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Al-Qaïda s'est refait

Serge Truffaut   27 mai 2004 
Le rapport de l'Institut international d'études stratégiques de Londres (IISS) est formel: le réseau terroriste al-Qaïda a profité de la guerre en Irak pour mieux reconstituer ses forces. Selon l'inventaire chiffré de l'IISS, la nébuleuse dirigée par Oussama ben Laden comprend 18 000 militants répartis dans une soixantaine de pays. En clair, la taille d'al-Qaïda est loin d'avoir été réduite à une peau de chagrin, comme l'ont prétendu à plus d'une reprise certains dirigeants américains.

À bien des égards, si on en croit les conclusions de l'IISS, la guerre en Irak a largement profité à al-Qaïda. En s'introduisant les armes à la main au sein de l'oumma, soit la communauté des croyants, la coalition composée essentiellement d'Occidentaux a encouragé nombre de jeunes musulmans à rejoindre al-Qaïda afin de poursuivre le djihad, la guerre dite sainte. Cela étant constaté, le conflit en Irak a eu un autre effet. Déclinons.

Avant toute chose, il faut évidemment rappeler qu'aux lendemains des attentats du 11 septembre 2001, la volonté d'anéantir al-Qaïda était largement partagée par l'ensemble de la communauté internationale. À preuve, la coalition échafaudée pour anéantir le régime des talibans en Afghanistan est arrivée à ses fins sans que celle-ci se fissure. Mais voilà, dans la foulée du débat sur l'Irak à l'ONU, la cohésion jusqu'alors observée a éclaté en morceaux.

Résultat net de cette implosion: la lutte contre le terrorisme a perdu en force. Tellement que ce n'est qu'après les attentats de mars dernier à Madrid que ceux qu'on regroupe désormais sous le vocable de vieille Europe et ceux de la nouvelle Europe ont accordé leurs violons afin de combattre le terrorisme avec plus d'allant qu'auparavant. D'après l'IISS, al-Qaïda aurait profité des dissensions entre Européens d'une part et entre États-Unis et certains pays européens d'autre part pour mieux implanter des cellules en sol européen.

Ces cellules, selon l'hypothèse formulée par l'IISS, travailleraient actuellement à la préparation d'attentats en Grande-Bretagne et en Grèce. Pour les Jeux olympiques d'Athènes, l'IISS évoque de «graves inquiétudes». Ensuite? «Logiquement, al-Qaïda devrait frapper le Royaume-Uni.» Après avoir commis des attentats contre les membres mous, si on peut dire, de la coalition, Ben Laden et consorts viseraient maintenant l'un des piliers de la guerre en Irak.

Signe tangible du regain d'activité de la nébuleuse terroriste, le ministère américain de la Justice et la direction du FBI ont indiqué que les mouvements observés ici et là permettent d'avancer que les prochains mois seront critiques. Selon les informations fournies, les conventions des partis démocrate et républicain ainsi que la tenue de l'élection présidentielle en novembre prochain pourraient être visées.

Les dangers auxquels le monde fait face aujourd'hui permettent de rappeler combien le général Brent Scowcroft avait vu juste lorsque, dans une tribune publiée dans le Washington Post, cet ex-conseiller de la sécurité nationale de Bush père avait prévenu qu'une guerre en Irak altérerait durablement la guerre au terrorisme.






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  • MarKo Hubert
    Inscrit
    jeudi 27 mai 2004 09h21
    Réflexion
    « Depuis les attentats du 11 septembre 2001, je me demande constamment: Comment se fait-il que les gens soient surpris de cette violence? Maintenant, je me demande: Comment se fait-il que beaucoup sont surpris que les groupes terroristes redeviennent si puissants? Il me semble que c'est la résultante logique de l'attitude suffisante de l'occident en général et des États-Unis en particulier. On ne peut aller guerroyer dans un pays tier, lui voler ses richesses naturelles, lui imposer une culture et ne pas respecter sa population sous le prétexte bidon de vouloir l'affranchir d'une domination dite "tyrannique", et l'ammener supposément vers les bienfaits d'une liberté et d'une démocratie qui n'ont de réel que les mots vides prononcés par des vautours.

    Si nous voulons vraiment sortir de cette impasse, il est temps que nous fassions des efforts pour apprendre le respect dû à chaqu'un et que l'on apprenne aussi le véritable dialogue. Les dirigeants auraient aussi avantage à faire leur états de conscience et pour ce faire les populations auraient avantage, elles, à s'instruirent elles-même et de ne pas prendre pour paroles d'évangile les dires des politiciens, car, selon moi, si la planète vient qu'à être détruite ou, du moins, que l'occident et sa culture soit évincés, se sera à coup sûr à cause d'eux et de leurs sbires qui ne pensent qu'à leurs fortunes et indirectement à cause des populations qui auront préféré leur faire confiance aveuglément. »

  • Olivier Legros
    Inscrit
    jeudi 27 mai 2004 09h51
    Réagir au terrorisme...
    « Sans avoir la prétention de détenir tous les chiffres et toutes les données nécessaires pour conduire une analyse profonde des conséquences de l'invasion de l'Irak par la soi-disante coalition par rapport au terrorisme exercé par les intégristes musulmans, il demeure clair dans mon esprit que d'avoir envahi l'Irak ne pouvait qu'exacerber les tensions avec les fondamentalistes.

    L'invasion d'un État pour pallier à une menace transcendant les frontières, donc territorialiser une menace alors qu'elle est clairement "nébuleuse" ne peut qu'aggraver la situation. La preuve de cela ne réside que dans le simple fait qu'au départ, les Américains profitaient d'un certain soutien populaire en Irak (ou du moins c'est ce qui était transmis dans les médias), alors que désormais, ils se retrouvent devant une opposition populaire franchement impossible à gérer, selon moi. Bourdes après bourdes, dommages collatéraux s'accumulant, comment peuvent-ils maintenant envisager une Irak démocratique et pacifique ?

    Une démocratisation et un processus de pacification durable s'avère de plus en plus difficile. Espérons qu'en novembre, les électeurs américains seront éclairés sur cette question. »

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