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Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Le vote favorable au Bloc se raffermit

64 % des bloquistes disent avoir fait un choix définitif

Kathleen Lévesque   20 mai 2004 
Le Bloc québécois s'engage dans la prochaine campagne électorale avec des avances de neuf points sur le Parti libéral du Canada et de 20 points chez les francophones. Même si l'écart avec l'adversaire s'est quelque peu amoindri au cours des dernières semaines, le vote favorable au parti de Gilles Duceppe se raffermit.

Au fil de départ et après répartition des indécis, le Bloc québécois mène avec 44 % des intentions de vote, suivi par les libéraux avec 35 %. Le Parti conservateur du Canada obtient 10 % et le Nouveau Parti démocratique ferme la marche avec 7 % des suffrages.

Comme le révèlent les résultats de ce sondage Le Devoir-The Gazette-Léger Marketing, le vote demeure volatile: 46 % des Québécois interrogés affirment qu'ils pourraient encore changer d'avis. D'ailleurs, les conservateurs apparaissent comme étant un deuxième choix pour 26 % des Québécois.

De façon plus particulière, le deuxième choix de 39 % des libéraux serait le Parti conservateur alors que les bloquistes seraient divisés entre le PC (26 %), le NPD (24 %) et le PLC (22 %). Le Bloc québécois bénéficie toutefois de la plus forte proportion (64 %) d'électeurs dont le choix est définitif. En comparaison, 51 % des électeurs du PLC n'entendent pas changer d'avis.

Mais les jeux ne sont pas faits pour autant, soutient le sondeur Jean-Marc Léger. «L'élection sera serrée au Québec. [...] C'est fascinant. Il n'y a pas d'enjeux et peu d'intérêt, mais beaucoup d'éléments [sont] complètement imprévisibles», fait-il valoir.

De fait, le périlleux dossier des défusions municipales, qui aboutira à la tenue de référendums le 20 juin, chevauchera la campagne électorale fédérale. L'impact des défusions est difficile à mesurer pour l'instant, souligne M. Léger. Ce dernier note toutefois qu'à court terme, certains organisateurs dans les municipalités risquent de manquer au rappel des troupes libérales.

Aussi, le scrutin en début d'été risque d'amplifier le problème du taux de participation: certains électeurs seront déjà en vacances et pourraient bouder leur devoir. Lors des élections de 2000, le Canada a connu le plus faible taux de participation de son histoire avec 61 % dans l'ensemble du pays et 64 % au Québec.

S'ajoute également le scandale des commandites, qui a écorché le premier ministre Paul Martin. Mais sur ce point, il semble que les électeurs n'y voient guère de sujet de préoccupation. Seulement 5 % des répondants estiment que c'est le sujet qui aura le plus d'influence sur leur vote.

Or le Bloc québécois mise beaucoup sur ce scandale, tant et tellement qu'il en a fait le slogan central de sa campagne: «Un parti propre au Québec». «C'est un très bon slogan en début de campagne. C'est un choix judicieux, mais c'est moins sûr que ça va tenir la route tout le long des cinq semaines [de campagne]. À l'inverse, le slogan libéral, "Allons droit devant avec l'équipe Martin", est dangereux puisqu'il essaie de corriger une impression négative et cache le Parti libéral», affirme Jean-Marc Léger.

Ce sondage, réalisé auprès de 1005 répondants entre les 12 et 16 mai derniers et dont les résultats sont précis à trois points près 19 fois sur 20, tend à démontrer l'inconfort des électeurs face au scandale des commandites. Près de trois Québécois sur quatre

(73 %) croient que Paul Martin n'a pas pris tous les moyens requis pour faire la lumière sur le scandale des commandites. Cet avis est partagé par 57 % des électeurs qui ont l'intention de voter pour le PLC.

Toujours sur ce thème, le sondage tend à montrer que 53 % des Québécois voient d'un mauvais oeil la tenue d'un scrutin. Ils jugent inacceptable le fait que Paul Martin déclenche un scrutin avant que toute la lumière ne soit faite sur ce dossier. Les bloquistes sont davantage (64 %) portés à croire qu'il faudrait attendre.

Aussi, malgré ses efforts pour se distancier de son prédécesseur Jean Chrétien, le premier ministre Martin incarne la continuité du régime libéral pour 61 % des électeurs. Il s'agit d'une hausse de six points comparativement au coup de sonde de Léger Marketing effectué en décembre dernier.

Malgré cela, Jean-Marc Léger estime que «les libéraux seront capables de parler d'autres enjeux et de contrôler l'agenda de campagne». Si les Québécois se disent peu préoccupés par le scandale des commandites, ils sont 29 % à désigner le dossier de la santé comme étant prioritaire. D'autres questions les préoccupent, dont l'emploi et l'économie (18 %), l'éducation (11 %), l'environnement et la qualité de vie (10 %), le déséquilibre fiscal (7 %), la souveraineté (5 %), le dossier de l'assurance-emploi (4 %), les défusions municipales (2 %) et les relations avec les États-Unis (2 %).

Le peu d'intérêt soulevé par l'option souverainiste du Bloc québécois place ce dernier devant un paradoxe, fait valoir M. Léger. «Si le Bloc n'en parle pas, les gens ne se sentiront pas interpellés. Mais s'il en parle, il semblera déconnecté», analyse-t-il.

Quant à la présence du Parti conservateur et de son chef Stephen Harper, les Québécois se montrent assez indifférents. On compte 27 % de répondants qui estiment qu'il serait désavantageux pour la province que M. Harper devienne premier ministre du Canada. Par contre, 30 % des Québécois interrogés n'y voient ni avantage ni inconvénient.

Ces résultats font dire à Jean-Marc Léger que Stephen Harper «ne fait pas peur» à la population du Québec, contrairement à son prédécesseur de l'Alliance canadienne, Stockwell Day. «Il y a un vote potentiel pour lui qui est inexploité. D'ailleurs, le Parti conservateur risque de nuire aux libéraux», souligne-t-il.

M. Léger ajoute que si les conservateurs font une véritable percée en Ontario, cela pourrait avoir un impact au Québec. Selon le sondeur, des sièges pourraient être gagnés par le PC dans la grande région de Québec, où un vieux fond conservateur a permis à l'Action démocratique du Québec de faire élire des députés lors des élections provinciales d'avril 2003.

Ces circonscriptions font partie de la vingtaine au Québec que M. Léger estime être au coeur de la bataille électorale qui sera lancée sous peu; les 55 autres circonscriptions apparaissent comme des châteaux forts partagés entre libéraux et bloquistes.
 
 
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  • Jean Courville
    Inscrit
    jeudi 20 mai 2004 04h40
    Rôle du PQ à Ottawa
    Je comprends mal cet engouement pour un parti que je trouve complètement inutile. Il défend le Québec ( dit-il) OUI, c'est vrai; mais le Québec pourrait être pris en charge autrement. Il ne faut pas penser que tous les députés libéraux et autres sont CONTRE le Québec et que si le BP n'était pas là ce serait la catastrophe pour le Québec, C'est pas mal prétentieux de se croire à ce point indispensable.

    Actuellement le BQ ne fait que retarder la formation d'une opposition unifiée et bien structurée à Ottawa. Le BP est responsable, en bonne partie, de la permanence des Libéraux à Ottawa. Le BP dit ne pas vouloir le pouvoir et il permet à ce moment -là de ne pas former une opposition valable qui aurait pu déloger les Libéraux. Au contraire l'opposition est morcelée au point de n'avoir aucune efficacité électorale.

    CES GENS-LÀ SE CONTENTENT DE GUEULER et comme ils n'ont pas de force unifiée personne ne peut déloger le Parti au pouvoir. M. Martin est bas dans les sondages`mais les partis adverses sont en core plus bas..C'est évident que M. Martin formera le futur gouvernement...fort ou faible, peu importe; mais il sera là quand on voit ce qui se passe.
    LE BLOC EST UN PARTI INUTILE. ILS SONT LES PREMIERS SURPRIS D'ÊTRE ENCORE LÀ...

    Aussi bien rester là, car ça paye...Plus ils seront lomgtemps là, plus le régime de pension sera bon. C'est contradiCtoire: ils se font payer par une organisation qu'ils voudraient écraser et voir sortie du Québec...C'EST UN NON-SENS. Et puis c'est toujours facile de critiquer ( c'est ce qu'ils font ) quand on n'a jamais de décision à prendre nulle part sauf celle de critiquer celles des autres qui ont à faire face à la réalité gouvernementale. Moi aussi je trouve affreux tous ces scandales dénoncés, mais ça ne chassera pas M. Martin du pouvoir parce que les forces d'opposition sont trop morcelées pou être efficaces.

  • Louis La Bonté
    Inscrit
    lundi 21 juin 2004 15h39
    Le Canada aussi a le choix
    Il est fallacieux de dire qu'en votant pour le Bloc on favorise soit le Parti libéral, soit le Parti conservateur.

    Que je sache, les Canadiens hors Québec se prononceront aussi le 28 juin; qu'ils choisissent qui ils veulent, libéraux, conservateurs, néo-démocrates ou verts. Ce ne sera jamais le Québec qui choisira le gouvernement, quoi qu'il advienne. Il peut faire la différence, certes, mais pourquoi ne pas laisser le Canada faire son choix?

    Le Québec ne peut plus se permettre de cautionner aveuglément les décisions de la majorité canadienne anglaise; on voit bien ce que cela a donné en 1982, avec le rapatriement de la Constitution, qui allait à l'encontre des intérêts du Québec, et qui a pourtant été décidé par des élus du Québec!

    Le Bloc québécois ne sera jamais au pouvoir, c'est vrai. Mais il est par là même le mieux placé de tous les partis pour défendre rigoureusement les intérêts du Québec, notamment en faisant la lumière sur des dossiers que des députés québécois du parti au pouvoir se verraient obligés de taire en raison de la ligne de parti.

    Alors on aura beau critiquer le Bloc québécois, mais la popularité actuelle de ce parti montre bien qu'il conserve tout son intérêt. D'ailleurs, fait intéressant, de nombreux Canadiens anglais ont écrit à ce parti à la suite du débat des chefs, en affirmant que les interventions de M. Duceppe avaient été très pertinentes et qu'ils regrettaient l'absence de ce parti à l'extérieur du Québec. (Voir http://www2.bloc.org/2004/fr/manchette_detail.asp?

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