Lettres: Nos vies pour une sale poignée de dollars
En réaction à un récent article d'Alec Castonguay, Coût du jeu au Québec: 2,5 milliards, je vous fais part d'un incident survenu récemment chez des amis.
Le fils, un garçon de 14 ans, est arrivé à table avec un gratteux gagnant dans les mains. La mère qui fulminait en silence, lui a arraché des mains. Elle s'est retournée vers nous, toute chavirée et nous a envoyé toute une claque en plein visage. Jean Charest avait tout intérêt à ne pas être parmi les convives. Elle l'aurait électrocuté juste avec son regard. Son plus jeune frère, 33 ans, père de deux petites filles, récemment divorcé, a été retrouvé pendu dans son garage après avoir tout joué dans les loteries vidéo. Il est mort de honte parce qu'il était incapable de supporter l'idée d'avoir joué l'avenir de ses enfants.
L'article du Devoir n'a fait que renforcer ma conviction qu'il faut, tous autant que nous sommes, taper du poing sur la table et dire à ce gouvernement dopé par les revenus du jeu: «Assez»! C'est assez leurs indignations de circonstance, le temps d'une campagne électorale. Assez de les entendre du bout des lèvres reconnaître qu'il y aurait peut-être matière à réviser certains aspects de l'offre de jeu. Assez d'entendre le cynique et froid relationniste de Loto-Québec nous diffuser sa cassette préenregistrée, tenter habilement de nous faire croire que tout va bien dans le meilleur des mondes.
Maintenant c'est très clair, chiffres à l'appui. Tout le Québec y perd au change: 2,5 milliards de coûts sociaux pour des revenus ne dépassant pas le milliard. C'est sans compter tous les drames familiaux, les histoires d'horreur, les suicides. Loto-Québec vit des revenus siphonnés à même les maigres salaires des gens les plus exposés et à risques, les gens des quartiers populaires, non pas de Sillery, Outremont ou du Lac Memphrémagog.
Pour finir, messieurs les élus qui dites vouloir faire les choses autrement, auriez-vous, à défaut d'une sincère compassion ou d'un brin de jugement, la simple décence de reconduire le programme pour prévenir la dépendance aux jeux de hasard qui existait dans les écoles du Québec? Il paraît qu'il a été aboli. Mon amie (qui est aussi prof au primaire) trouve que vous jouez un peu trop à la roulette russe avec la santé publique, celle des enfants de surcroît. Est-ce trop demander? En parlant de mission sociale, le portrait de son frère est disponible pour égayer les corridors de Loto-Québec, tapissés de toiles. L'Extra avec ça, m'sieur le relationniste de Loto-Bingo?
Le fils, un garçon de 14 ans, est arrivé à table avec un gratteux gagnant dans les mains. La mère qui fulminait en silence, lui a arraché des mains. Elle s'est retournée vers nous, toute chavirée et nous a envoyé toute une claque en plein visage. Jean Charest avait tout intérêt à ne pas être parmi les convives. Elle l'aurait électrocuté juste avec son regard. Son plus jeune frère, 33 ans, père de deux petites filles, récemment divorcé, a été retrouvé pendu dans son garage après avoir tout joué dans les loteries vidéo. Il est mort de honte parce qu'il était incapable de supporter l'idée d'avoir joué l'avenir de ses enfants.
L'article du Devoir n'a fait que renforcer ma conviction qu'il faut, tous autant que nous sommes, taper du poing sur la table et dire à ce gouvernement dopé par les revenus du jeu: «Assez»! C'est assez leurs indignations de circonstance, le temps d'une campagne électorale. Assez de les entendre du bout des lèvres reconnaître qu'il y aurait peut-être matière à réviser certains aspects de l'offre de jeu. Assez d'entendre le cynique et froid relationniste de Loto-Québec nous diffuser sa cassette préenregistrée, tenter habilement de nous faire croire que tout va bien dans le meilleur des mondes.
Maintenant c'est très clair, chiffres à l'appui. Tout le Québec y perd au change: 2,5 milliards de coûts sociaux pour des revenus ne dépassant pas le milliard. C'est sans compter tous les drames familiaux, les histoires d'horreur, les suicides. Loto-Québec vit des revenus siphonnés à même les maigres salaires des gens les plus exposés et à risques, les gens des quartiers populaires, non pas de Sillery, Outremont ou du Lac Memphrémagog.
Pour finir, messieurs les élus qui dites vouloir faire les choses autrement, auriez-vous, à défaut d'une sincère compassion ou d'un brin de jugement, la simple décence de reconduire le programme pour prévenir la dépendance aux jeux de hasard qui existait dans les écoles du Québec? Il paraît qu'il a été aboli. Mon amie (qui est aussi prof au primaire) trouve que vous jouez un peu trop à la roulette russe avec la santé publique, celle des enfants de surcroît. Est-ce trop demander? En parlant de mission sociale, le portrait de son frère est disponible pour égayer les corridors de Loto-Québec, tapissés de toiles. L'Extra avec ça, m'sieur le relationniste de Loto-Bingo?
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