs de lier la discussion sur le financement de la santé à celle sur la péréquation, cette dernière ayant été réduite d'une somme équivalente à celle que M. Martin promet de transférer cette année et l'an prochain.
L'objectif initial du premier ministre Martin pour la conférence de septembre était donc fort ambitieux. Les premiers ministres provinciaux, qui se rencontreront à Toronto la semaine prochaine, ont d'ailleurs rapidement brouillé les cartes cet été en proposant, à l'exception du Québec, de céder à Ottawa la responsabilité de leurs systèmes d'assurance-médicaments. Ottawa a aussitôt rejeté l'idée, la jugeant trop onéreuse, mais les provinces ne l'ont pas abandonnée et comptent bien revenir à la charge en septembre. Les ministres provinciaux de la Santé étaient réunis à Toronto hier pour en discuter et les ministres des Finances doivent faire de même demain.
Le premier ministre et son ministre de la Santé, Ujjal Dosanjh, ont tous deux reconnu hier que la rencontre de la mi-septembre pourrait ne pas suffire pour atteindre leur but. «Cela peut peut-être être réalisé en une seule réunion ou à la suite d'une série de rencontres, mais notre objectif est et demeure de remettre sur pied le système de santé pour une génération. [...] J'espère qu'on fera beaucoup de progrès à la première, mais le fait est que c'est la priorité numéro un des Canadiens et s'il faut une, deux ou trois réunions, on fera ce qu'il faudra», a dit M. Martin à la sortie de la réunion de fin d'été de son caucus.
Le ministre Dosanjh n'a pas caché pour sa part qu'il s'attend à la tenue de plusieurs réunions. «On ne devrait pas toujours penser qu'une rencontre puisse suffire pour en arriver à un accord complet sur un ensemble de réformes. On doit tous le comprendre, cela pourrait prendre plus d'une rencontre», a-t-il dit.
Durant la campagne électorale, M. Martin avait mis la barre beaucoup plus haut. «J'ai parlé de mon intention de rencontrer les premiers ministres cet été, pas seulement le temps d'un repas ou d'un week-end mais tout le temps qui sera nécessaire pour parvenir à une entente sur la réforme de notre système de soins de santé», avait-il dit le 25 mai, au moment de rendre publique sa politique de santé. Quelques jours auparavant, il avait confié à la Presse canadienne que son gouvernement allait «régler la question des soins de santé pour une génération», une promesse qu'il a maintes fois répétée par la suite.
Dans l'entourage du premier ministre, on refuse de faire des conjectures sur les résultats de la rencontre de septembre, mais on confirme en quelque sorte les attentes maintenant plus modérées du premier ministre. «Pour en arriver à un plan sur 10 ans capable de durer une génération, il faut plus qu'une rencontre, plus que trois jours de réunion, mais nous espérons qu'avec tout le travail fait par les différents gouvernements, nous pourrons jeter des fondations très claires pour ce plan sur 10 ans», de confier au Devoir un des plus proches conseillers de M. Martin.
La conférence des premiers ministres aura lieu à Ottawa mais sera d'une durée limitée, soit du 13 au 15 septembre, et se déroulera entièrement sous le feu des caméras. Selon un ministre bien au fait du dossier, le gouvernement fédéral souhaite toujours que cette conférence aboutisse à des résultats concrets sur les points les plus cruciaux, dont les questions financières. De l'avis du conseiller de M. Martin, «il y a quelques rouages importants pour assurer la viabilité d'un système de santé public. Il faut une hausse du financement fédéral aux provinces mais aussi s'attaquer aux facteurs de changement, comme les temps d'attente».
Le plan libéral mis en avant pendant la campagne électorale et qu'on présentait comme une «base de négociations» pour la conférence prévoyait une hausse des transferts pour la santé de un milliard cette année et de deux milliards l'année prochaine. On s'engageait aussi à négocier une formule d'indexation pour assurer une croissance prévisible de son financement.
Le reste des fonds annoncés était toutefois dédié à des réformes précises. D'abord, quatre milliards sur cinq ans pour réduire les listes d'attente dans cinq secteurs (soins contre le cancer, contre les maladies cardiaques, l'imagerie diagnostique, la chirurgie orthopédique et oculaire), le tout dans le cadre d'une «stratégie nationale de réduction des temps d'attente» avec rapports publics et cibles communes.
On promettait ensuite deux milliards sur cinq ans pour les soins à domicile. Les libéraux proposaient aussi d'améliorer l'accès aux soins de première ligne en formant, entre autres, plus de personnel et suggéraient l'adoption d'une «stratégie nationale» qui ciblerait les coûts catastrophiques de certains médicaments. Ces deux dernières promesses n'étaient toutefois pas chiffrées.
Les provinces, pour leur part, exigent depuis longtemps qu'Ottawa assure 25 % de la facture du système de santé public en plus d'adopter une formule d'indexation claire. Plusieurs, dont le Québec, s'opposent cependant à ce que le fédéral leur dicte les réformes à faire ou encore pose des conditions en échange de son financement.
Au bureau du ministre québécois de la Santé, Philippe Couillard, on rappelait hier que les réformes étaient déjà en cours au Québec et que M. Martin ne pourrait pas par conséquent se présenter en sauveur en septembre. Québec exige par ailleurs de lier la discussion sur le financement de la santé à celle sur la péréquation, cette dernière ayant été réduite d'une somme équivalente à celle que M. Martin promet de transférer cette année et l'an prochain.
L'objectif initial du premier ministre Martin pour la conférence de septembre était donc fort ambitieux. Les premiers ministres provinciaux, qui se rencontreront à Toronto la semaine prochaine, ont d'ailleurs rapidement brouillé les cartes cet été en proposant, à l'exception du Québec, de céder à Ottawa la responsabilité de leurs systèmes d'assurance-médicaments. Ottawa a aussitôt rejeté l'idée, la jugeant trop onéreuse, mais les provinces ne l'ont pas abandonnée et comptent bien revenir à la charge en septembre. Les ministres provinciaux de la Santé étaient réunis à Toronto hier pour en discuter et les ministres des Finances doivent faire de même demain.
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