Venezuela: vote massif des électeurs au référendum
Les autorités ont dû repousser à deux reprises la clôture du scrutin sur la révocation du mandat du président Chavez
16 août 2004
Photo : Agence Reuters
Un soldat monte la garde près d’une file d’électeurs qui attendent d’aller voter dans une école de Caracas. Quatorze millions de Vénézuéliens étaient appelés aux urnes hier lors d’un référendum sur la révocation du mandat du président
Caracas — Les Vénézuéliens ont voté massivement hier lors d’un référendum sur la révocation du mandat du président Hugo Chavez, contraignant les autorités à repousser à deux reprises l’heure de clôture du scrutin.
«On nous signale que dans tout le pays, il y a une présence importante d’électeurs vénézuéliens, c’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’étendre la durée du vote jusqu’à minuit», a déclaré lors d’une conférence de presse l’un des dirigeants du Comité national électoral (CNE), Jorge Rodriguez.
«Nous avons connu aujourd’hui le plus haut niveau de participation qu’ait jamais connu ce pays», a déclaré à la presse le chef de l’opposition Enrique Mendoza.
«Nous voulons voter! Nous voulons voter!», criaient à l’unisson des centaines de Vénézuéliens qui avaient passé hier soir plus de dix heures dans une file d’attente à Caracas.
De nombreux habitants de la capitale soulignent qu’ils n’ont jamais connu une telle affluence dans les bureaux de vote.
Au cours d’un incident grave, apparemment isolé, une personne a été tuée et dix autres blessées à l’est de Caracas par des hommes en moto qui ont ouvert le feu sur une file d’électeurs.
Le scrutin s’est déroulé à un rythme extrêmement lent. Craignant que le vote ne puisse se terminer dans les délais prévus et que la population ne s’impatiente, le CNE a repoussé une première fois à 20h locales la fermeture des bureaux de vote puis annoncé que les bureaux fermeraient à minuit.
Les quelque quatorze millions d’électeurs vénézuéliens, très mobilisés, affluaient de plus en plus nombreux hier vers les bureaux de vote, ouverts à 6h, et dans toute la capitale d’immenses files d’attentes s’étiraient encore hier en fin d’après-midi devant les écoles, gardées par l’armée.
Hier, à trois heures du matin, toute la capitale avait été réveillée au son du clairon et par des feux d’artifice. Les militants des deux camps avaient, à cet égard, lancé de nombreux appels à leurs sympathisants pour venir voter dès l’ouverture des 16 662 bureaux de vote.
Les électeurs vénézuéliens doivent répondre «oui» ou «non», en appuyant sur un bouton d’un appareil qui comptabilisera automatiquement le vote, pour savoir s’il sont d’accord pour révoquer le mandat de président de Hugo Chavez.
Le mandat du président Chavez sera révoqué si «un nombre égal ou supérieur d’électeurs» au nombre de ceux qui l’avaient élu (en 2000, environ 3,76 millions de personnes) le demande, si la participation dépasse les 25% et si, bien sûr, le nombre des personnes en faveur de son maintien au pouvoir n’est pas supérieur au nombre de celles voulant qu’il parte.
L’ancien président américain Jimmy Carter a une nouvelle fois demandé solennellement à l’opposition comme au gouvernement de «ne faire aucune annonce anticipée» des résultats du référendum avant la proclamation officielle.
Les sondages et les estimations à la sortie des urnes sont interdits et seule la commission électorale annoncera les résultats.
Ce référendum au Venezuela, cinquième exportateur mondial de pétrole, inquiète considérablement les milieux pétroliers, déjà très affectés par la hausse des cours du brut (plus de 46 dollars le baril), et notamment les États-Unis qui importent 1,54 million de barils par jour de pétrole vénézuélien.
Le président Chavez a régulièrement assuré que sa victoire était «la seule garantie de la livraison aux Etats-Unis et aux autres marchés» et averti qu’au cas où il perdrait le référendum, le prix du baril de brut pourrait s’envoler jusqu’à atteindre 100 dollars.
Hugo Chavez et ses opposants s’accusent mutuellement de bafouer les règles de la démocratie. Le charismatique président, élu en 1998 sur un programme de lutte contre la corruption et la pauvreté et réélu en 2000, est accusé d’accentuer les divisions sociales et de vouloir imposer, sous couvert de «révolution bolivarienne», une dictature à la Fidel Castro, son ami et fidèle soutien.
Revigoré par la campagne contre lui, l’ancien parachutiste et ancien putschiste de 50 ans a mis en avant sa lutte pour améliorer la situation des plus pauvres, ses plus fidèles partisans. Si Hugo Chavez est révoqué, une nouvelle élection sera organisée dans les trente jours. Dans cette éventualité, le président a déjà annoncé qu’il se représenterait.
Sans attendre le résultat du référendum d’hier, de nombreuses personnalités, comme le pape ou le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, ont salué le scrutin comme une victoire de la démocratie.
Avec l'AP
«On nous signale que dans tout le pays, il y a une présence importante d’électeurs vénézuéliens, c’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’étendre la durée du vote jusqu’à minuit», a déclaré lors d’une conférence de presse l’un des dirigeants du Comité national électoral (CNE), Jorge Rodriguez.
«Nous avons connu aujourd’hui le plus haut niveau de participation qu’ait jamais connu ce pays», a déclaré à la presse le chef de l’opposition Enrique Mendoza.
«Nous voulons voter! Nous voulons voter!», criaient à l’unisson des centaines de Vénézuéliens qui avaient passé hier soir plus de dix heures dans une file d’attente à Caracas.
De nombreux habitants de la capitale soulignent qu’ils n’ont jamais connu une telle affluence dans les bureaux de vote.
Au cours d’un incident grave, apparemment isolé, une personne a été tuée et dix autres blessées à l’est de Caracas par des hommes en moto qui ont ouvert le feu sur une file d’électeurs.
Le scrutin s’est déroulé à un rythme extrêmement lent. Craignant que le vote ne puisse se terminer dans les délais prévus et que la population ne s’impatiente, le CNE a repoussé une première fois à 20h locales la fermeture des bureaux de vote puis annoncé que les bureaux fermeraient à minuit.
Les quelque quatorze millions d’électeurs vénézuéliens, très mobilisés, affluaient de plus en plus nombreux hier vers les bureaux de vote, ouverts à 6h, et dans toute la capitale d’immenses files d’attentes s’étiraient encore hier en fin d’après-midi devant les écoles, gardées par l’armée.
Hier, à trois heures du matin, toute la capitale avait été réveillée au son du clairon et par des feux d’artifice. Les militants des deux camps avaient, à cet égard, lancé de nombreux appels à leurs sympathisants pour venir voter dès l’ouverture des 16 662 bureaux de vote.
Les électeurs vénézuéliens doivent répondre «oui» ou «non», en appuyant sur un bouton d’un appareil qui comptabilisera automatiquement le vote, pour savoir s’il sont d’accord pour révoquer le mandat de président de Hugo Chavez.
Le mandat du président Chavez sera révoqué si «un nombre égal ou supérieur d’électeurs» au nombre de ceux qui l’avaient élu (en 2000, environ 3,76 millions de personnes) le demande, si la participation dépasse les 25% et si, bien sûr, le nombre des personnes en faveur de son maintien au pouvoir n’est pas supérieur au nombre de celles voulant qu’il parte.
L’ancien président américain Jimmy Carter a une nouvelle fois demandé solennellement à l’opposition comme au gouvernement de «ne faire aucune annonce anticipée» des résultats du référendum avant la proclamation officielle.
Les sondages et les estimations à la sortie des urnes sont interdits et seule la commission électorale annoncera les résultats.
Ce référendum au Venezuela, cinquième exportateur mondial de pétrole, inquiète considérablement les milieux pétroliers, déjà très affectés par la hausse des cours du brut (plus de 46 dollars le baril), et notamment les États-Unis qui importent 1,54 million de barils par jour de pétrole vénézuélien.
Le président Chavez a régulièrement assuré que sa victoire était «la seule garantie de la livraison aux Etats-Unis et aux autres marchés» et averti qu’au cas où il perdrait le référendum, le prix du baril de brut pourrait s’envoler jusqu’à atteindre 100 dollars.
Hugo Chavez et ses opposants s’accusent mutuellement de bafouer les règles de la démocratie. Le charismatique président, élu en 1998 sur un programme de lutte contre la corruption et la pauvreté et réélu en 2000, est accusé d’accentuer les divisions sociales et de vouloir imposer, sous couvert de «révolution bolivarienne», une dictature à la Fidel Castro, son ami et fidèle soutien.
Revigoré par la campagne contre lui, l’ancien parachutiste et ancien putschiste de 50 ans a mis en avant sa lutte pour améliorer la situation des plus pauvres, ses plus fidèles partisans. Si Hugo Chavez est révoqué, une nouvelle élection sera organisée dans les trente jours. Dans cette éventualité, le président a déjà annoncé qu’il se représenterait.
Sans attendre le résultat du référendum d’hier, de nombreuses personnalités, comme le pape ou le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, ont salué le scrutin comme une victoire de la démocratie.
Avec l'AP
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