Bilinguisme: le PC trébuche
Le leader conservateur Stephen Harper a corrigé le tir hier sur le bilinguisme à Air Canada. Il a assuré qu'un gouvernement conservateur étendrait l'obligation d'offrir des services en français à toutes les compagnies aériennes canadiennes en l'enchâssant dans la Loi sur les langues officielles.
Dans un échange de courriels dont la Presse canadienne a obtenu copie samedi, le responsable de la correspondance pour le Parti conservateur écrivait qu'un gouvernement Harper abolirait la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada. Cette loi, adoptée par le gouvernement Mulroney lors de la privatisation de la compagnie d'État en 1988, oblige Air Canada à offrir des services dans les deux langues officielles et à maintenir son siège social à Montréal.
En entrevue à la Presse canadienne samedi, l'attaché de presse du chef conservateur, Dimitri Soudas, affirmait pourtant que l'abolition de la loi en question rétablirait l'équité entre les compagnies aériennes. «Air Canada a certainement une clientèle bilingue. C'est son choix de décider d'offrir des services bilingues, et nous espérons qu'elle le fera», ajoutait-il alors. En entrevue au Devoir hier, M. Soudas a expliqué qu'il n'était pas au courant de tous les détails de la position que son parti avait prise samedi soir, précisant pourtant que cette orientation était déjà connue avant la campagne électorale.
C'est la deuxième fois que l'épineuse question du bilinguisme vient hanter les conservateurs. Lors de la première semaine de campagne, Stephen Harper avait dû démettre son porte-parole en matière de langues officielles, Scott Reid, lequel avait dit souhaiter revoir la Loi sur les langues officielles et mettre fin à l'obligation d'offrir des services en français d'un bout à l'autre du pays.
De passage à Terre-Neuve hier, Stephen Harper promettait que toutes les compagnies aériennes seraient tenues d'offrir des services dans les deux langues, ce qui s'inscrit dans la lignée des demandes formulées par Air Canada. Il a cependant confirmé que la compagnie aérienne, aux prises avec d'importantes difficultés budgétaires, ne serait plus tenue de maintenir son siège social à Montréal, ajoutant que la société n'avait pas manifesté son intention de déménager ses bureaux sis dans l'arrondissement de Saint-Laurent.
«La véritable question, c'est la politique des libéraux sur les compagnies aériennes. De nombreuses compagnies aériennes ont fait faillite sous le gouvernement libéral. Air Canada s'est placée sous la protection de la loi sur les faillites sous les libéraux», a poursuivi le chef conservateur, qui prône par ailleurs une réduction des subventions aux entreprises.
«Ridicule», selon Martin
En entrevue au Devoir en soirée, le chef libéral Paul Martin s'est moqué de la position conservatrice: «La Loi sur les langues officielles, cela veut dire là où le nombre le justifie. Cela veut dire que, dans l'avion qui va partir de Montréal pour Vancouver, les annonces vont être en français entre Montréal et Ottawa et peut-être même entre Ottawa et Sudbury et, tout à coup, quand vous survolerez Regina, ce ne sera plus nécessaire de parler français. C'est ridicule.» Rappelant que la société avait été créée grâce à l'argent des contribuables, il a souligné qu'il était normal qu'elle soit soumise à certaines obligations quant au bilinguisme et à la localisation de son siège social.
Tout au long de la journée, le chef libéral s'est employé à exploiter le filon: «Jamais je n'aurais pensé voir un chef d'un parti politique comme Stephen Harper exprimer publiquement une ambiguïté en ce qui concerne les langues officielles, exprimer une ambiguïté en ce qui concerne les minorités linguistiques», a déclaré plus tôt M. Martin lors d'un rassemblement partisan tenu à Orléans, un quartier plutôt francophone d'Ottawa.
Pour bien marquer le coup, l'équipe libérale a aussi aligné les candidats-vedettes montréalais — Lucienne Robillard, Jean Lapierre, Denis Coderre et Stéphane Dion — devant le siège social d'Air Canada à Montréal pour crier à la fin du bilinguisme. «Il a peut-être congédié son critique aux langues officielles, mais il a laissé toutes les portes ouvertes. Maintenant on comprend pourquoi», a déclaré le ministre responsable des langues officielles, Pierre Pettigrew, en assurant que son parti maintiendrait les exigences linguistiques envers le transporteur aérien et s'assurerait que le siège social demeure à Montréal.
Le candidat de Saint-Laurent-Cartierville, Stéphane Dion, a fait valoir que les compressions dans les subventions aux entreprises prônées par les conservateurs seraient néfastes à des compagnies comme Bombardier ou Air Canada. «Les gouvernements des autres pays appuient leurs champions. Si nous laissons tomber nos champions, ils ne pourront plus concurrencer à armes égales.»
Le Bloc québécois a de son côté prévenu les conservateurs qu'il ne faudrait surtout pas compter sur son appui pour mettre fin au bilinguisme à Air Canada, une idée qui n'a «aucun sens». Cette controverse traduit bien, selon Gilles Duceppe, le manque de connaissance de la réalité québécoise dont font preuve les conservateurs.
Avec la Presse canadienne
Dans un échange de courriels dont la Presse canadienne a obtenu copie samedi, le responsable de la correspondance pour le Parti conservateur écrivait qu'un gouvernement Harper abolirait la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada. Cette loi, adoptée par le gouvernement Mulroney lors de la privatisation de la compagnie d'État en 1988, oblige Air Canada à offrir des services dans les deux langues officielles et à maintenir son siège social à Montréal.
En entrevue à la Presse canadienne samedi, l'attaché de presse du chef conservateur, Dimitri Soudas, affirmait pourtant que l'abolition de la loi en question rétablirait l'équité entre les compagnies aériennes. «Air Canada a certainement une clientèle bilingue. C'est son choix de décider d'offrir des services bilingues, et nous espérons qu'elle le fera», ajoutait-il alors. En entrevue au Devoir hier, M. Soudas a expliqué qu'il n'était pas au courant de tous les détails de la position que son parti avait prise samedi soir, précisant pourtant que cette orientation était déjà connue avant la campagne électorale.
C'est la deuxième fois que l'épineuse question du bilinguisme vient hanter les conservateurs. Lors de la première semaine de campagne, Stephen Harper avait dû démettre son porte-parole en matière de langues officielles, Scott Reid, lequel avait dit souhaiter revoir la Loi sur les langues officielles et mettre fin à l'obligation d'offrir des services en français d'un bout à l'autre du pays.
De passage à Terre-Neuve hier, Stephen Harper promettait que toutes les compagnies aériennes seraient tenues d'offrir des services dans les deux langues, ce qui s'inscrit dans la lignée des demandes formulées par Air Canada. Il a cependant confirmé que la compagnie aérienne, aux prises avec d'importantes difficultés budgétaires, ne serait plus tenue de maintenir son siège social à Montréal, ajoutant que la société n'avait pas manifesté son intention de déménager ses bureaux sis dans l'arrondissement de Saint-Laurent.
«La véritable question, c'est la politique des libéraux sur les compagnies aériennes. De nombreuses compagnies aériennes ont fait faillite sous le gouvernement libéral. Air Canada s'est placée sous la protection de la loi sur les faillites sous les libéraux», a poursuivi le chef conservateur, qui prône par ailleurs une réduction des subventions aux entreprises.
«Ridicule», selon Martin
En entrevue au Devoir en soirée, le chef libéral Paul Martin s'est moqué de la position conservatrice: «La Loi sur les langues officielles, cela veut dire là où le nombre le justifie. Cela veut dire que, dans l'avion qui va partir de Montréal pour Vancouver, les annonces vont être en français entre Montréal et Ottawa et peut-être même entre Ottawa et Sudbury et, tout à coup, quand vous survolerez Regina, ce ne sera plus nécessaire de parler français. C'est ridicule.» Rappelant que la société avait été créée grâce à l'argent des contribuables, il a souligné qu'il était normal qu'elle soit soumise à certaines obligations quant au bilinguisme et à la localisation de son siège social.
Tout au long de la journée, le chef libéral s'est employé à exploiter le filon: «Jamais je n'aurais pensé voir un chef d'un parti politique comme Stephen Harper exprimer publiquement une ambiguïté en ce qui concerne les langues officielles, exprimer une ambiguïté en ce qui concerne les minorités linguistiques», a déclaré plus tôt M. Martin lors d'un rassemblement partisan tenu à Orléans, un quartier plutôt francophone d'Ottawa.
Pour bien marquer le coup, l'équipe libérale a aussi aligné les candidats-vedettes montréalais — Lucienne Robillard, Jean Lapierre, Denis Coderre et Stéphane Dion — devant le siège social d'Air Canada à Montréal pour crier à la fin du bilinguisme. «Il a peut-être congédié son critique aux langues officielles, mais il a laissé toutes les portes ouvertes. Maintenant on comprend pourquoi», a déclaré le ministre responsable des langues officielles, Pierre Pettigrew, en assurant que son parti maintiendrait les exigences linguistiques envers le transporteur aérien et s'assurerait que le siège social demeure à Montréal.
Le candidat de Saint-Laurent-Cartierville, Stéphane Dion, a fait valoir que les compressions dans les subventions aux entreprises prônées par les conservateurs seraient néfastes à des compagnies comme Bombardier ou Air Canada. «Les gouvernements des autres pays appuient leurs champions. Si nous laissons tomber nos champions, ils ne pourront plus concurrencer à armes égales.»
Le Bloc québécois a de son côté prévenu les conservateurs qu'il ne faudrait surtout pas compter sur son appui pour mettre fin au bilinguisme à Air Canada, une idée qui n'a «aucun sens». Cette controverse traduit bien, selon Gilles Duceppe, le manque de connaissance de la réalité québécoise dont font preuve les conservateurs.
Avec la Presse canadienne
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