Le géant WorldCom se déclare en faillite
New York — Le géant américain des télécommunications WorldCom va se placer sous la protection du «chapitre 11» de la Loi américaine sur les faillites au tribunal de commerce de Manhattan, a annoncé hier soir son p.-d.g. John Sidgmore.
«La première priorité est de stabiliser financièrement la compagnie, a-t-il déclaré. Nous ne pensons pas que cette décision aura un impact significatif sur nos employés et nos vendeurs et nous devrions avoir suffisamment de liquidités pour y parvenir.»
Le fournisseur d'accès à Internet et de services informatiques et téléphoniques a révélé le mois dernier avoir occulté près de quatre milliards $ US de dépenses afin de sembler dans une situation plus favorable. Depuis lors, en plein scandale, la faillite semblait inévitable.
Avec plus de 100 milliards $ US d'actifs déclarés, la banqueroute de WorldCom serait ainsi près de deux fois plus importante que celle d'Enron, le groupe de courtage en énergie jusqu'ici détenteur, avec le scandale de l'automne dernier, du triste record de la faillite la plus considérable de l'histoire américaine.
WorldCom, qui a 30 milliards $ US de dettes, a désespérément tenté d'obtenir trois milliards $ US de financement. Le groupe avait tenté de calmer ses créanciers en proposant de s'engager à ne vendre aucune de ses filiales pour les 80 jours à venir.
Au cours d'une audience à New York mercredi dernier, WorldCom avait annoncé au juge Jed S. Rakoff l'obtention d'un accord avec ses principaux créanciers, qui viserait à stopper un procès que veulent lui intenter 25 banques pour récupérer 2,5 milliards $ US de prêts.
Le secteur des télécommunications américain s'attend à une difficile semaine avec la faillite de WorldCom. L'industrie pouvait très bien s'en passer. Avec des revenus en chute libre, des clients en fuite et un marché des interurbains à la baisse, la déconfiture de WorldCom risque d'aggraver la situation.
Maintenant, plus personne, que ce soient les concurrents, les fournisseurs ou encore les employés de WorldCom, ne sont à l'abri de retombées négatives.
«On ne parle plus d'une vaguelette dans un étang. C'est un raz-de-marée provoqué par la chute d'un gros rocher», affirme Jeff Kagan, un analyste privé de l'industrie des télécommunications installé à Atlanta.
Pour les fournisseurs et les créanciers, la crainte, c'est qu'un juge de faillite efface la dette de WorldCom. Quant aux concurrents, ils vont écoper avec la fuite des investisseurs, échaudés par le marché des télécommunications.
Les 63 000 employés de la société risquent pour leur part de se retrouver sans emploi.
«Tout le monde perd, soutient Scott Cleland, p.-d.g. de Precursor Group, une firme de recherche en télécommunications. C'est comme un virus qui affecte tout le monde. Les fournisseurs perdent. Les gens qui faisaient affaire avec la société perdent et une bonne partie de la lourde dette sera absorbée par le marché.»
Dans toute cette affaire, les clients des services téléphoniques de WorldCom seront les seuls à ne pas ressentir cette immense faillite. Selon les autorités, même dans cette éventualité, les services seront maintenus tant et aussi longtemps que la société n'aura pas été remise sur pied ou vendue.
«Je ne crois pas que les clients vont voir la différence, affirme Carl Howe, recherchiste chez Forrester. À terme, les clients verront une nouvelle marque de commerce sur leur facture».
Pour plusieurs, cependant, le nom WorldCom n'en a plus pour longtemps à vivre.
«C'est maintenant une marque criminelle, comme celle d'Enron, d'expliquer Patrick Comack, un analyste de l'industrie à l'emploi de Guzman & Co. Je ne crois même plus que WorldCom aurait pu survivre, même sans être endettée.»
Il y a pourtant des optimistes qui croient que la faillite de WorldCom aura pour conséquence d'assainir l'industrie des télécommunications.
«On dira peut-être un jour que ce fut un tournant décisif», opine David Willis, un autre analyste de l'industrie chez Meta Group.
Selon lui, la société d'interurbains AT&T pourrait voir sa situation s'améliorer, surtout si les clients d'affaires les plus lucratifs de WorldCom décidaient de changer de compagnie.
«Pour AT&T, ça ne pourrait pas se produire à un meilleur moment», soutient M. Willis.
Par ailleurs, les difficultés de WorldCom la rendent vulnérable à une acquisition par l'une des quatre grandes sociétés de communications qui restent, comme Verizon, avancent certains experts. L'une d'elles pourrait être en assez bonne santé financière pour gober les avoirs de WorldCom, en particulier son service Internet, UUNet, lequel est fort rentable.
Pour certains, la faillite de WorldCom pourrait se solder par une autre vague de fusions, qui aurait pour conséquence de réduire le nombre de joueurs et d'augmenter les revenus de chacun. On pourrait même assister à un retour des entreprises qui dominaient jadis le marché avant la levée des contrôles, c'est-à-dire AT&T et Bell.
«La première priorité est de stabiliser financièrement la compagnie, a-t-il déclaré. Nous ne pensons pas que cette décision aura un impact significatif sur nos employés et nos vendeurs et nous devrions avoir suffisamment de liquidités pour y parvenir.»
Le fournisseur d'accès à Internet et de services informatiques et téléphoniques a révélé le mois dernier avoir occulté près de quatre milliards $ US de dépenses afin de sembler dans une situation plus favorable. Depuis lors, en plein scandale, la faillite semblait inévitable.
Avec plus de 100 milliards $ US d'actifs déclarés, la banqueroute de WorldCom serait ainsi près de deux fois plus importante que celle d'Enron, le groupe de courtage en énergie jusqu'ici détenteur, avec le scandale de l'automne dernier, du triste record de la faillite la plus considérable de l'histoire américaine.
WorldCom, qui a 30 milliards $ US de dettes, a désespérément tenté d'obtenir trois milliards $ US de financement. Le groupe avait tenté de calmer ses créanciers en proposant de s'engager à ne vendre aucune de ses filiales pour les 80 jours à venir.
Au cours d'une audience à New York mercredi dernier, WorldCom avait annoncé au juge Jed S. Rakoff l'obtention d'un accord avec ses principaux créanciers, qui viserait à stopper un procès que veulent lui intenter 25 banques pour récupérer 2,5 milliards $ US de prêts.
Le secteur des télécommunications américain s'attend à une difficile semaine avec la faillite de WorldCom. L'industrie pouvait très bien s'en passer. Avec des revenus en chute libre, des clients en fuite et un marché des interurbains à la baisse, la déconfiture de WorldCom risque d'aggraver la situation.
Maintenant, plus personne, que ce soient les concurrents, les fournisseurs ou encore les employés de WorldCom, ne sont à l'abri de retombées négatives.
«On ne parle plus d'une vaguelette dans un étang. C'est un raz-de-marée provoqué par la chute d'un gros rocher», affirme Jeff Kagan, un analyste privé de l'industrie des télécommunications installé à Atlanta.
Pour les fournisseurs et les créanciers, la crainte, c'est qu'un juge de faillite efface la dette de WorldCom. Quant aux concurrents, ils vont écoper avec la fuite des investisseurs, échaudés par le marché des télécommunications.
Les 63 000 employés de la société risquent pour leur part de se retrouver sans emploi.
«Tout le monde perd, soutient Scott Cleland, p.-d.g. de Precursor Group, une firme de recherche en télécommunications. C'est comme un virus qui affecte tout le monde. Les fournisseurs perdent. Les gens qui faisaient affaire avec la société perdent et une bonne partie de la lourde dette sera absorbée par le marché.»
Dans toute cette affaire, les clients des services téléphoniques de WorldCom seront les seuls à ne pas ressentir cette immense faillite. Selon les autorités, même dans cette éventualité, les services seront maintenus tant et aussi longtemps que la société n'aura pas été remise sur pied ou vendue.
«Je ne crois pas que les clients vont voir la différence, affirme Carl Howe, recherchiste chez Forrester. À terme, les clients verront une nouvelle marque de commerce sur leur facture».
Pour plusieurs, cependant, le nom WorldCom n'en a plus pour longtemps à vivre.
«C'est maintenant une marque criminelle, comme celle d'Enron, d'expliquer Patrick Comack, un analyste de l'industrie à l'emploi de Guzman & Co. Je ne crois même plus que WorldCom aurait pu survivre, même sans être endettée.»
Il y a pourtant des optimistes qui croient que la faillite de WorldCom aura pour conséquence d'assainir l'industrie des télécommunications.
«On dira peut-être un jour que ce fut un tournant décisif», opine David Willis, un autre analyste de l'industrie chez Meta Group.
Selon lui, la société d'interurbains AT&T pourrait voir sa situation s'améliorer, surtout si les clients d'affaires les plus lucratifs de WorldCom décidaient de changer de compagnie.
«Pour AT&T, ça ne pourrait pas se produire à un meilleur moment», soutient M. Willis.
Par ailleurs, les difficultés de WorldCom la rendent vulnérable à une acquisition par l'une des quatre grandes sociétés de communications qui restent, comme Verizon, avancent certains experts. L'une d'elles pourrait être en assez bonne santé financière pour gober les avoirs de WorldCom, en particulier son service Internet, UUNet, lequel est fort rentable.
Pour certains, la faillite de WorldCom pourrait se solder par une autre vague de fusions, qui aurait pour conséquence de réduire le nombre de joueurs et d'augmenter les revenus de chacun. On pourrait même assister à un retour des entreprises qui dominaient jadis le marché avant la levée des contrôles, c'est-à-dire AT&T et Bell.
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