Libre opinion: La trahison du gouvernement
David Curtis - Médecin à Mont-Tremblant
26 août 2004
À M. Charest et son conseil des ministres
Le lendemain de l'annonce conjointe de votre gouvernement et du fédéral de subventionner la multinationale Intrawest et la Station Mont-Tremblant avec 100 millions de l'argent durement gagné par les contribuables, je me trouve accablé au sommet de la montagne, bafoué, incrédule, trahi par une classe politique qui a perdu les vraies valeurs pour servir les besoins des entreprises.
C'est pour quand, M. Charest, la fanfare pour annoncer la manne pour la santé et l'environnement? Demain matin, M. Charest, je dois entrer dans mon cabinet de médecin de campagne et essayer de répondre aux besoins de nos concitoyens. Je vous demande de m'accompagner. M'accompagner pour me dire comment répondre à Mme Sigouin, qui me demande pourquoi elle attend depuis six mois sa chirurgie pour enlever le cancer de son rein droit. Pourquoi il y a un manque de lits, de temps opératoire, de personnel infirmier et médical dans les Laurentides. Pourquoi elle va mourir des métastases de son cancer pendant que Rome brûle et que l'empereur danse autour de la table d'Intrawest.
Yves Séguin, votre ministre des Finances, en première année de son mandat, a dit: «Nous n'avons pas d'argent en subventions pour le monde corporatif.» Mme Sigouin ne comprend plus M. Séguin. Elle aurait espéré que ces 100 millions fournissent un plus grand éventail de spécialistes dans sa région et plus de lits et d'heures opératoires dans son hôpital.
Comment répondre à Mme Painchaud, qui veut un rendez-vous en psychiatrie pour son fils schizophrène, qui n'est ni en situation d'urgence, ni suicidaire, ni homicidaire, mais qui perturbe grandement la vie familiale? Huit mois d'attente pour voir un psychiatre, M. Charest! Le temps nécessaire pour commettre un suicide ou un meurtre! Et, une fois vu, une pénurie flagrante de programmes provinciaux de santé mentale en matière de suivi et de réintégration dans le milieu. Mme Painchaud ne trouve pas qu'on vit au paradis en région sur le plan de la santé mentale.
Cent millions pour maintenir le prix des actions d'Intrawest en Bourse et construire des condos de 250 000 $ à 550 000 $ pour ceux qui ne peuvent rien pour Mme Painchaud! M. Charest, vous vous trouvez au bureau du premier ministre grâce à votre parole d'investir en santé. Parole de politicien? On se demande d'où vient le désenchantement par rapport à nos élus.
Comment répondre à M. Sanscoeur, un jeune homme de 40 ans qui se fait dire qu'il souffre d'angine, mais pas trop grave, et à qui on précise que même si ça prend cinq mois pour voir un cardiologue à l'Institut de cardiologie de Montréal, «pas de problème, mon gars! En cas de véritable crise de coeur, vous avez juste à vous rendre à l'urgence et on ramassera ce qui reste de votre coeur à la petite cuillère». Cent millions pour soigner la maladie numéro un au Québec, ça irait loin. Attendriez-vous cinq mois, M. Charest?
Comment aussi expliquer à la petite maman, super femme en plein burn-out, que ses trois enfants lui coûteront 42 $ de plus cette semaine pour la garderie? Elle ne les a pas. Elle travaille comme saisonnière, sans bénéfices, pour Intrawest, à 8 $ l'heure. Mais, hé, on s'en fout. On va investir un milliard!
Comment expliquer à Lili Lafleur, étudiante en maîtrise en sciences environnementales, que le déboisement de 160 hectares en montagne laurentienne contiguë au plus grand parc de conservation du Québec pour construire une ville en pleine nature, en bordure de la rivière du Diable, est un gain pour l'environnement? Comment lui expliquer que le ministère de l'Environnement, éventré par le Parti québécois et décapité par votre gouvernement, a la situation en main? Incompréhensible! Une trahison!
Vous et votre conseil des ministres avez été bernés par le lobbyisme machiavélique d'Intrawest. S'il vous plaît, M. Charest, amenez-nous une politique du troisième millénaire qui réponde aux véritables besoins de la population.
Le lendemain de l'annonce conjointe de votre gouvernement et du fédéral de subventionner la multinationale Intrawest et la Station Mont-Tremblant avec 100 millions de l'argent durement gagné par les contribuables, je me trouve accablé au sommet de la montagne, bafoué, incrédule, trahi par une classe politique qui a perdu les vraies valeurs pour servir les besoins des entreprises.
C'est pour quand, M. Charest, la fanfare pour annoncer la manne pour la santé et l'environnement? Demain matin, M. Charest, je dois entrer dans mon cabinet de médecin de campagne et essayer de répondre aux besoins de nos concitoyens. Je vous demande de m'accompagner. M'accompagner pour me dire comment répondre à Mme Sigouin, qui me demande pourquoi elle attend depuis six mois sa chirurgie pour enlever le cancer de son rein droit. Pourquoi il y a un manque de lits, de temps opératoire, de personnel infirmier et médical dans les Laurentides. Pourquoi elle va mourir des métastases de son cancer pendant que Rome brûle et que l'empereur danse autour de la table d'Intrawest.
Yves Séguin, votre ministre des Finances, en première année de son mandat, a dit: «Nous n'avons pas d'argent en subventions pour le monde corporatif.» Mme Sigouin ne comprend plus M. Séguin. Elle aurait espéré que ces 100 millions fournissent un plus grand éventail de spécialistes dans sa région et plus de lits et d'heures opératoires dans son hôpital.
Comment répondre à Mme Painchaud, qui veut un rendez-vous en psychiatrie pour son fils schizophrène, qui n'est ni en situation d'urgence, ni suicidaire, ni homicidaire, mais qui perturbe grandement la vie familiale? Huit mois d'attente pour voir un psychiatre, M. Charest! Le temps nécessaire pour commettre un suicide ou un meurtre! Et, une fois vu, une pénurie flagrante de programmes provinciaux de santé mentale en matière de suivi et de réintégration dans le milieu. Mme Painchaud ne trouve pas qu'on vit au paradis en région sur le plan de la santé mentale.
Cent millions pour maintenir le prix des actions d'Intrawest en Bourse et construire des condos de 250 000 $ à 550 000 $ pour ceux qui ne peuvent rien pour Mme Painchaud! M. Charest, vous vous trouvez au bureau du premier ministre grâce à votre parole d'investir en santé. Parole de politicien? On se demande d'où vient le désenchantement par rapport à nos élus.
Comment répondre à M. Sanscoeur, un jeune homme de 40 ans qui se fait dire qu'il souffre d'angine, mais pas trop grave, et à qui on précise que même si ça prend cinq mois pour voir un cardiologue à l'Institut de cardiologie de Montréal, «pas de problème, mon gars! En cas de véritable crise de coeur, vous avez juste à vous rendre à l'urgence et on ramassera ce qui reste de votre coeur à la petite cuillère». Cent millions pour soigner la maladie numéro un au Québec, ça irait loin. Attendriez-vous cinq mois, M. Charest?
Comment aussi expliquer à la petite maman, super femme en plein burn-out, que ses trois enfants lui coûteront 42 $ de plus cette semaine pour la garderie? Elle ne les a pas. Elle travaille comme saisonnière, sans bénéfices, pour Intrawest, à 8 $ l'heure. Mais, hé, on s'en fout. On va investir un milliard!
Comment expliquer à Lili Lafleur, étudiante en maîtrise en sciences environnementales, que le déboisement de 160 hectares en montagne laurentienne contiguë au plus grand parc de conservation du Québec pour construire une ville en pleine nature, en bordure de la rivière du Diable, est un gain pour l'environnement? Comment lui expliquer que le ministère de l'Environnement, éventré par le Parti québécois et décapité par votre gouvernement, a la situation en main? Incompréhensible! Une trahison!
Vous et votre conseil des ministres avez été bernés par le lobbyisme machiavélique d'Intrawest. S'il vous plaît, M. Charest, amenez-nous une politique du troisième millénaire qui réponde aux véritables besoins de la population.
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