dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

L'argent des autres

Jean-Robert Sansfaçon   9 juin 2004 
Année après année, les rapports de nos vérificateurs généraux sont toujours aussi déprimants. Cette fois, c'est le précédent gouvernement du Québec qui est mis en cause dans deux dossiers majeurs: la SGF et le prolongement du métro vers Laval. À croire qu'une fois élus, tous les politiciens oublient que chaque dollar dépensé provient du travail acharné des hommes et des femmes qui leur ont fait confiance.

Entre 1998 et 2002, alors qu'elle était dirigée par Claude Blanchet, la Société générale de financement a engagé 2,3 milliards de fonds publics dans 221 projets totalisant 10,6 milliards d'investissements. En autorisant ainsi la «super SGF» à s'associer à des partenaires privés, le gouvernement du Parti québécois cherchait à attirer chez nous des entreprises en leur offrant une participation minoritaire susceptible de réduire leur risque. Dans plusieurs cas, ce fut un succès, dans d'autres, pas. Les aventures de la Gaspésia, par exemple, du Technodôme ou de Mosel Vitelic, sont autant d'exemples d'échecs parfois coûteux.

Cela dit, le travail de la vérificatrice ne visait pas à déterminer si la SGF avait fait de bons investissements, mais simplement si elle avait fait preuve d'une saine gestion. Or, dans une majorité de dossiers étudiés, la direction de la SGF n'aurait pas respecté ses propres règles d'appels d'offres pour des services professionnels. Elle n'a pas, non plus, assuré le suivi nécessaire des coûts de ces études et, dans certains cas, elle aurait omis de fournir toute l'information pertinente à une prise de décisions éclairée par le conseil. De là à conclure que certaines des décisions d'investissements aient pu être prises à l'aveuglette, il n'y a qu'un pas que la vérificatrice n'hésite pas à franchir.

Au chapitre de la rémunération de ses cadres, la vérificatrice reproche à la SGF d'avoir mis en application une politique qui insistait trop sur l'objectif d'investir le plus d'argent possible et pas assez sur leur rentabilité. La SGF a versé des primes atteignant 50 % de la rémunération de base à ses 14 cadres supérieurs, malgré le fait qu'elle enregistrait des déficits et que certains projets récompensés ne voyaient jamais le jour. Cela expliquerait-il qu'on ait tant dépensé pour des projets gigantesques mais peu crédibles, tel Mosel Vitelic (trois milliards)? Cela expliquerait-il aussi l'insistance des hauts dirigeants à obtenir de plus en plus de fonds du gouvernement pour l'avenir?

Dans le dossier du métro de Laval, là aussi le constat de la vérificatrice générale est désastreux. Adopté à la hâte et sans études suffisantes, le projet de prolongement du métro coûtera 809 millions au lieu des 179 prévus il y a six ans. Comment est-il possible qu'un gouvernement entier, ses ministres, leurs sous-ministres et toute la direction de l'Agence métropolitaine de transport aient pu ainsi laisser filer la facture sans remise en cause? Pourtant, nous dit aujourd'hui l'AMT, on savait que le métro de Toronto avait coûté beaucoup plus cher du kilomètre que les premières estimations faites pour Montréal ne le laissaient voir. L'Agence ne voulait même pas de ce projet, alors pourquoi ce jeu de cache-cache?

Pourquoi, sinon parce que le gouvernement lui-même ne voulait rien entendre qui puisse l'amener à renier une promesse?

Ces rapports aussi sérieux qu'accablants à l'endroit du gouvernement du Parti québécois laisseront des cicatrices. D'ici aux prochaines élections, le parti ne pourra pas faire l'économie d'une remise en question de l'équipe qui a dirigé le Québec pendant deux mandats consécutifs.

jrsansfacon@ledevoir.ca
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Fleurette Riverin - Abonnée
    9 juin 2004 10 h 27
    L'argent des autres
    La Vérificatrice générale du Québec vient de livrer un rapport accablant sur la mauvaise gestion du PQ dans certains dossiers, lorsque celui-ci était au pouvoir. Le Bloc, succursale de la maison-mère péquiste, peut-il être crédible quand il conspue le parti libéral fédéral pour les 100 millions égarés à des fins douteuses dans l'affaire des commandites? Pourfendeur de la corruption et ne s'étant jamais sali les mains puisqu'il n'a jamais touché à rien, le Bloc devrait être encore plus scandalisé par les nombreux scandales que la Vérificatrice du Québec dénonce avec véhémence, concernant la gestion scandaleuse des 10 années de ses maîtres à penser péquistes. Car le Bloc n'est en fait qu'une succursale du PQ introduite à Ottawa pour mieux travailler à la séparation du Québec du reste du Canada et il n 'a pas d'autre raison d'exister.

    - Scandales de la SGF, gouffre à milliards encore plus scandaleux que les commandites, où les cadres s'allouaient des bonis jusqu'à 50% de leur gros salaire alors que la SGF déclarait des pertes massives; mandats alloués sans appels d'offre et même sans contrat et autres infamies, le tout sous la TRÈS HAUTE direction de Claude Blanchet, mari de Pauline Maurois alors ministre des finances péquiste;

    - Scandale du Métro de Laval annoncé en pleine période électorale, dont le coût initial de 179 millions s'est avéré être de 809 millions, sans que le PQ le sache? Voyons donc!

    - Scandale de Mosel Vitelic, autre gouffre à milliards si cher à Claude Blanchet, heureusement aboli lorsque le fédéral a refusé d'être partenaire dans un aussi mauvais projet;

    - Scandale du Technodôme, autre projet farfelu de Claude Blanchet, non viable, qui a dû heureusement être abandonné après nous avoir coûté plus de cinq millions en études;

    - Scandale de la Gaspésia, autre gouffre à milliards perdus. Et j'en passe et tout n'a pas été analysé car on découvrirait bien des choses cachées qui expliquent le mauvais état des finances publiques du Québec. Sans parler du scandale des lobbyistes sur lequel Jean Charest avait demandé une enquête publique, qui fut évidemment refusée par Bernard Landry et dont on ne saura jamais toutes les ramifications fort nébuleuses, et sur lequel la Vérificatrice aurait dû aussi faire enquête.

    En voyant les horreurs dévoilées par la Vérificatrice du Québec sur la gestion du gouvernement péquiste, on peut se demander avec effroi ce qui nous serait arrivé si leurs amis bloquistes avaient eu, eux aussi, à gérer les fonds publics, et présumer que cela aurait aurait pu être encore bien pire que les 100 millions des commandites sur lesquels ils basent leur campagne pour traiter les libéraux de voleurs. Quand on hurle au loup, il faut d'abord s'assurer que l'on ne fait pas partie de la meute!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • jacques langlois - Inscrit
    9 juin 2004 10 h 57
    Le fleuve des autres
    Pourquoi attendre les revelations du verificateur pour reagir sur des projets douteux .L elargissement de la voie maritime ne sera utile qu aux batiments de guerre des USA et aux Panamax a venir de M. Martin .

    Parlant bateaux ,personne ne parle du futur passage Atlantique-Pacifique qui sera bientot un enjeu economique et militaire de premier plan pour couvrir le marche asiatique .
    Bonne journee et bonne elections .
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Thibault - Inscrit
    9 juin 2004 15 h 50
    Encore Bernard Landry
    Si j'ai quitté le PQ (militant actif), c'est Landry qui m'a fait fuir.
    Membre du RAP, puis membre de L'UFP, et bientôt membre de l'Union citoyenne.
    Je laisse les Pierre Dubuc, Monique Richard, et Laviolette se casser les dents entirant à force de machoir pour ramener à gauche le PQ.
    Je revois ce Landry forcer Céline Signori de quitter le comté de Blainville en plein milieu de mandat pour laisser le chemin libre à Legendre. Il est peut-être meilleur et plus vendable mais quand même.
    Les amis d'oxygène 9 ( l'agence de publicité des commandites québecoises)
    encore une affaire de Landry
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012