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    Option citoyenne - Un projet de société mobilisateur et rassembleur

    Le nouveau mouvement politique pour créer un nouvel espace politique de débats au Québec suscite beaucoup d'espoir

    17 août 2004 |Lina Trudel - Sociologue à l'UQAM, membre d'Option citoyenne et souverainiste convaincue
    Françoise David et quelques centaines d'hommes et de femmes provenant d'origines sociales et culturelles différentes ont décidé de fonder un mouvement politique (qui deviendra éventuellement un parti) pour créer un nouvel espace politique de débats, de réflexion et de propositions sur les orientations et les solutions à mettre de l'avant afin que le Québec devienne une société plus solidaire et plus égalitaire. Ce projet suscite beaucoup d'espoir. Il semble aussi inquiéter certaines personnes pour qui tous changements majeurs nécessitent d'abord de passer par l'indépendance du Québec.

    Le texte de Françoise David, Bien commun recherché, se veut le coup d'envoi de ce mouvement politique. Il reflète très bien le sens actuel de la démarche du mouvement. Il recense le plus clairement et simplement possible ce qui ne va pas dans notre société et indique dans quelles perspectives et en fonction de quels objectifs et valeurs les choix politiques devraient s'opérer. Il ne donne aucune solution toute faite, et n'impose aucun modèle, pas plus sur la question nationale que sur le reste. Il convie, au contraire, tous les citoyens et citoyennes de toutes les régions et de toutes origines à réfléchir ensemble et à trouver ensemble des solutions aux problèmes actuels. Beaucoup de personnes se sentent interpellées et concernées par cette ouverture et cet appel.

    Nous pensons qu'un autre Québec est possible et qu'il y a une autre façon de faire de la politique. Nous pensons aussi que la question nationale doit être repensée dans le cadre d'un projet plus global de société.

    Un projet large et inclusif

    Le Québec a réalisé des progrès considérables depuis la révolution tranquille. Il s'est doté, au fil des ans, d'outils collectifs pour être en mesure de prendre en main son destin et son développement. Outils collectifs que le gouvernement Charest est, par ailleurs, en train de démanteler. Ces avancées nous les devons, non pas au gouvernement fédéral (il a bien tenté, notamment, d'empêcher la création de la Caisse de dépôts et de placements) mais aux mouvements sociaux, aux mouvements d'affirmation nationale, et disons le tout net, au Parti québécois.

    Malgré des acquis importants, le Québec demeure marqué par de profondes inégalités et fractures sociales: des gagnants, mais de plus en plus de laissés-pour-compte; des réussites économiques, mais des régions qui s'appauvrissent; une génération qui a porté et profité du progrès et les nouvelles générations pour qui l'avenir est incertain. La démocratie au Québec ne se porte pas non plus très bien. Le pouvoir politique est concentré entre les mains du pouvoir exécutif et du premier ministre, et les politiciens ne sont plus les mandataires des citoyens mais des professionnels pour qui le pouvoir est devenu l'enjeu central. Pas étonnant, dans ces conditions que les gens se désintéressent de la politique. Ces problèmes ne sont pas particuliers au Québec, tant s'en faut.

    S'attaquer aussi à la dépendance économique

    Dans le contexte actuel de la mondialisation et de la domination des forces du marché, la capacité des gouvernements de faire des choix en fonction du bien commun est de plus en plus limitée. Nous avons fait reposer le progrès de nos sociétés (le PQ compris) sur un seul pilier: le développement économique et nous sommes de plus en plus dépendants de ce pouvoir qui, désormais, fait la loi et fixe les priorités. Que le Québec soit indépendant ou pas cela ne changera pas grand-chose, si nous acceptons les règles du jeu actuel.

    C'est pourquoi il devient essentiel de revoir la question nationale dans le contexte actuel de la mondialisation et dans le cadre d'un projet plus large de société. Ce projet de société qui, pour nous, doit s'incarner dans la société québécoise, doit aussi être pensé et rediscuté avec toutes les composantes de la nation québécoise. Il faut sortir de l'impasse actuelle: la nation québécoise étant plurielle, la souveraineté du Québec ne peut pas être le projet de la seule nation francophone bien que majoritaire. Nous n'y arriverons jamais en imposant cette solution et en demandant à ceux et celles qui, en raison notamment de l'âge ou de leur origine culturelle, ne partagent pas cette histoire commune, de faire le même choix et d'adhérer à un projet qui est à prendre ou à laisser. Nous voulons inclure le plus de personnes possible, soucieuses de l'avenir de leur société, qu'elles soient issues de l'immigration, jeunes ou anglophones dans l'élaboration d'un projet collectif où elles seront partie prenante et où elles seront aussi appelées à faire l'effort de comprendre que la question nationale a des origines historiques et qu'il est tout à fait légitime que des membres d'une communauté, qui ont un passé commun, une langue et une culture commune, veuillent décider ensemble de leur sort.

    Actuellement le Québec n'a pas les moyens de ses choix. Depuis Trudeau et après Meech, la nation québécoise a été niée et effacée du contexte canadien. La reconnaissance des deux peuples fondateurs (la nation autochtone quant à elle n'a jamais été reconnue comme telle) qui faisait partie de la dynamique canadienne a cédé la place au bilinguisme officiel et au multiculturalisme. Le Québec est considéré comme une province au même titre que les autres et le fédéral poursuit toujours son processus de centralisation.

    Quant aux citoyens et citoyennes, ils n'auraient plus à s'en faire, car la Charte canadienne reconnaît à tous et toutes des droits égaux. La stratégie est implacable et d'une efficacité redoutable. On ne peut pas en dire autant de la stratégie des conditions gagnantes: apparentée, à tort ou à raison, à de la manipulation politique, elle semble produire un effet contraire à celui recherché. Selon les derniers sondages, 40 % des francophones seraient favorables à la souveraineté du Québec et près de 90 % des allophones et des anglophones seraient contre. La question nationale est donc loin d'être réglée et ce n'est pas non plus une question secondaire. Il faut donc poursuivre et élargir le débat, c'est ce que nous avons décidé de faire à Option citoyenne.

    La question nationale a cependant trop monopolisé le débat politique au Québec et a laissé dans l'ombre des questions fondamentales qui compromettent tout autant l'avenir de notre société et le bien-être de tous les citoyens et citoyennes: l'exclusion, le déficit démocratique et la menace que représente la dictature économique actuelle. Option citoyenne mettra donc la priorité sur les questions sociales sans par ailleurs occulter la question nationale.












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