Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Le Bloc consolide son avance
À dix jours du scrutin, le Bloc québécois consolide son avance au Québec. Depuis le début de la campagne, les troupes de Gilles Duceppe ont creusé l'écart qui les sépare des libéraux, les devançant maintenant par 18 points. Signe de l'échec de la campagne de peur libérale, six Québécois sur dix voient d'un bon oeil l'élection d'un gouvernement minoritaire conservateur où le Bloc détiendrait la balance du pouvoir.
Le sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette, réalisé auprès de 1000 Québécois dans les deux jours qui ont suivi le débat français, accorde 48 % des intentions de vote au Bloc québécois, contre 30 % au Parti libéral, 13 % au Parti conservateur et 6 % au NPD, après répartition des indécis. Il s'agit d'une chute de cinq points pour les libéraux et d'une hausse de trois points pour les bloquistes par rapport au sondage Léger Marketing publié en début de campagne. L'écart est encore plus marqué chez les francophones, où le Bloc récolte 56 % des intentions de vote, contre 25 % pour les libéraux.
La variation est cependant mince lorsqu'on considère le sondage pancanadien réalisé par la même firme quelques jours avant le débat, qui créditait le Bloc de 46 % des intentions de vote des Québécois contre 31 % pour les libéraux. «Les gens estiment que Gilles Duceppe a largement gagné le débat, mais en même temps, cela n'a pas un effet considérable parce qu'ils votaient déjà pour le Bloc québécois. La tendance se maintient», explique le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger. Il estime que les libéraux ont quant à eux atteint leur «niveau plancher» et qu'ils pourraient difficilement faire pire.
C'est que le Bloc a récolté une part importante du vote de contestation, ratissant beaucoup plus large que sa base habituelle. Près de la moitié de ses sympathisants veulent avant tout rejeter le Parti libéral alors que les autres appuient la formation pour son option souverainiste.
Fait à noter, «le vote des non-francophones est beaucoup moins monolithique qu'avant», observe Jean-Marc Léger. Le Bloc réussit une percée avec 18 % d'appuis, comparativement à 51 % pour les libéraux. «Le problème, c'est que souvent, à la fin d'une campagne, ce vote-là retourne au Parti libéral», précise le sondeur.
Si ces résultats se confirmaient le jour du scrutin, une vague bleue déferlerait probablement sur la plupart des régions, à l'exception d'une quinzaine de sièges montréalais, deux sur la Rive-Sud, trois en Outaouais et deux en Estrie. «Les libéraux ont un minimum de 23 sièges, le Bloc, un minimum de 33 sièges, puis il y a 19 sièges au milieu qui peuvent basculer d'un côté ou de l'autre. Pour l'instant, la majorité d'entre eux s'en iraient plutôt du côté du Bloc», analyse Jean-Marc Léger.
Les conservateurs ne sont toujours pas dans la course. Selon M. Léger, une percée conservatrice est envisageable seulement si le PC monte à 20 %. «Encore là, c'est un peu comme la Formule 1. Cela prend un bon pilote, dans la bonne écurie, la bonne année», illustre M. Léger en soulignant que les terreaux fertiles se résument aux comtés de Brome-Missisquoi (en Estrie), de Lotbinière et de Louis-Saint-Laurent (sur la rive sud de Québec).
L'épouvantail ne fait pas peur
À la lumière du sondage, les publicités négatives libérales martelant qu'un vote pour le Bloc équivaut à livrer le Québec à Stephen Harper sont un échec sur toute la ligne. Les Québécois pensent même, dans une proportion de 62 %, qu'il est avantageux pour le Québec que le Bloc québécois détienne la balance du pouvoir d'un gouvernement minoritaire conservateur. Soulignons que cette opinion est partagée par 43 % des électeurs libéraux et 83 % des bloquistes.
Ces résultats étonnent le président de la firme de sondage, qui souligne que les citoyens craignent habituellement un «Parlement à l'italienne, c'est-à-dire le bordel à Ottawa». «Aujourd'hui, c'est plutôt l'inverse. Gilles Duceppe a réussi à les convaincre qu'un gouvernement minoritaire, ce n'est pas catastrophique, que cela donne du poids au Québec par l'intermédiaire du Bloc québécois. C'est une grande réussite de Gilles Duceppe pendant la campagne», commente M. Léger.
Près des deux tiers des répondants pensent que le prochain gouvernement sera minoritaire. Un peu plus de la moitié d'entre eux croient qu'il sera libéral et l'autre moitié, conservateur.
Les tentatives répétées de démoniser Stephen Harper, en le présentant comme un extrémiste de droite sur les questions sociales comme l'avortement ou le mariage gai, n'ont pas trouvé d'écho auprès de l'électorat. Les Québécois ne craignent pas les positions conservatrices à l'égard des droits des femmes (47 % ne s'en inquiètent pas, contre 42 %) et des homosexuels (52 % ne sont pas inquiets, contre 39 %). Les électeurs se préoccupent cependant un peu plus de la capacité du PC à atteindre l'équilibre budgétaire (50 %) et à améliorer le système de santé (49 %).
La crédibilité de Stephen Harper lui-même en sort indemne. Si cela se trouve, 28 % des Québécois apprécient davantage le chef conservateur alors que seulement 9 % en ont une moins bonne opinion qu'au début de la campagne. L'opinion reste inchangée pour 56 % des électeurs. «La campagne de peur des libéraux a été un échec. D'une part, les gens ont une meilleure opinion de Stephen Harper et, d'autre part, les libéraux l'ont démonisé avant le débat des chefs. Il y est apparu comme quelqu'un de raisonnable, de modéré. Le calcul n'a pas eu son effet», souligne Jean-Marc Léger.
Le vote se cristallise
S'il a peu influencé les intentions de vote, le débat aura au moins permis aux électeurs de confirmer leur choix. Contrairement à ce qui était le cas au début de la campagne, le vote semble de moins en moins volatil: 63 % des électeurs affirment que leur choix est définitif, alors que cette proportion n'était que de 54 % dans le sondage du 20 mai. Bien que le vote libéral se soit raffermi (61 % disent que leur choix est définitif), les bloquistes récoltent encore la plus grande proportion d'électeurs décidés, soit 71 %.
«On arrive près des résultats normaux. Les gens attendaient le débat des chefs; maintenant, cela se solidifie», note Jean-Marc Léger, précisant que le principal défi du Bloc demeure la sortie de vote, son électorat, généralement plus jeune, ayant moins tendance à se rendre aux urnes. La date du 28 juin, en plein été, longtemps après la fin des cours, coincée entre la Saint-Jean-Baptiste et le 1er juillet, n'aide pas.
Dans l'ensemble, la firme de sondage prévoit un taux de participation de 67 %, un peu plus du taux de 64 % observé en 2000, le plus bas dans l'histoire.
Le sondage a été effectué du 15 au 16 juin auprès de 1000 répondants. Il comporte une marge d'erreur de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.
Le sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette, réalisé auprès de 1000 Québécois dans les deux jours qui ont suivi le débat français, accorde 48 % des intentions de vote au Bloc québécois, contre 30 % au Parti libéral, 13 % au Parti conservateur et 6 % au NPD, après répartition des indécis. Il s'agit d'une chute de cinq points pour les libéraux et d'une hausse de trois points pour les bloquistes par rapport au sondage Léger Marketing publié en début de campagne. L'écart est encore plus marqué chez les francophones, où le Bloc récolte 56 % des intentions de vote, contre 25 % pour les libéraux.
La variation est cependant mince lorsqu'on considère le sondage pancanadien réalisé par la même firme quelques jours avant le débat, qui créditait le Bloc de 46 % des intentions de vote des Québécois contre 31 % pour les libéraux. «Les gens estiment que Gilles Duceppe a largement gagné le débat, mais en même temps, cela n'a pas un effet considérable parce qu'ils votaient déjà pour le Bloc québécois. La tendance se maintient», explique le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger. Il estime que les libéraux ont quant à eux atteint leur «niveau plancher» et qu'ils pourraient difficilement faire pire.
C'est que le Bloc a récolté une part importante du vote de contestation, ratissant beaucoup plus large que sa base habituelle. Près de la moitié de ses sympathisants veulent avant tout rejeter le Parti libéral alors que les autres appuient la formation pour son option souverainiste.
Fait à noter, «le vote des non-francophones est beaucoup moins monolithique qu'avant», observe Jean-Marc Léger. Le Bloc réussit une percée avec 18 % d'appuis, comparativement à 51 % pour les libéraux. «Le problème, c'est que souvent, à la fin d'une campagne, ce vote-là retourne au Parti libéral», précise le sondeur.
Si ces résultats se confirmaient le jour du scrutin, une vague bleue déferlerait probablement sur la plupart des régions, à l'exception d'une quinzaine de sièges montréalais, deux sur la Rive-Sud, trois en Outaouais et deux en Estrie. «Les libéraux ont un minimum de 23 sièges, le Bloc, un minimum de 33 sièges, puis il y a 19 sièges au milieu qui peuvent basculer d'un côté ou de l'autre. Pour l'instant, la majorité d'entre eux s'en iraient plutôt du côté du Bloc», analyse Jean-Marc Léger.
Les conservateurs ne sont toujours pas dans la course. Selon M. Léger, une percée conservatrice est envisageable seulement si le PC monte à 20 %. «Encore là, c'est un peu comme la Formule 1. Cela prend un bon pilote, dans la bonne écurie, la bonne année», illustre M. Léger en soulignant que les terreaux fertiles se résument aux comtés de Brome-Missisquoi (en Estrie), de Lotbinière et de Louis-Saint-Laurent (sur la rive sud de Québec).
L'épouvantail ne fait pas peur
À la lumière du sondage, les publicités négatives libérales martelant qu'un vote pour le Bloc équivaut à livrer le Québec à Stephen Harper sont un échec sur toute la ligne. Les Québécois pensent même, dans une proportion de 62 %, qu'il est avantageux pour le Québec que le Bloc québécois détienne la balance du pouvoir d'un gouvernement minoritaire conservateur. Soulignons que cette opinion est partagée par 43 % des électeurs libéraux et 83 % des bloquistes.
Ces résultats étonnent le président de la firme de sondage, qui souligne que les citoyens craignent habituellement un «Parlement à l'italienne, c'est-à-dire le bordel à Ottawa». «Aujourd'hui, c'est plutôt l'inverse. Gilles Duceppe a réussi à les convaincre qu'un gouvernement minoritaire, ce n'est pas catastrophique, que cela donne du poids au Québec par l'intermédiaire du Bloc québécois. C'est une grande réussite de Gilles Duceppe pendant la campagne», commente M. Léger.
Près des deux tiers des répondants pensent que le prochain gouvernement sera minoritaire. Un peu plus de la moitié d'entre eux croient qu'il sera libéral et l'autre moitié, conservateur.
Les tentatives répétées de démoniser Stephen Harper, en le présentant comme un extrémiste de droite sur les questions sociales comme l'avortement ou le mariage gai, n'ont pas trouvé d'écho auprès de l'électorat. Les Québécois ne craignent pas les positions conservatrices à l'égard des droits des femmes (47 % ne s'en inquiètent pas, contre 42 %) et des homosexuels (52 % ne sont pas inquiets, contre 39 %). Les électeurs se préoccupent cependant un peu plus de la capacité du PC à atteindre l'équilibre budgétaire (50 %) et à améliorer le système de santé (49 %).
La crédibilité de Stephen Harper lui-même en sort indemne. Si cela se trouve, 28 % des Québécois apprécient davantage le chef conservateur alors que seulement 9 % en ont une moins bonne opinion qu'au début de la campagne. L'opinion reste inchangée pour 56 % des électeurs. «La campagne de peur des libéraux a été un échec. D'une part, les gens ont une meilleure opinion de Stephen Harper et, d'autre part, les libéraux l'ont démonisé avant le débat des chefs. Il y est apparu comme quelqu'un de raisonnable, de modéré. Le calcul n'a pas eu son effet», souligne Jean-Marc Léger.
Le vote se cristallise
S'il a peu influencé les intentions de vote, le débat aura au moins permis aux électeurs de confirmer leur choix. Contrairement à ce qui était le cas au début de la campagne, le vote semble de moins en moins volatil: 63 % des électeurs affirment que leur choix est définitif, alors que cette proportion n'était que de 54 % dans le sondage du 20 mai. Bien que le vote libéral se soit raffermi (61 % disent que leur choix est définitif), les bloquistes récoltent encore la plus grande proportion d'électeurs décidés, soit 71 %.
«On arrive près des résultats normaux. Les gens attendaient le débat des chefs; maintenant, cela se solidifie», note Jean-Marc Léger, précisant que le principal défi du Bloc demeure la sortie de vote, son électorat, généralement plus jeune, ayant moins tendance à se rendre aux urnes. La date du 28 juin, en plein été, longtemps après la fin des cours, coincée entre la Saint-Jean-Baptiste et le 1er juillet, n'aide pas.
Dans l'ensemble, la firme de sondage prévoit un taux de participation de 67 %, un peu plus du taux de 64 % observé en 2000, le plus bas dans l'histoire.
Le sondage a été effectué du 15 au 16 juin auprès de 1000 répondants. Il comporte une marge d'erreur de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.
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