Overbass - Préambule hardcore
Bernard Lamarche
25 juillet 2002
Ça recommence. Peut-être pas comme en 40, mais très certainement jusque dans les années 70, celles du rock'n'roll. Un effort concerté et louable a visiblement été fait cette année afin de faire mousser ce qu'il est convenu d'appeler la scène locale. Parmi ces groupes, Overbass, qui ouvre le bal ce soir, façon hardcore.
Peut-être en réaction aux critiques de l'an dernier, qui déploraient l'absence de musiques plus musclées, les Francos de Montréal prennent un virage plus rock cette année. Il y a bien les scènes qui vont faire danser ou celle qui tient compte de l'engouement pour la musique dite trad, mais règle générale, le rock, sous toutes ses déclinaisons, prend le plancher.
Les FrancoFolies ont beau adopter une image funky, avec des couleurs resurgies des années yé-yé, des pastilles et des bulles partout, elles ont beau proposer un tour du monde francophone en 150 et quelques spectacles, elles seront résolument rock cette année. WD-40, en country-rock, viendra défendre son très bien nommé Fantastik Strapagosse, son dernier opus. Raid, côté funk-métal, se fera entendre au grand jour. Guérilla, lui, vociférera sa verve toute politique. Et les Mononc' Serge avec son rock irrévérencieux et multiforme ou les très punk Ordures Ioniques se joindront aux Volume 10, Galaxie 500 et autres Le Nombre pour faire s'agiter le rock toutes griffes dehors.
En avant les guitares, donc? Pas exactement. Depuis dix ans, les Montréalais d'Overbass donnent en quelque sorte la réplique aux Vancouvérois de No Means No dans la mesure où, chez eux, les guitares n'existent pas. Overbass n'a que faire de six cordes: il en préfère huit, comme dans «deux fois quatre». Overbass, en plus de l'énergie torride et des séances de défoulement collectif que le groupe orchestre à chaque présence, est bien connu dans la faune des amateurs de rock alternatif pour utiliser deux basses afin de donner vie à sa mouture hardcore, forte en secousses rythmiques.
Overbass a été occupé ces derniers mois, d'autant plus que trois de ses membres sont partis l'an dernier. Avec quatre éditions des FrancoFolies derrière lui — on se souvient de la première partie d'Overbass pour le Basque Fermin Muguruza et Sergent Garcia en 2000 —, le groupe vient de lancer son quatrième album, de loin le plus abouti, intitulé Revolución. Aussi, deux de ses membres, Shantal et Joël Tremblay (ex-Capitalist Alienation), ont produit le premier disque de Colectivo, un groupe tout-étoiles de rock latin et dont ils sont membres.
Signe de la popularité de la formation chez notre belle jeunesse, plus de 5000 unités de son précédent album, Libertad, ont été écoulées. Le nouvel opus a quant à lui profité de l'apport de Muguruza à la réalisation, une collaboration du leader des défuntes formations Negu Gorriak ou Kortatu, qui procure un son solide et singulier, souvent absent de la production des galettes locales.
Interrogés sur l'importance de participer aux FrancoFolies, Arroyo et Tremblay demeurent bien terre à terre. La consécration? «Oui, dans le sens où jouer au Spectrum, c'est une consécration. Quand on va jouer en région et que nos parents nous voient là-bas, puisque c'est une salle connue, ils ont pour idée que notre carrière se porte bien», explique Arroyo.
«Quand tu joues aux FrancoFolies, t'as une couverture inhabituelle», enchaîne Tremblay. Mais rien n'est gagné. «On fait notre pub nous-mêmes. On ne peut pas s'asseoir»: 6000 prospectus couleurs ont été distribués, des affiches placardées dans la ville. «Le gros problème, c'est que les bands pensent que de faire les Francos ou les Foufs fait qu'ils n'ont plus besoin de pousser plus qu'il faut», relance Arroyo, qui travaille aussi comme directrice artistique aux Foufounes Électriques. «Faut faire attention quand tu joues dans un cadre comme ça, parce qu'il faut que tu prouves que tu peux remplir une salle comme le Spectrum. Il n'y a rien d'acquis.»
Malheureusement, le petit marché du Québec et le relatif manque de couverture médiatique hors des grands centres forcent les groupes underground à s'accrocher au fameux do-it-yourself. «Il faut que tu composes tes tounes, que tu les enregistres, qu'à la limite tu les mixes toi-même. Puis, tu t'occupes de tes posters, tu les poses toi-même. Les bands trouvent ça dur.» Pour boucler son Revolución, Overbass a eu toutes les misères du monde à trouver quelqu'un qui allait mixer les morceaux. On a finalement déniché Dominik Paré, un Québécois exilé à New York, qui a su faire respirer le son d'Overbass comme jamais, preuve que le groupe passe à d'autres échelons, avec des sons de basse bien distincts, un jeu de claviers plus constant, plus d'espace en général et des bidouillages profitables.
Le hardcore d'Overbass a toujours eu son public. Or le groupe a contribué à sa réputation à force de tourner en province: «On a appris à être nos propres têtes d'affiche.» Les premières parties payantes ne sont jamais venues. Et aujourd'hui, même lorsque des groupes comme Sick Of It All, des vétérans punkeux venus des States, passent par Montréal, «ça sert à rien de jouer avec eux, parce qu'on remplit mieux les salles à Montréal», souligne Tremblay.
Donc, la diversification des publics est le mot d'ordre pour le groupe, qui rappelle que lorsque Groovy Aardvark avait ouvert pour les Rita Mitsouko au Forum de Montréal, ses ventes de disques avaient grimpé radicalement par la suite. C'est pour cette raison que la route attend encore le band, avec WD-40 et les rappeurs que sont Yvon Krevé et O1Étranjj. «Je suis sûr que plusieurs personnes vont profiter des FrancoFolies pour venir voir Overbass pour la première fois. C'est sûr que ça va être plein de monde qui ne courrait pas normalement pour nous voir, estime Tremblay. Souvent, dans nos shows, les jeunes ont 12 ou 13 ans. Quand leurs parents savent qu'on a joué aux FrancoFolies, ça nous donne de la crédibilité.» Aussi, «pour sortir de son milieu», Overbass a joué au Mexique, où, à en croire les deux musiciens, il a fait un tabac. Il remet ça ce soir, au Spectrum à 23h, avec une foule d'amis.
Peut-être en réaction aux critiques de l'an dernier, qui déploraient l'absence de musiques plus musclées, les Francos de Montréal prennent un virage plus rock cette année. Il y a bien les scènes qui vont faire danser ou celle qui tient compte de l'engouement pour la musique dite trad, mais règle générale, le rock, sous toutes ses déclinaisons, prend le plancher.
Les FrancoFolies ont beau adopter une image funky, avec des couleurs resurgies des années yé-yé, des pastilles et des bulles partout, elles ont beau proposer un tour du monde francophone en 150 et quelques spectacles, elles seront résolument rock cette année. WD-40, en country-rock, viendra défendre son très bien nommé Fantastik Strapagosse, son dernier opus. Raid, côté funk-métal, se fera entendre au grand jour. Guérilla, lui, vociférera sa verve toute politique. Et les Mononc' Serge avec son rock irrévérencieux et multiforme ou les très punk Ordures Ioniques se joindront aux Volume 10, Galaxie 500 et autres Le Nombre pour faire s'agiter le rock toutes griffes dehors.
En avant les guitares, donc? Pas exactement. Depuis dix ans, les Montréalais d'Overbass donnent en quelque sorte la réplique aux Vancouvérois de No Means No dans la mesure où, chez eux, les guitares n'existent pas. Overbass n'a que faire de six cordes: il en préfère huit, comme dans «deux fois quatre». Overbass, en plus de l'énergie torride et des séances de défoulement collectif que le groupe orchestre à chaque présence, est bien connu dans la faune des amateurs de rock alternatif pour utiliser deux basses afin de donner vie à sa mouture hardcore, forte en secousses rythmiques.
Overbass a été occupé ces derniers mois, d'autant plus que trois de ses membres sont partis l'an dernier. Avec quatre éditions des FrancoFolies derrière lui — on se souvient de la première partie d'Overbass pour le Basque Fermin Muguruza et Sergent Garcia en 2000 —, le groupe vient de lancer son quatrième album, de loin le plus abouti, intitulé Revolución. Aussi, deux de ses membres, Shantal et Joël Tremblay (ex-Capitalist Alienation), ont produit le premier disque de Colectivo, un groupe tout-étoiles de rock latin et dont ils sont membres.
Signe de la popularité de la formation chez notre belle jeunesse, plus de 5000 unités de son précédent album, Libertad, ont été écoulées. Le nouvel opus a quant à lui profité de l'apport de Muguruza à la réalisation, une collaboration du leader des défuntes formations Negu Gorriak ou Kortatu, qui procure un son solide et singulier, souvent absent de la production des galettes locales.
Interrogés sur l'importance de participer aux FrancoFolies, Arroyo et Tremblay demeurent bien terre à terre. La consécration? «Oui, dans le sens où jouer au Spectrum, c'est une consécration. Quand on va jouer en région et que nos parents nous voient là-bas, puisque c'est une salle connue, ils ont pour idée que notre carrière se porte bien», explique Arroyo.
«Quand tu joues aux FrancoFolies, t'as une couverture inhabituelle», enchaîne Tremblay. Mais rien n'est gagné. «On fait notre pub nous-mêmes. On ne peut pas s'asseoir»: 6000 prospectus couleurs ont été distribués, des affiches placardées dans la ville. «Le gros problème, c'est que les bands pensent que de faire les Francos ou les Foufs fait qu'ils n'ont plus besoin de pousser plus qu'il faut», relance Arroyo, qui travaille aussi comme directrice artistique aux Foufounes Électriques. «Faut faire attention quand tu joues dans un cadre comme ça, parce qu'il faut que tu prouves que tu peux remplir une salle comme le Spectrum. Il n'y a rien d'acquis.»
Malheureusement, le petit marché du Québec et le relatif manque de couverture médiatique hors des grands centres forcent les groupes underground à s'accrocher au fameux do-it-yourself. «Il faut que tu composes tes tounes, que tu les enregistres, qu'à la limite tu les mixes toi-même. Puis, tu t'occupes de tes posters, tu les poses toi-même. Les bands trouvent ça dur.» Pour boucler son Revolución, Overbass a eu toutes les misères du monde à trouver quelqu'un qui allait mixer les morceaux. On a finalement déniché Dominik Paré, un Québécois exilé à New York, qui a su faire respirer le son d'Overbass comme jamais, preuve que le groupe passe à d'autres échelons, avec des sons de basse bien distincts, un jeu de claviers plus constant, plus d'espace en général et des bidouillages profitables.
Le hardcore d'Overbass a toujours eu son public. Or le groupe a contribué à sa réputation à force de tourner en province: «On a appris à être nos propres têtes d'affiche.» Les premières parties payantes ne sont jamais venues. Et aujourd'hui, même lorsque des groupes comme Sick Of It All, des vétérans punkeux venus des States, passent par Montréal, «ça sert à rien de jouer avec eux, parce qu'on remplit mieux les salles à Montréal», souligne Tremblay.
Donc, la diversification des publics est le mot d'ordre pour le groupe, qui rappelle que lorsque Groovy Aardvark avait ouvert pour les Rita Mitsouko au Forum de Montréal, ses ventes de disques avaient grimpé radicalement par la suite. C'est pour cette raison que la route attend encore le band, avec WD-40 et les rappeurs que sont Yvon Krevé et O1Étranjj. «Je suis sûr que plusieurs personnes vont profiter des FrancoFolies pour venir voir Overbass pour la première fois. C'est sûr que ça va être plein de monde qui ne courrait pas normalement pour nous voir, estime Tremblay. Souvent, dans nos shows, les jeunes ont 12 ou 13 ans. Quand leurs parents savent qu'on a joué aux FrancoFolies, ça nous donne de la crédibilité.» Aussi, «pour sortir de son milieu», Overbass a joué au Mexique, où, à en croire les deux musiciens, il a fait un tabac. Il remet ça ce soir, au Spectrum à 23h, avec une foule d'amis.
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