jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 11h00


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Québec, Lévis et Sherbrooke résistent

Tommy Chouinard   21 juin 2004 
Québec — Québec s’en tire presque sain et sauf. Seules deux des douze anciennes villes de banlieue, L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin-de-Desmaures, quittent la grande ville à la suite des référendums d’hier.

Les villes de Lévis et Sherbrooke, quant à elles, demeurent intactes. À L’Ancienne-Lorette, 67 % des citoyens ont opté pour la défusion. Ces 5208 partisans du démembrement représentent 41 % des électeurs inscrits à la liste référendaire, ce qui dépasse le seuil des 35 % nécessaires, une condition à respecter pour que la défusion soit reconnue. À Saint-Augustin-de-Desmaures, le oui a récolté 62,45 % des voix, rassemblant 38 % des électeurs inscrits de cette ancienne ville. Le vote a basculé en faveur du démembrement uniquement après le dépouillement de la toute dernière boîte de scrutin.
Avec le départ de ces anciennes villes de banlieue, la grande ville perd 6,3 % de sa population, c’est-à-dire 32 600 habitants. Chacune de ces deux nouvelles villes ne sera représentée que par un délégué au conseil d’agglomération qui sera bientôt créé.
Les citoyens se sont rendus nombreux aux bureaux de vote dans ces deux villes de banlieue. Le taux de participation a dépassé les 61 %, ce qui est spectaculaire comparativement aux taux habituellement observés lors des élections municipales.
L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin étaient considérés comme des bastions défusionnistes depuis le début du processus des défusions municipales.
Or, à la surprise générale, Sillery, un autre de ces châteaux forts, demeure dans la grande ville, mais de justesse. Le oui a frôlé la victoire... avec 51,48 % des voix. Le hic, c’est que les citoyens ayant choisi cette option ne représentent que 33,56 % des électeurs inscrits. Les défusionnistes sont passés à un cheveu de respecter le seuil de 35 %. Ce résultat est d’autant plus surprenant — et la défaite du oui d’autant plus amère — que l’un des principaux leaders défusionnistes, Simon Wilson, du Comité des citoyens de banlieue, provient de Sillery et a mené une lutte acharnée. C’est à Sillery que le taux de participation a été le plus élevé, atteignant presque les 66 %.
Tout comme à Sillery, si les citoyens de Sainte-Foy, Lac-Saint-Charles et Vanier ont majoritairement opté pour le démembrement — le oui y a respectivement amassé 52,3 %, 66,4 % et 61,4 % des voix —, le seuil de 35 % n’a pas été franchi. En vertu de la loi 9, le nombre de votes en faveur de la défusion doit représenter plus de 50 % des suffrages exprimés, mais au moins 35 % des électeurs inscrits sur la liste électorale d’une ancienne municipalité doivent opter pour le démembrement afin que celui-ci soit reconnu. Il n’y a donc pas défusion dans ces deux villes. Les défusionnistes ne sont pas parvenus à mobiliser suffisamment leurs troupes. Ce revirement de situation constitue un foyer potentiel de contestation des règles édictées par la loi 9 du gouvernement Charest. Le facteur déterminant des référendums d’hier est sans aucun doute cette fameuse règle des 35 %.
Ailleurs, les référendums d’hier ont illustré une adhésion des citoyens à la grande ville de Québec. Le non l’a emporté à Loretteville (66,4 %), Cap-Rouge (61 %), Charlesbourg (56,7 %), Beauport (53,8 %), Val-Bélair (50,2 %) et Saint-Émile (50,01 %). Les citoyens ont préféré le statu quo. Il s’agit d’un revers pour le chef de l’Action civique, Jacques Langlois. Cet ancien maire de Beauport a milité en faveur du démembrement tout au long de la campagne référendaire. Il a affronté le maire Jean-Paul L’Allier lors de deux débats télévisés.
À Lévis, parmi les quatre arrondissements où un référendum s’est tenu, les citoyens de Charny et Saint-Rédempteur ont rejeté la défusion et choisi de rester dans la grande ville. À Saint-Nicolas, la majorité des citoyens ont voté en faveur du démembrement (54 %) mais n’ont pas atteint le seuil crucial de 35 % (27 %). Saint-Étienne est dans la même situation.
À Sherbrooke, Bromptonville a voté majoritairement non; Saint-Élie-d’Orford aussi. Si Deauville et Lennoxville ont voté oui aux défusions, elles n’ont pas réussi à atteindre le seuil des 35 %, avec des taux respectifs de 26,11 % et 18,56 %.

L’Allier est satisfait
Le maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, a accueilli avec un enthousiasme débordant les résultats d’hier. «Je suis fier des gens de toute la grande ville de Québec ce soir. Ils nous motivent», a-t-il lancé, tout sourire, à la chapelle du Musée de l’Amérique française, hier soir.
«Je voudrais féliciter les citoyens qui ont choisi, dans le cadre rigoureux de la loi 9, de se faire confiance et de faire confiance à ceux qui sont les élus car l’enjeu pour eux est de se tourner vers l’avenir, de récupérer toutes ces énergies qui, trop souvent, ont été consacrées aux tensions, aux concurrences et à tout autre chose que le développement», a-t-il ajouté.
Fort des résultats d’hier, Jean-Paul L’Allier a indiqué qu’il faut «tourner la page». «Il faut que l’on recrée les liens de confiance qui ont pu être amochés par la présente campagne», a-t-il dit. Même si deux anciennes villes de banlieue quittent la grande ville, il estime que les dommages sont limités. «On a failli retourner dans un contexte de chicanes permanentes où les intérêts locaux et communs auraient été mis en opposition», a-t-il laissé tomber.
Le non a peut-être dominé à Québec, mais quelque 54 638 citoyens ont tout de même opté pour le oui, donc pour la défusion, dans les dix anciennes villes de banlieue qui restent dans la grande ville. Le maire L’Allier a semblé y voir un message. «Je pense que les gens nous disent: “Allons-y, mais pas trop vite, pas trop loin.” Mais en même temps, il faut aller loin, et vite. Et on va le faire avec la population», a-t-il dit. Vendredi, Jean-Paul L’Allier se disait confiant de garder intacte la grande ville, même s’il avait reconnu quelques jours plus tôt que Sillery, L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin étaient susceptibles de claquer la porte.
L’ancienne mairesse de Sainte-Foy et militante défusionniste Andrée Boucher a déploré que la règle des 35 % ait empêché plusieurs anciennes villes, dont la sienne, de défusionner. «Ce soir, c’est le monde à l’envers. Les perdants gagnent et les gagnants perdent», a-t-elle dit, frustrée à cause d’un processus qui a été «mal bâti et mal parti», selon elle. «Il faudra que la vie continue et que les maires des villes centres soient respectueux des citoyens», a-t-elle ajouté. Ce week-end, Mme Boucher affirmait que de huit à dix anciennes villes défusionneraient. Cette animatrice de radio a fait la promotion du démembrement sur les ondes de son émission tout au long de la campagne référendaire.
Les citoyens ont répondu nombreux à l’appel des comités du oui et du non et se sont rendus massivement dans les 119 bureaux de vote de Québec. Le taux de participation moyen aux référendums dans les douze anciennes villes de banlieue de Québec a atteint les 49,6 %. Les responsables des bureaux de scrutin interrogés par Le Devoir ont indiqué que le vote s’est déroulé sans qu’aucun incident majeur ne se soit produit. Les délais d’attente ont été brefs, a-t-on ajouté.
Les résultats d’hier détonnent par rapport à ceux connus lors de la signature des registres. Dans douze des treize anciennes villes — la seule exception étant Québec —, plus de 10 % des électeurs avaient signé les registres et permis la tenue d’un référendum. Cette vague défusionniste qui semblait alors déferler sur Québec laissait croire que cette ville allait se transformer en une ville-gruyère.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009