Le dilemme de l'Union
Serge Truffaut
15 juin 2004
Après lecture de tous les paramètres qui caractérisent les dernières élections européennes, force est de constater que les politiciens europhiles devront déployer énormément d'efforts au cours des prochains mois pour contrer la montée des eurosceptiques. Entre la percée réalisée par le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) et les diverses formations nationalistes des pays de l'Europe de l'Est, les citoyens qui veulent rapatrier les pouvoirs dévolus à Bruxelles ont envoyé au Parlement un nombre suffisant de sécessionnistes susceptibles de perturber les débats avec constance.
Ces partisans qui privilégient farouchement la préférence nationale à l'identité européenne ont grandement profité du taux d'abstention record enregistré dimanche. Pas moins de 55 % des citoyens de l'Union ont boudé les isoloirs. Paradoxalement, ce taux fut particulièrement élevé dans la partie est du continent, et notamment en Pologne où il a été de 80 %. Lorsqu'on combine ce taux au fait que les nationalistes polonais ont enregistré un score convenable, on ne peut que s'interroger sur la volonté en sens inverse, soit l'arrimage à l'Union, que les Polonais avaient manifestée tout au long de la décennie antérieure.
Outre les Polonais, les Tchèques également ont favorisé les députés nationalistes. Les Hongrois? Dans une proportion moindre, ils ont eux aussi envoyé des eurosceptiques au Parlement. En fait, les nouveaux membres de l'Union ont signifié leur dépit un mois à peine après l'élargissement. Ce sentiment largement répandu laisse entrevoir des lendemains très difficiles pour les partisans de l'Europe. Bizarrement, ce sont les nations de la Nouvelle Europe, pour reprendre le qualificatif du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, qui affichent leur nostalgie pour la Vieille Europe, celle des États-Nations.
En Grande-Bretagne, la surprise créée par l'UKIP va avoir un écho d'autant plus grand et prolongé que cette formation, militant pour une rupture pure et simple du royaume avec le continent, a recueilli les votes de 18 % des Britanniques. Il est vrai qu'il faut spécifier, si l'on en croit les observateurs, que beaucoup des électeurs ont voulu sanctionner la politique défendue par le premier ministre Tony Blair dans le dossier irakien. Soit dit en passant, la gifle infligée dimanche à Blair est la deuxième en moins d'une semaine. Lors des municipales de jeudi dernier, l'UKIP a doublé le Parti travailliste.
Chez les deux poids lourds de l'Union, soit l'Allemagne et la France, l'abstention et le vote-sanction à l'endroit des gouvernements en place ont marqué le scrutin. En France, le Parti socialiste a fini bon premier devant l'UMP du président Chirac. En Allemagne, on a constaté l'inverse: la gauche au pouvoir a subi une autre défaite.
Toutes les données confondues, les formations de droite vont former la majorité au Parlement, suivies des socialistes. Les premières étant plus eurosceptiques que les deuxièmes, peut-être faut-il se poser la question suivante: l'Europe à 25 n'est-elle pas condamnée à l'implosion?
Ces partisans qui privilégient farouchement la préférence nationale à l'identité européenne ont grandement profité du taux d'abstention record enregistré dimanche. Pas moins de 55 % des citoyens de l'Union ont boudé les isoloirs. Paradoxalement, ce taux fut particulièrement élevé dans la partie est du continent, et notamment en Pologne où il a été de 80 %. Lorsqu'on combine ce taux au fait que les nationalistes polonais ont enregistré un score convenable, on ne peut que s'interroger sur la volonté en sens inverse, soit l'arrimage à l'Union, que les Polonais avaient manifestée tout au long de la décennie antérieure.
Outre les Polonais, les Tchèques également ont favorisé les députés nationalistes. Les Hongrois? Dans une proportion moindre, ils ont eux aussi envoyé des eurosceptiques au Parlement. En fait, les nouveaux membres de l'Union ont signifié leur dépit un mois à peine après l'élargissement. Ce sentiment largement répandu laisse entrevoir des lendemains très difficiles pour les partisans de l'Europe. Bizarrement, ce sont les nations de la Nouvelle Europe, pour reprendre le qualificatif du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, qui affichent leur nostalgie pour la Vieille Europe, celle des États-Nations.
En Grande-Bretagne, la surprise créée par l'UKIP va avoir un écho d'autant plus grand et prolongé que cette formation, militant pour une rupture pure et simple du royaume avec le continent, a recueilli les votes de 18 % des Britanniques. Il est vrai qu'il faut spécifier, si l'on en croit les observateurs, que beaucoup des électeurs ont voulu sanctionner la politique défendue par le premier ministre Tony Blair dans le dossier irakien. Soit dit en passant, la gifle infligée dimanche à Blair est la deuxième en moins d'une semaine. Lors des municipales de jeudi dernier, l'UKIP a doublé le Parti travailliste.
Chez les deux poids lourds de l'Union, soit l'Allemagne et la France, l'abstention et le vote-sanction à l'endroit des gouvernements en place ont marqué le scrutin. En France, le Parti socialiste a fini bon premier devant l'UMP du président Chirac. En Allemagne, on a constaté l'inverse: la gauche au pouvoir a subi une autre défaite.
Toutes les données confondues, les formations de droite vont former la majorité au Parlement, suivies des socialistes. Les premières étant plus eurosceptiques que les deuxièmes, peut-être faut-il se poser la question suivante: l'Europe à 25 n'est-elle pas condamnée à l'implosion?
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