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1er débat: avantage Duceppe

Martin n’a pas trébuché, sans pour autant réussir à s’imposer

Manon Cornellier , Alec Castonguay   15 juin 2004 
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, pointe un doigt accusateur vers le premier ministre Paul Martin au cours du premier débat télévisé de la campagne électorale qui s’est déroulé en français, hier soir, à Ottawa.
Photo : Agence Reuters
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, pointe un doigt accusateur vers le premier ministre Paul Martin au cours du premier débat télévisé de la campagne électorale qui s’est déroulé en français, hier soir, à Ottawa.
Ottawa — Le chef libéral Paul Martin devait frapper un grand coup hier pour redonner un souffle à sa campagne. Il est plutôt sorti du débat des chefs en français écorché par les coups solides et répétés du chef bloquiste Gilles Duceppe.

Ottawa — Le chef libéral Paul Martin devait frapper un grand coup hier pour redonner un souffle à sa campagne. Il est plutôt sorti du débat des chefs en français écorché par les coups solides et répétés du chef bloquiste Gilles Duceppe.
Aucun leader n’est toutefois sorti de cette rencontre sans quelques égratignures. Tous ont été un peu malmenés à un moment ou à un autre, bien que le chef néo-démocrate Jack Layton ait été un peu plus épargné. Ses adversaires avaient visiblement d’autres cibles. Le chef conservateur Stephen Harper et M. Duceppe ont été pris à partie à plusieurs reprises, le premier pour le financement de son programme et de ses politiques sociales, l’autre pour son incapacité à former un gouvernement et «l’isolement» dans lequel il veut maintenir les Québécois.

L’intégrité et l’éthique devaient occuper seulement le premier segment du débat, mais ces thèmes ont fini par surgir à chaque détour, les chefs soulignant les promesses libérales non tenues, celles irréalistes de leurs autres adversaires. Le scandale des commandites a d’ailleurs donné lieu à un des échanges les plus musclés de la soirée, M. Duceppe demandant à M. Martin de répondre aux questions laissées sans réponse par le déclenchement des élections.
Qui a pu assurer une direction politique? Quels ministres savaient? Où est le rapport sur les contributions au Parti libéral? Lancées en rafale par le chef bloquiste, ces questions sont restées sans réponse, M. Martin a préféré détourner le sujet pour parler de sécurité nationale.


M. Duceppe a remis le chef libéral sur la sellette avec le dossier de l’assurance-emploi. La question était simple et directe: «Combien y a-t-il [d’argent] dans la caisse de l’assurance-emploi?» Paul Martin a esquivé, mais M. Duceppe n’a pas lâché, reposant la question trois fois avant de conclure lui-même: «Il ne reste rien.» M. Martin a tenté de rectifier le tir un peu plus tard en promettant d’éliminer la règle qui exige qu’un jeune doive travailler 910 heures avant d’avoir droit à l’assurance-emploi.

Malgré son avance confortable dans les sondages, M. Duceppe a habilement profité de toutes les occasions pour s’en prendre à M. Martin. Les chefs devaient, à tour de rôle, s’affronter face à face, mais le chef bloquiste se servait souvent de ses échanges avec les chefs néo-démocrate et conservateur pour attaquer le chef libéral. Et il pouvait le faire d’autant plus facilement que M. Martin ne pouvait répliquer, ce qui faisait rager ce dernier.

Gilles Duceppe a toutefois été lui aussi interrogé par ses adversaires à cause de son incapacité à former un gouvernement. Le chef conservateur l’a carrément accusé de vouloir maintenir le Québec dans «l’isolement». «À cause de vous, on ne peut pas remplacer ce gouvernement», a-t-il poursuivi.

La réplique de M. Duceppe n’a pas tardé. «Je ne suis pas responsable de votre impuissance M. Harper. Si vous remettez en question Kyoto et que les Québécois ne veulent pas, c’est pour ça que votre parti ne prend pas au Québec. Si vous remettez en question le droit des femmes à l’avortement, c’est pour ça que votre parti ne plaît pas aux Québécois. Si vous avez des positions rétrogrades sur les droits des gais et lesbiennes, c’est votre problème. Même chose sur Kyoto. Il y a des raisons, et on n’est pas responsable de vos positions.» Fin de l’épisode.

Paul Martin a, pour sa part, concentré ses principales attaques sur Stephen Harper. Il a profité de chaque occasion pour souligner que le Parti conservateur remettrait en question le Protocole de Kyoto, les droits des femmes et des gais et qu’il risquait de ramener le pays vers un déficit avec ses promesses de réductions de taxes accompagnées de hausses importantes des budgets militaires. Il n’y a que lui qui a souvent relevé l’appui du chef conservateur à une participation du Canada à la guerre en Irak.

Il s’est servi de ce sombre portrait pour inviter les Québécois à réfléchir à ce qu’il adviendrait advenant l’élection d’un gouvernement conservateur le 28 juin prochain. Il a souligné combien son parti se distinguait du PC sur ces questions.

Le thème de la santé a fourni à chaque leader l’occasion de présenter son programme et ses solutions, mais les compressions dans la santé imposées par Paul Martin ont fait de lui une cible pour les autres chefs. Le déséquilibre fiscal a aussitôt refait surface, les trois autres chefs accusant Paul Martin d’avoir créé ce problème.

Paul Martin a refusé d’utiliser l’expression, mais a reconnu l’existence de pression financière sur les provinces. Quant aux compressions en matière de santé, il ne s’en est pas excusé. C’était à son tour d’avoir une réponse prête et sentie à servir: «Est-ce qu’il y a eu des coupures dans le budget de 1995? La réponse est oui. On avait les épaules collées au mur, le pays était au bord de la faillite. C’est grâce aux sacrifices que les Canadiens ont fait d’un océan à l’autre qu’on peut investir dans la santé aujourd’hui.»
Étonnamment, aucun des chefs fédéralistes n’a soulevé la question de la souveraineté. En fait, M. Duceppe a pris les devants dès son allocution d’ouverture, courtisant les fédéralistes déçus. Selon le chef bloquiste, cette élection était l’occasion de «critiquer» le bilan des libéraux puisque la souveraineté était uniquement l’affaire du Québec. «J’ai confiance en votre jugement», a-t-il dit aux citoyens.

Évidemment, tous les chefs se sont dits satisfaits de leur performance. M. Martin n’a toutefois pas voulu dire s’il avait remis sa campagne sur les rails. Il a plutôt affirmé que son objectif était de parler directement aux Québécois et aux francophones hors-Québec et qu’il y était parvenu.
M. Harper, qui visait à se faire connaître, et surtout à donner une image modérée, a gardé son calme toute la soirée, paraissant même serein par moment. Le chef du NPD, pour sa part, ne cessait de sourire et de répéter sa volonté de former une alliance sociale-démocrate, «une alternative positive», à la grandeur du pays.

Pour la première fois depuis longtemps, les francophones pouvaient espérer un vrai débat dans leur langue, les quatre chefs parlant couramment français. Seul francophone du groupe et le seul avec l’expérience de ces débats des chefs, M. Duceppe partait avec une longueur d’avance.
Cette élection est la première depuis 1993 où deux partis peuvent espérer former le gouvernement. Et comme les probabilités d’un gouvernement minoritaire sont très élevées, le rôle que joueront les partis incapables de prendre le pouvoir devient crucial.

Le débat d’hier avait aussi la particularité de ne pas être une simple répétition en vue du débat anglais de ce soir. Les enjeux et l’échiquier politique québécois sont différents à bien des égards de ceux du reste du pays. La présence du Bloc change la donne complètement, et la colère des citoyens à l’égard du scandale des commandites est plus accentuée qu’ailleurs.

Le débat d’hier sonnait le début de la dernière ligne droite de cette campagne qui a été marquée jusqu’à présent par la chute des libéraux, la solidification des appuis bloquistes et la remontée spectaculaire des conservateurs en Ontario. Selon le dernier sondage Ekos, le Parti conservateur était en avance au pays (33,8 %) devant le Parti libéral (30 %) et le NPD (18,9 %). Au Québec, un sondage CROP paru le lendemain accordait 44 % au Bloc et 32 % au PLC.

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  • Isabelle Malouin
    Inscrite
    mardi 15 juin 2004 08h07
    Duceppe n'est pas une girouette
    J'ai regardé le débat des chefs avec grande attention hier soir. Je dois avouer qu'avant le débat, mon choix était déjà fait, mais le débat a su me confirmer de façon remarquable que Duceppe était bien l'homme de la situation pour défendre les intérêts du Québec. Regardant ses adversaires droit dans les yeux et se portant sans cesse à la défense des intérêts du Québec, M. Duceppe c'est remarquablement battut enn honnête chevalier

    Humain et clair dans ses propos, il a été le seul a garder une ligne directrice sans constamment changer d'idées et s'attirer l'incompréhension de ses électeurs.

    Je dois également mentionner la piètre performance de M. Martin qui a porté l'ensemble de sa défense en attaquant le Bloc avec sa campagne de peur. Non, merci, je regrette mais cela risque de ne pas fonctionner cette fois-ci pour les libéraux!

    Les enjeux sont trop importants et décisifs pour le Québec de demain.

    Les dés sont jettés cette fois-ci!

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mardi 15 juin 2004 11h27
    Perdant et gagnant!
    Monsieur Duceppe est à la fois un "gagnant" et un "perdant".

    C'est très facile, lorsque tu n'as aucun pouvoir de critiquer ceux qui en ont...

    C'est très facile, lorsque tu ne décides rien, de critiquer, chiâler, car tu ne fais jamais d'erreurs.

    C'est très facile, d'examiner à la loupe, de chercher des poux, des magouilles, quand c'est ta job, de le faire, et que tu te consacres exclusivement à cela comme OPPOSITION.

    Dans ce sens Monsieur Duceppe est gagnant, il a trouvé toutes les magouilles, irrégularités, manigances...les chiffres à l'appui.

    Quand monsieur Duceppe justifie son rôle d'Opposition en disant que tous les parlements ont une Opposition, et qu'il ne tient pas au pouvoir, se contentant de critiquer, je pense qu'il oublie CE pourquoi il est en politique: la Sécession. Son opposition a un objectif précis: détruire la crédibilité d'un gouvernement au niveau FÉDÉRAL, pour ainsi JUSTIFIER la Sécession.

    Je ne suis pas certaine qu'un QUÉBEC séparé serait PUR à 100%...La Sécession n'est pas un gage, une garantie de propreté, de pureté. Nous connaissons tous des pays qui se sont séparés d'une entité, et qui se retrouvent dans les magouilles et une corruption généralisée de la base à la tête. Ça devient une TRADITION, ça s'inscrit dans les moeurs et coutumes.

    Monsieur Duceppe est "perdant" dans le sens qu'il n'aura JAMAIS de POUVOIR RÉEL, si ce n'est celui de critiquer. Il excelle dans ce domaine. S'occuper des québécois ne consiste pas seulement à chercher des "poux" mais à proposer des solutions concrètes aux problèmes.

    Il est PERDANT dans le sens que le QUÉBEC est ISOLÉ, sans POUVOIR, drapé dans sa différence et sa pureté de façade.

    Il est PERDANT dans le sens qu'il se fait le MORALISATEUR à la manière des "curés" d'autrefois...le redresseur de torts...

    Souvent les plus acharnés de pureté, sont les pires lorsqu'ils sont enfin...au pouvoir...leur pureté les étrangle, les met en m...les frustre au plus haut point.

    Donc Monsieur Duceppe est gagnant au niveau des idées, des dénonciations, de la morale.
    Il est "perdant" car il réussit à ISOLER complètement les Québécois et à leur enlever tout POUVOIR sur les décisions.

    Les québécois sont différents...
    et ils sont isolés dans leur DIFFÉRENCE.

  • Fleurette Riverin
    Abonnée
    mardi 15 juin 2004 13h10
    Vers la séparation oui non?
    Avec un gouvernement à la Harper, dont LA SURVIE DÉPENDRAIT d'un parti séparatiste (Le Bloc) créé uniquement dans le but d'oeuvrer à la séparation du Québec du reste du Canada, il y aurait lieu d'être très inquiet sur les graves conséquences qu'un tel gouvernement aurait sur la viabilité d'un Canada, affaibli et à la merci d'un parti qui ne veut que le détruire. Pauline Marois et Gérald Larose ont bien raison d'y voir "le premier quart" d'un match vers il'indépendance, ça dépasse même leurs rêves les plus fous! Avec l'alliance obligée et contre nature d'un parti fédéraliste et d'un parti séparatiste, le Bloc serait le cheval de Troye du Canada, installé en plein coeur du Parlement.

    Bien des journalistes, toujours à l'affût des affaires juteuses, ont délibérément grossi, avec le Bloc et les partis d'opposition, l'affaire des commandites fédérales déterrées par la Vérificatrice générale du Canada, en faisant porter la campagne sur ce thème qui occulte les vrais débats, et ont par contre à peine jeté un oeil plutôt complaisant sur les commandites québécoises à la Bernard Landry, déterrées cette fois par la Vérificatrice générale DU QUÉBEC, sur les scandales de la SGF et du Métro de Laval.

    La presse devrait plutôt talonner Stephen Harper et l'obliger à répondre lorsqu'il esquive les questions sur des sujets aussi graves que: 1) son appui déjà donné à la guerre en Irak en plein Parlement, et l'augmentation de plusieurs milliards de dollars du budget de l'armée, du nombre de chars d'assaut et de soldats, etc., alors qu'il était le seul à vouloir la participation du Canada à la guerre en Irak, faisant fi de la mission de paix de l'armée canadienne, et faisant par cet appui dévier sur le Canada la colère des terroristes en le plaçant parmi leurs cibles à châtier; 2) sa prise de position contre l'avortement et les mariages entre homosoexuels; 3) son refus de la loi sur les jeunes contrevenants; 4) son rejet du protocole de Kyoto; 5) ses baisses d'impôt irréalistes, à moins de baisser d'autant les programmes sociaux et d'augmenter la dette et le déficit, ce qu'il nie; 6) l'abolition du CRTC qui protégeait les contenus québécois et canadiens...etc.

    Ce nouveau parti de l'Alliance conservatrice n'a gardé du parti conservateur que le nom et est presque à l'opposé de l'ancien parti conservateur dans lequel ont déjà milité un Jean Charest, un André Harvey,un Brian Mulroney et un Lucien Bouchard, il est resté un parti de droite radicale allianciste où des hommes de valeur comme André Bacchand et Joe Clark ne se reconnaissent plus du tout, à tel point qu'ils se rangent du côté libéral. Harper cache son vrai visage, avec la complaisance d'une bonne partie de la presse qui est en train de le placer à la tête du Canada avec un parti séparatiste pouvant le faire danser à sa guise. Le PQ et le Bloc peuvent bien saliver à la perspective d'un pareil gouvernement, mais comme d'habitude les québécois auront compris trop tard qu'ils auront, avec leur vote massif pour le Bloc, fait faire un grand pas vers cette séparation dont la majorité ne veut pas!

  • Marie-Louise Lacroix
    Inscrite
    mardi 15 juin 2004 18h56
    Au service de sa Majesté...
    Je salue votre prestation, M. Duceppe.
    Vous m'avez franchement - et agréablement - étonnée.

    Car si j'estime vos positions, vos principes et vos convictions comme étant de haute noblesse et nécessaires au bien-être de la nation québécoise (position de «résistance» par la force des choses - un Jean Moulin préparant le Débarquement...? - d'ici la réalisation effective de l'Indépendance du Québec) je ne me voyais pas encore totalement convaincue, jusque-là, de la pleine maîtrise des dossiers que vous avez démontrée à la faveur de ce Débat des chefs. Alors, je dis: Salut Citoyen!

    Au passage, sur le sujet j'invite les «devoirnautes» aux textes récents de MM. LaHire et Gélinas en:
    www.ledevoir.com/dossiers/333/55980.html?333 et www.ledevoir.com/dossiers/333/55909.html?333

    Ça nous changera des Fleurette transitoires* qui nous invitent à accorder à nouveau notre appui national à un parti et un gouvernement qui a trompé et trahi le Québec tout entier trois pleins mandats durant. Et quoi encore??? faudrait sans doute s'éborgner, s'arracher un bras, s'écraser un sein (ou les testicules, pour ceux qui en ont) et dire «Merci!» à tous nos Denis Coderre, nos Liza Frulla et nos Stéphane Dion de service...?

    Le syndrome de la femme battue qui en redemande, ça suffit là...

    15 juin 2004

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mardi 15 juin 2004 19h49
    Une fixation: la sécession.
    Si Monsieur Duceppe n'est pas une girouette, comment se fait-il que les québécois ne s'en aperçoivent pas?

    Comment ne voient-ils pas que Monsieur Duceppe a une FIXATION sur la Sécession? et cela même s'il se garde bien d'en parler...Il se cache derrière son rôle d'Opposition.

    Son but: montrer par tous les moyens... que le Fédéralisme ne fonctionne pas, qu'il est entaché d'irrégularités, de manigances, de magouilles. Le "scandale des commandites" est l'occasion rêvée.

    Son but: faire miroiter aux yeux des québécois déçus, une terre (sécession) où l'honnêteté, la franchise, la droiture seraient pratiqués partout et par tous.

    C'est un "leurre" pour attraper les "homards" dans la cage de la sécession.

    Monsieur Doris Lussier disait en 1976: pour
    faire l'Indépendance, il ne faut JAMAIS en parler!

    C'est ce que Monsieur Duceppe fait depuis qu'il est à Ottawa, à bloquer les travaux de la chambre par toutes sortes de questions plus ou moins pertinentes.

  • Nicolas St-Gilles
    Inscrit
    mercredi 16 juin 2004 14h32
    La Sécession : un Idéal...
    À la lumière des centaines de billets que vous rédigez depuis des années en répétant toujours la même poignée de mots, «Mme Legault-Riverin», il apparaît clair que la Sécession, comme vous dites, ne soit une «obsession» que pour vous.

    Loin d'être une obsession pour les souverainistes, dont Gilles Duceppe lui-même, l'Indépendance du Québec (réalisée dans un climat que tous les Québécois désirent respectueux, amical et serein: il n'en tient qu'aux Canadians, du reste, qu'il en soit ainsi) est un projet, un horizon, une volonté, une espérance, une noble et digne Cause, enfin, pour tout peuple qui se respecte véritablement.

    Bref, ce que Hegel nommerait un « Idéal concret ».

    Soignez vos propres obsessions, madame(s), plutôt que de vous acharner à en inventer chez les autres pour mieux ensuite vous accorder le mandat - faute de les terrasser - de les dénoncer. Vous vivrez ainsi plus longtemps et plus heureuse. Et en prime, vous ne vous attirerez plus les foudres des gens réfléchis et réellement informés...

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