Lettres : Labatt, le cirque
Éric Martin - Montréal, le 12 mai 2004
7 avril 2010 09h56
La gauche communautaire n'est plus la seule à vouloir combler le vide politique québécois. À preuve, les Brasseries Labatt ont coupé l'herbe sous le pied de Françoise David et consorts en lançant récemment une nouvelle formation politique bidon, une vaste opération de marketing visant à capitaliser sur les élections fédérales. Le parti du chef «Jonathan Bleue» ne sera pas inscrit auprès du Directeur général des élections. Ce n'est pas faute d'y avoir pensé, mais les lois de la politique sont trop contraignantes pour une campagne de marketing.
Au Québec et au Canada, exploiter la politique à des fins pécuniaires n'est pas nouveau. Le Parti libéral y avait déjà pensé. C'est la première fois, cependant, qu'on pousse l'affront jusqu'à créer une formation politique qui émerge directement d'une entreprise privée, et ce, à des fins ouvertement mercantiles. Ouvertement cynique, poussant la récupération jusqu'à l'imposture, la compagnie Labatt est désormais aux antipodes de son dernier slogan politique, génial bien qu'opportuniste: «On est six millions, faut se parler.» En comparaison, Bunker, le cirque!, c'est de la petite bière... Le pire, c'est qu'il y aura des gens pour trouver ça drôle. Comme disait Coluche: «Ça fait beaucoup marrer les gens de voir qu'on peut se moquer de la politique alors que, dans l'ensemble, c'est surtout la politique qui se moque de nous.»
Au Québec et au Canada, exploiter la politique à des fins pécuniaires n'est pas nouveau. Le Parti libéral y avait déjà pensé. C'est la première fois, cependant, qu'on pousse l'affront jusqu'à créer une formation politique qui émerge directement d'une entreprise privée, et ce, à des fins ouvertement mercantiles. Ouvertement cynique, poussant la récupération jusqu'à l'imposture, la compagnie Labatt est désormais aux antipodes de son dernier slogan politique, génial bien qu'opportuniste: «On est six millions, faut se parler.» En comparaison, Bunker, le cirque!, c'est de la petite bière... Le pire, c'est qu'il y aura des gens pour trouver ça drôle. Comme disait Coluche: «Ça fait beaucoup marrer les gens de voir qu'on peut se moquer de la politique alors que, dans l'ensemble, c'est surtout la politique qui se moque de nous.»
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