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Journée mondiale de la jeunesse - Appel aux jeunes catholiques

Le port du condom est une question de vie ou de mort, dites-le au pape

Jean Dussault - Rigaud  20 juillet 2002 
Le chapelet de statistiques morbides qu'on a égrené lors de la conférence mondiale sur le sida, il y a moins de dix jours, a peut-être déjà pâli dans votre mémoire. Un bref rappel: le nombre de personnes qui vivent aujourd'hui avec le VIH s'élève à 40 millions; 20 millions d'autres personnes sont mortes du sida, dont trois millions en 2001. Près de 12 millions de jeunes sont séropositifs; ce chiffre augmente de 6000 chaque jour. Environ 14 millions d'enfants sont devenus orphelins à cause du sida.

Cette tornade de chiffres disparates déclenche facilement le réflexe de l'autruche plutôt que de toucher notre coeur et de nous pousser à faire tout en notre pouvoir pour changer le monde.

Réunissons trois faits bien simples qui devraient inspirer aux jeunes catholiques un geste qu'ils peuvent poser immédiatement.
- La moitié des nouveaux cas de VIH sur la planète se recense à présent parmi les jeunes.
- Plus de la moitié des jeunes sont sexuellement actifs à l'âge du secondaire 5.
- Or des jeunes des quatre coins du monde ont affirmé, à MTV, que leurs leaders religieux les empêchent d'avoir accès à des condoms et à l'information élémentaire sur la prévention du VIH-sida. La raison fondamentale: le Vatican s'oppose à l'usage du condom et dénonce le sécurisexe comme une «politique dangereuse et immorale»; il prétend que les seules armes fiables contre le VIH sont la chasteté et la fidélité du couple.

Jeunes catholiques réunis à Toronto, vous serez plus nombreux pour entendre «J.-P.», comme on l'appelle ces jours-ci, que tous les spécialistes du sida à la conférence de Barcelone. Vous avez une occasion unique de faire votre part pour modifier le cours de la pandémie du VIH, un devoir moral d'agir pour sauver une partie du monde.

Soyons francs. Plusieurs d'entre vous s'y connaissent mieux que le pape en matière de prévention du VIH et savent fort bien qu'en 2002, on ne peut plus considérer le condom comme un simple instrument païen pour empêcher la procréation. Le port du condom est aujourd'hui une question de vie ou de mort.

Les milliers de missionnaires religieux qui soignent des personnes malades du sida dans le Tiers-Monde le savent aussi. Sur le terrain, à l'encontre de la ligne de pensée de leur chef suprême sur Terre, ils distribuent des milliers de condoms. Ils reconnaissent que dans des pays où jusqu'à une personne sur trois a déjà le VIH, le condom est un moyen essentiel de sauver les millions d'autres gens non infectés et pour lesquels l'abstinence ou la fidélité du couple peuvent être carrément impossibles.

Devant le VIH-sida, le message officiel de l'Église catholique contre le condom est déconnecté de la réalité. Il est meurtrier. L'utilisation du condom ne peut plus être placée en opposition avec la morale catholique. À l'ère du sida, porter un condom est un geste d'amour du prochain et de respect de la vie.

Dites-le aux curés et aux évêques que vous connaissez. Exhortez-les à transmettre ce message de vie au grand chef des catholiques, qui vous appelle la «lumière du monde». Levez-vous. Parlez, éclairez J.-P. Avant de pouvoir sauver les âmes, il faut sauver des vies.
 
 
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