mardi 24 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h09


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le Suroît: Québec reporte sa décision

Robert Dutrisac   6 juillet 2004 
Québec — Le gouvernement Charest suspend sa décision de construire la centrale thermique du Suroît même si la Régie de l'énergie, dans son avis rendu public hier, juge souhaitable la réalisation de ce projet.

Le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, et le ministre délégué à la Forêt, à la Faune et aux Parcs, Pierre Corbeil, ont annoncé hier la décision du gouvernement de surseoir au projet jusqu'à ce qu'une commission parlementaire se penche cet automne sur la sécurité énergétique du Québec. Le conseil des ministres a pris cette décision lors de sa réunion de mercredi dernier, le jour même où le gouvernement a reçu l'avis de la Régie de l'énergie sur la sécurité énergétique des Québécois et la contribution du projet du Suroît.

Dans son avis de 150 pages, la Régie conclut que la construction de cette centrale thermique de 800 MW «n'est pas indispensable» à la sécurité énergétique du Québec, comme le soutenait Hydro-Québec et le gouvernement. En revanche, elle juge «souhaitable» la réalisation de ce projet «dans la situation actuelle de précarité et surtout de dépendance envers les importations». Cette centrale fournit «une marge de manoeuvre qui est dans l'intérêt public», ce que l'organisme appelle un «coussin sécurisant».

«Cette nuance majeure appelle d'abord une réflexion plus poussée», a fait valoir M. Corbeil, laquelle se fera en commission parlementaire alors que les élus pourront «se prononcer sur toutes les options en présence [comme la filière éolienne et l'efficacité énergétique] afin d'assurer la sécurité énergétique du Québec».

«Dans le rapport de la Régie, il y a des drapeaux rouges partout. Ils nous disent de faire très attention», a dit M. Mulcair. Au cours d'un «briefing» technique, le vice-président de la Régie, Normand Bergeron, a qualifié d'«inquiétant» l'apport hydrique plus faible que la moyenne dans les barrages d'Hydro-Québec depuis 20 ans.

Le projet du Suroît, «c'est une police d'assurance dont on ne sait s'il faut la signer», a dit M. Corbeil. Mais entre deux incertitudes, le gouvernement «préférera courir le risque de disposer d'un surplus énergétique plutôt que de voir les Québécois subir un déficit ou, pire, une pénurie d'énergie», a-t-il ajouté. M. Corbeil a confirmé que la centrale du Suroît ne pourra pas être en service pour l'hiver 2007-2008, comme le souhaitait Hydro-Québec, mais un an plus tard si le gouvernement donne son aval au projet à la fin de 2004 ou au début de l'an prochain.

Les impacts sur l'environnement de la centrale du Suroît peuvent être grandement atténués, écrit la Régie, surtout si elle permet de n'utiliser la centrale au mazout de Tracy que 300 heures par année en période de pointe. La centrale pourrait même permettre au Québec d'obtenir des crédits pour l'atteinte des objectifs de Kyoto parce ses émissions de gaz à effet de serre sont nettement inférieures à la moyenne des centrales thermiques au Canada, a fait valoir la Régie, ce qu'elle désigne comme «le paradoxe du Suroît».

Dans son avis, la Régie de l'énergie recommande l'autorisation immédiate du projet de centrale de cogénération de TransCanada Energy à Bécancour, ce que le gouvernement a annoncé hier. En outre, elle demande à Hydro-Québec de lancer le plus tôt possible un appel d'offres pour des projets de cogénération totalisant 800 MW.

Le gouvernement commande à Hydro-Québec d'acquérir dans les meilleurs délais 1000 MW d'énergie éolienne, ce qui s'ajoute aux 1000 MW que la société d'État s'est engagée à acheter d'ici 2010. La Régie a recommandé qu'une étude soit réalisée pour évaluer la contribution de parcs d'éoliennes fournissant de 2000 à 3000 MW, et la mise sur pied d'un groupe de travail formé d'experts d'Hydro-Québec et de la firme Hélimax visant l'atteinte de cet objectif.

Au chapitre de l'efficacité énergétique, la Régie revient sur une décision antérieure et recommande qu'Hydro-Québec augmente de 1,46 à 2,1 TWh son objectif d'économies d'énergie pour 2010. Le gouvernement va un peu plus loin: il a porté cette cible hier à 2,4 TWh.

La Régie n'est pas tendre à l'endroit d'Hydro-Québec: elle souligne que la société d'État vit «une crise de confiance». Constatant que le marché voulu par le législateur n'existait pas et qu'il favorisait l'énergie thermique au détriment des autres filières, l'organisme en appelle à «un débat structuré quant au choix des filières».

Par voie de communiqué, Hydro-Québec s'est engagée à respecter les orientations annoncées hier par le gouvernement. Elle lance donc un appel d'offres pour 800 MW de cogénération et pour 1000 MW supplémentaires d'énergie éolienne. La société d'État constate qu'elle ne pourra pas compter sur la centrale du Suroît en décembre 2007. Enfin, Hydro-Québec dévoilera d'ici quelques semaines les mesures qu'elle entend prendre pour atteindre le nouvel objectif de 2,4 TWh en matière d'efficacité énergétique.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Jean Santerre
    Inscrit
    mardi 6 juillet 2004 15h17
    La fuite en avant
    « Depuis le temps que les gouvernements impute aux individus la plus grande responsabilité pour l'amélioration environnementale, en les enjoignant de limité et d'organisé tous les aspects de leur vie du transport, au confort en passant par leur choix de consommation de façons à limiter leur impact sur l'environnement, comment peut-on qualifier leur stratégie de rentabilité à court terme pour des enjeux aussi fondamentaux que les façons de produire et d'utiliser l'électricité ou ils ne gouvernent qu'au gré du vent de leur popularité éphémère. Gouverner demande bien davantage que de suivre les sentiers battus. La population demande le gouvernement qu'elle mérite en s'étant élevé contre le formalisme aveugle de leur dirigeant qui ne comprennent pas que ce qui forme une économie forte et prospère repose sur le respect des gens qui l'opère.
    Quelle-est donc cette logique imbécile qui dit que l'on peut gaspiller quoi que ce soit puisqu'il s'agit d'un bien si économique ?
    La fuite en avant bien sur. Pendant ce temp dans chaque poste de distribution d'Hydro-Québec l'éclairage fonctionne 24 heures sur 24 heures, qu'en est-t-il des évacuateurs,pompes, thermo pompe et toutes autre chose qui fonctionne alors qu'il n'y a plus personne à bord. Quelle importance cela coûte si peur cher de gaspiller et c'est si plaisant, d'ailleur certain vous le dirait, ne rendent il pas sevice à la communaité puisqu'il crée de la demande et permettent à d'autre gens brilliant de construire d'autre site de production, et ainsi de suite. Fantastique cette façons de découper l'économie en bilan spécifique, cela évite de voir ce que tout le monde sait. Nous gaspillons parce que nous avons édifier le gaspillage en indice de notre niveau de vie élevé. Heureusement la majorité d'entre nous semble contester cette arithmétique applique par nos représentant. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
1 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009