Jean-Paul II, marche par marche
Le pape modifie le scénario de son arrivée à Toronto
François Cardinal
24 juillet 2002
Toronto — Au sommet des édifices, les tireurs d'élite. Avec les dignitaires, les policiers. Parmi les journalistes, des agents secrets. La descente d'avion du souverain pontife s'est faite sous haute surveillance, hier, à l'aéroport international Pearson. Une descente d'avion qui en a surpris plusieurs. Les larmes aux yeux, les personnes présentes ont en effet regardé Jean-Paul II tourner le dos à l'élévateur mécanique prévu pour lui afin d'emprunter, marche par marche, l'escalier de coupée lui permettant d'atteindre le tarmac.
À 82 ans, le dos voûté, tremblant en raison de la maladie de Parkinson qui l'affecte, ce frêle vieillard souffre, visiblement. Mais il n'en a pas moins affiché une relative bonne forme, hier, surprenant tout le monde en décidant à la dernière minute de changer de nombreuses lignes du scénario de son arrivée à Toronto.
Il y a eu d'abord sa descente d'avion, puis la montée sur scène, après son discours, d'une vingtaine de jeunes participants qui ont ainsi pu, fébrilement, lui baiser la main, à tour de rôle. Rien de cela n'était prévu. Il y a eu enfin son départ en hélicoptère où, déjouant l'organisation réglée au quart de tour, il a demandé au pilote de dévier de la trajectoire prévue afin de survoler la grande région de Toronto. Pour le plaisir.
Malgré cet entrain, Karol Wojtyla, doit-on le préciser, n'a pas pour autant baisé la terre qui l'accueille, comme il le faisait avant que la maladie et la vieillesse le rattrapent.
Tenant mordicus à voyager en dépit d'une santé qui décline inexorablement, et tenant encore plus à être de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ), Jean-Paul II est arrivé au Canada après un voyage de dix heures, hier peu après 13h, où l'attendaient plusieurs centaines de dignitaires, dont le premier ministre Jean Chrétien et le cardinal Jean-Claude Turcotte.
Rejoignant ces derniers à l'aide de la «pape-poussette», un marche-pied équipé de roues et de garde-fous, le Saint-Père a prononcé un bref discours où il a vanté les mérites du pays hôte de la XVIIe JMJ.
«Le noyau de votre héritage, a-t-il lancé aux Canadiens, c'est la conception spirituelle et transcendante de la vie, fondée sur la révélation chrétienne, qui a donné une impulsion vitale à votre développement comme société libre, démocratique et solidaire, reconnue dans le monde entier comme un chantre des droits de la personne humaine et de sa dignité.»
Jean-Paul II, qui n'avait pas mis les pieds à Toronto depuis 1984, année de son périple à travers le pays, restera dix jours en Ontario, dont six comme simple touriste. Cela marquera une première puisque jamais le souverain pontife n'avait pris de vacances à l'extérieur de l'Italie, selon le Saint-Siège.
Ainsi, une soixantaine de minutes après sa descente d'avion, le pape montait dans un hélicoptère qui, après avoir survolé la région, le transportait à Strawberry Island, là où il se reposera en attente de ses trois apparitions publiques — la première aura lieu demain, alors que les deux autres auront lieu vendredi et dimanche.
L'île en question est un bout de terre paradisiaque de quelque 45 acres qui semble flotter au milieu du lac Simcoe, lequel est situé à plus ou moins 100 km au nord de Toronto. C'est au frère Thomas Rosica, directeur national de la JMJ, que l'on doit ce choix. Au Vatican, on avait tout simplement demandé un endroit paisible à courte distance de la Ville reine. C'est pourquoi les organisateurs ont choisi cette île ayant la forme d'une fraise — d'où son nom —, sur laquelle trône une maison de retraite appartenant à la congrégation de Saint-Basile.
Avec les vagues et les chants d'oiseaux en fond sonore, le souverain pontife profitera d'un temps d'arrêt. Prier, lire et manger seront les principales activités de ce bourreau de travail qui souffre aussi d'arthrose au genou et aux hanches.
«Ce seront trois jours de paix et de repos, selon Mgr Renato Bocardo, organisateur au Vatican des voyages papaux. Un si long déplacement en avion ainsi que le décalage horaire affecteraient n'importe qui. Par conséquent, ces quelques jours permettront au Saint-Père et à ceux qui l'accompagnent d'être en pleine forme lors des rencontres avec les jeunes. Ce seront les seuls jours de vacances que s'accordera le pape au cours de l'été 2002.»
Mais repos ne signifie pas nécessairement inactivité. Dès son arrivée, hier après-midi, le souverain pontife s'est permis un petit tour de voiturette de golf sur les sentiers qui sillonnent l'île. D'ici à samedi, il compte également faire un tour de bateau autour de l'île.
Heureusement, bien que le pape soit actuellement dans un endroit très boisé, aucun moustique ne le dérangera. Une entreprise de Toronto a gracieusement mis à la disposition de Jean-Paul II deux «machines anti-bibittes» qui, selon les estimations, peuvent chacune tuer jusqu'à 500 000 insectes en quelques jours. De plus, quatre engins portatifs pourront être installés autour du pontife afin que les maringouins ne puissent s'en approcher...
À 82 ans, le dos voûté, tremblant en raison de la maladie de Parkinson qui l'affecte, ce frêle vieillard souffre, visiblement. Mais il n'en a pas moins affiché une relative bonne forme, hier, surprenant tout le monde en décidant à la dernière minute de changer de nombreuses lignes du scénario de son arrivée à Toronto.
Il y a eu d'abord sa descente d'avion, puis la montée sur scène, après son discours, d'une vingtaine de jeunes participants qui ont ainsi pu, fébrilement, lui baiser la main, à tour de rôle. Rien de cela n'était prévu. Il y a eu enfin son départ en hélicoptère où, déjouant l'organisation réglée au quart de tour, il a demandé au pilote de dévier de la trajectoire prévue afin de survoler la grande région de Toronto. Pour le plaisir.
Malgré cet entrain, Karol Wojtyla, doit-on le préciser, n'a pas pour autant baisé la terre qui l'accueille, comme il le faisait avant que la maladie et la vieillesse le rattrapent.
Tenant mordicus à voyager en dépit d'une santé qui décline inexorablement, et tenant encore plus à être de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ), Jean-Paul II est arrivé au Canada après un voyage de dix heures, hier peu après 13h, où l'attendaient plusieurs centaines de dignitaires, dont le premier ministre Jean Chrétien et le cardinal Jean-Claude Turcotte.
Rejoignant ces derniers à l'aide de la «pape-poussette», un marche-pied équipé de roues et de garde-fous, le Saint-Père a prononcé un bref discours où il a vanté les mérites du pays hôte de la XVIIe JMJ.
«Le noyau de votre héritage, a-t-il lancé aux Canadiens, c'est la conception spirituelle et transcendante de la vie, fondée sur la révélation chrétienne, qui a donné une impulsion vitale à votre développement comme société libre, démocratique et solidaire, reconnue dans le monde entier comme un chantre des droits de la personne humaine et de sa dignité.»
Jean-Paul II, qui n'avait pas mis les pieds à Toronto depuis 1984, année de son périple à travers le pays, restera dix jours en Ontario, dont six comme simple touriste. Cela marquera une première puisque jamais le souverain pontife n'avait pris de vacances à l'extérieur de l'Italie, selon le Saint-Siège.
Ainsi, une soixantaine de minutes après sa descente d'avion, le pape montait dans un hélicoptère qui, après avoir survolé la région, le transportait à Strawberry Island, là où il se reposera en attente de ses trois apparitions publiques — la première aura lieu demain, alors que les deux autres auront lieu vendredi et dimanche.
L'île en question est un bout de terre paradisiaque de quelque 45 acres qui semble flotter au milieu du lac Simcoe, lequel est situé à plus ou moins 100 km au nord de Toronto. C'est au frère Thomas Rosica, directeur national de la JMJ, que l'on doit ce choix. Au Vatican, on avait tout simplement demandé un endroit paisible à courte distance de la Ville reine. C'est pourquoi les organisateurs ont choisi cette île ayant la forme d'une fraise — d'où son nom —, sur laquelle trône une maison de retraite appartenant à la congrégation de Saint-Basile.
Avec les vagues et les chants d'oiseaux en fond sonore, le souverain pontife profitera d'un temps d'arrêt. Prier, lire et manger seront les principales activités de ce bourreau de travail qui souffre aussi d'arthrose au genou et aux hanches.
«Ce seront trois jours de paix et de repos, selon Mgr Renato Bocardo, organisateur au Vatican des voyages papaux. Un si long déplacement en avion ainsi que le décalage horaire affecteraient n'importe qui. Par conséquent, ces quelques jours permettront au Saint-Père et à ceux qui l'accompagnent d'être en pleine forme lors des rencontres avec les jeunes. Ce seront les seuls jours de vacances que s'accordera le pape au cours de l'été 2002.»
Mais repos ne signifie pas nécessairement inactivité. Dès son arrivée, hier après-midi, le souverain pontife s'est permis un petit tour de voiturette de golf sur les sentiers qui sillonnent l'île. D'ici à samedi, il compte également faire un tour de bateau autour de l'île.
Heureusement, bien que le pape soit actuellement dans un endroit très boisé, aucun moustique ne le dérangera. Une entreprise de Toronto a gracieusement mis à la disposition de Jean-Paul II deux «machines anti-bibittes» qui, selon les estimations, peuvent chacune tuer jusqu'à 500 000 insectes en quelques jours. De plus, quatre engins portatifs pourront être installés autour du pontife afin que les maringouins ne puissent s'en approcher...
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