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Bush dénonce les spots télévisés salissant le passé militaire de Kerry

N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A   24 août 2004 
Pendant que des vétérans du Vietnam tentent de ternir le passé militaire de John Kerry, d’autres font ouvertement campagne en faveur du candidat démocrate. À Hanoï, en fin de semaine, ce groupe d’anciens combattants du Vietnam a entrepris de ve
Photo : Agence Reuters
Pendant que des vétérans du Vietnam tentent de ternir le passé militaire de John Kerry, d’autres font ouvertement campagne en faveur du candidat démocrate. À Hanoï, en fin de semaine, ce groupe d’anciens combattants du Vietnam a entrepris de ve
George W. Bush a fermement dénoncé hier les spots télévisés de groupes indépendants qui mettent en cause le passé militaire de son rival démocrate John Kerry au Vietnam, ainsi que toutes les autres publicités émanant de groupes indépendants.

Bush a indiqué qu'il voulait voir s'arrêter «tous» les spots publicitaires. «Ce qui signifie ce spot-là et tous les autres.» Il se référait ainsi à une publicité des «Swift Boat Veterans for Truth» (anciens combattants du Vietnam), qui ont accusé Kerry d'avoir menti sur ses faits d'armes.

Contrairement aux habitudes de la Maison-Blanche, Bush a fait cette fois précisément allusion au spot télévisé qui est dirigé contre les actions de Kerry au Vietnam.

Le président n'a pas indiqué les mesures qui pourraient être prises pour mettre fin aux publicités diffusées par des groupes indépendants.

Bush a par ailleurs rappelé que Kerry avait des raisons d'être fier de son passé d'ancien combattant du Vietnam. «John Kerry a servi admirablement au Vietnam et a des raisons d'être fier de ses faits d'armes», a-t-il affirmé.

Bush avait déjà pris position en faveur du passé militaire de son adversaire en indiquant le 12 août sur CNN que M. Kerry pouvait être «fier» de son action au Vietnam.

Dans un spot publicitaire, un groupe d'anciens combattants du Vietnam lié au Parti républicain accuse John Kerry, aujourd'hui sénateur du Massachusetts de mentir sur son passé au Vietnam, et les démocrates ont accusé les responsables de la campagne du président Bush de soutenir en sous-main ces attaques.

«Je demande au sénateur Kerry de me rejoindre pour que nous nous débarrassions de tout cet argent illégal», a dit le président américain en estimant que «cela est mauvais pour le système».

«Cela veut dire ce message [attaquant John Kerry] et tous les autres messages», a-t-il souligné en ajoutant «je ne peux être plus clair».

Le groupe de vétérans à l'origine de cette polémique a pour sa part annoncé qu'il ne comptait pas renoncer à son deuxième spot anti-Kerry, qui doit commencé à être diffusé cette semaine dans trois États. «C'est John Kerry qui a décidé de placer ses états de service militaires au centre de sa campagne présidentielle», a fait valoir l'ancien amiral Roy Hoffmann, fondateur de Swift Boat Veterans for Truth.

La campagne Kerry a saisi vendredi la Commission fédérale chargée de veiller à la régularité du processus électoral, accusant le groupe de liens «illégaux» avec l'état-major de campagne de George W. Bush. Le camp Bush a qualifié cette saisie de «ridicule», mais a annoncé dimanche qu'elle se séparait de l'un de ses conseillers bénévoles qui apparaît dans un des spots du groupe, diffusé depuis vendredi.

Le camp Kerry a fait témoigner hier devant des journalistes plusieurs anciens compagnons de l'actuel sénateur du Massachusetts, Rich McCann, Jim Russell et Rich Baker, qui tous ont confirmé que l'officier Kerry avait agi honorablement et courageusement, et aurait pu postuler aux plus hautes fonctions de l'armée américaine.

«Il était le plus agressif des officiers responsables des vedettes de patrouille», sur le Mékong, au Vietnam, a affirmé Rich Baker.

Un vétéran se souvient

Le témoignage le plus significatif est venu de Chicago ce week-end. Un vétéran du Vietnam est en effet sorti du silence pour défendre John Kerry. William Rood, journaliste au Chicago Tribune s'est trouvé fort embarrassé lorsque, ces derniers jours, John Kerry, l'a appelé en personne au téléphone, en insistant pour solliciter son aide. Rood, 61 ans, est l'un des trois officiers qui, le 28 février 1969, au Vietnam, commandaient les trois bateaux patrouilleurs et la quinzaine d'hommes engagés dans l'action qui a valu à leur chef, le lieutenant Kerry, de recevoir la Silver Star, prestigieuse distinction de l'armée américaine.

Même si Kerry avait déjà reçu le soutien de plusieurs de ses hommes pour contrecarrer les affirmations selon lesquelles ses diverses distinctions militaires seraient usurpées, le candidat démocrate s'est retourné vers William Rood, seul officier encore en vie ayant participé à l'action: le troisième est mort au combat, à l'époque, six semaines plus tard.

«William est venu nous voir en nous faisant part de ses interrogations, a expliqué George De Lama, le rédacteur en chef du Chicago Tribune. Il était vraiment tiraillé entre la volonté de rester un simple citoyen, de ne pas être mêlé à cette controverse politique, qui a pris tant d'ampleur, et un sentiment très fort de ne pas pouvoir laisser dire des choses allant contre la vérité. Finalement, il s'est dit qu'il devait parler pour tous ceux, les soldats anonymes, qui avaient participé à cette action et qui, dans l'ombre, se trouvent eux aussi éclaboussés.»

Dans son édition du dimanche, qui tire à 1,1 million d'exemplaires, le Chicago Tribune, de réputation conservatrice et qui a toujours soutenu les candidats républicains à la présidence, a donc publié en première page, le 22 août, le récit à la première personne, «en 1750 mots», de William Rood, ainsi que les fac-similés de documents relatant l'action contestée qui a valu à ce dernier, pour sa part, la Bronze Star.

«Beaucoup d'entre nous souhaitaient laisser cela derrière eux... les rivières, les embuscades, les tueries», écrit le journaliste, rompant trente-cinq années de silence, dans un récit très factuel. «Mais il devenait de plus en plus difficile d'entendre des propos allant contre la vérité, émanant de personnes qui n'étaient pas présentes à l'époque», ajoute-t-il. Puis, expliquant les raisons de son témoignage accréditant la bravoure de John Kerry, il indique, avant d'aborder le détail de cette journée de 1969: «Mon intention est de raconter maintenant l'histoire et de ne plus jamais en parler publiquement.»

Bush et Kerry sont actuellement à égalité dans les sondages à 70 jours de l'élection du 2 novembre. Bush se représente pour un second mandat de quatre ans.






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