Lettres: Une formule séduisante mais ambiguë
Jean-Marc Léger - Montréal, le 21 août 2004
25 août 2004
Séduisante sous plusieurs rapports, ne serait-ce que dans le renouvellement apparent du discours et de la démarche, la formule dite de l'élection référendaire est par ailleurs ambiguë dans son mélange des genres et se révèle par ailleurs fort exigeante sous l'angle de sa qualité démocratique, en l'occurrence essentielle. Plus que toute autre formation, le Parti québécois doit en avoir le souci au plus haut point, surtout si la victoire électorale doit autoriser la mise en route du processus conduisant à l'indépendance.
Le verdict populaire doit être, dans pareille hypothèse, parfaitement clair au regard de l'opinion québécoise aussi bien qu'étrangère, la canadienne notamment. Cela suppose que soient réunies trois conditions de base: un taux de participation élevé, un deuxième tour de scrutin et un programme de campagne résumé dans le cas du PQ à un seul article: l'indépendance.
Le taux de participation devrait, dans pareil cas, être au moins équivalent à la moyenne enregistrée lors des élections québécoises depuis 25 à 30 ans, soit de 70 à 72 %, et préférablement plus élevé. Par ailleurs, étant donné le but de cette consultation particulière, il faudrait prévoir et annoncer, avant le début de la campagne, l'institution d'un deuxième tour, indispensable sauf dans le cas improbable où le PQ obtiendrait dès le premier tour la majorité absolue. Celui-ci ne saurait en effet engager le processus conduisant éventuellement à l'indépendance sur la base de 42 à 44 % ou même de 46 à 48 % des suffrages. Avec un deuxième tour (où ne restent en lice que les deux candidats arrivés en tête au premier tour, sauf bien sûr les circonscriptions où il y a eu un élu avec plus de 50 % des voix dès le premier tour), il est probable qu'un fort pourcentage des électeurs ayant voté au premier tour pour l'ADQ, le NPD, les verts et même le PLQ se reporteraient au deuxième tour sur le PQ, alors assurés de remporter au moins les fameux 50 % (plus une voix!).
Enfin, il serait indispensable que le PQ fasse campagne uniquement sur l'indépendance, que son programme ne comporte que cet article unique, rien d'autre [...]. Autrement, ce serait prêter flanc aux attaques du camp adverse, qui s'empresserait d'affirmer que bon nombre d'électeurs ont voté pour telle ou telle promesse du PQ, pour tel engagement plutôt que pour l'indépendance. C'est dire combien est exigeante la formule dite de l'élection référendaire, pleine de chausse-trapes. De toute façon, on devra quand même, tôt ou tard, recourir au référendum, qui reste, lorsqu'il s'agit d'un pareil enjeu, la formule la plus propre à dégager un verdict clair et à persuader l'opinion, nationale et internationale, de la clarté du choix.
Le verdict populaire doit être, dans pareille hypothèse, parfaitement clair au regard de l'opinion québécoise aussi bien qu'étrangère, la canadienne notamment. Cela suppose que soient réunies trois conditions de base: un taux de participation élevé, un deuxième tour de scrutin et un programme de campagne résumé dans le cas du PQ à un seul article: l'indépendance.
Le taux de participation devrait, dans pareil cas, être au moins équivalent à la moyenne enregistrée lors des élections québécoises depuis 25 à 30 ans, soit de 70 à 72 %, et préférablement plus élevé. Par ailleurs, étant donné le but de cette consultation particulière, il faudrait prévoir et annoncer, avant le début de la campagne, l'institution d'un deuxième tour, indispensable sauf dans le cas improbable où le PQ obtiendrait dès le premier tour la majorité absolue. Celui-ci ne saurait en effet engager le processus conduisant éventuellement à l'indépendance sur la base de 42 à 44 % ou même de 46 à 48 % des suffrages. Avec un deuxième tour (où ne restent en lice que les deux candidats arrivés en tête au premier tour, sauf bien sûr les circonscriptions où il y a eu un élu avec plus de 50 % des voix dès le premier tour), il est probable qu'un fort pourcentage des électeurs ayant voté au premier tour pour l'ADQ, le NPD, les verts et même le PLQ se reporteraient au deuxième tour sur le PQ, alors assurés de remporter au moins les fameux 50 % (plus une voix!).
Enfin, il serait indispensable que le PQ fasse campagne uniquement sur l'indépendance, que son programme ne comporte que cet article unique, rien d'autre [...]. Autrement, ce serait prêter flanc aux attaques du camp adverse, qui s'empresserait d'affirmer que bon nombre d'électeurs ont voté pour telle ou telle promesse du PQ, pour tel engagement plutôt que pour l'indépendance. C'est dire combien est exigeante la formule dite de l'élection référendaire, pleine de chausse-trapes. De toute façon, on devra quand même, tôt ou tard, recourir au référendum, qui reste, lorsqu'il s'agit d'un pareil enjeu, la formule la plus propre à dégager un verdict clair et à persuader l'opinion, nationale et internationale, de la clarté du choix.
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