Lettres : Et le savoir... ?
Samuel Dupéré - Montréal, le 2 mai 2004
7 mai 2004
Comme beaucoup de ceux qui ont à coeur notre avenir collectif, j'ai été drôlement ébranlé par les «recommandations» du Conseil supérieur de l'éducation publiées dans Le Devoir (25 mars 2004). Ce ne sont pas deux ou trois cours qu'on remet ici en question mais toute l'acquisition d'un savoir critique pour une génération d'étudiants à venir. À quoi sert le savoir critique? Il me semble que c'est le moteur de l'évolution sociale.
De plus, il est inconcevable qu'on puisse sérieusement insinuer que l'éducation devrait être subordonnée aux impératifs du marché. Sans les outils nécessaires à son analyse, le progrès (qu'il soit économique ou technique) est aveugle et insensé. Si on affaiblit les conditions d'obtention d'un diplôme, on affaiblit du même coup la qualité des diplômes attribués. [...] La véritable question est la suivante: le fait d'avoir des diplômés qui ont une formation en philosophie ou en littérature (somme toute assez minime) profite-t-il, oui ou non, à la société dans son ensemble?
Il semble que la réponse s'impose d'elle-même. La philosophie est-elle inutile? On pourrait facilement argumenter que non, mais ce serait jouer le jeu de ses détracteurs technocrates. J'invite le Conseil «supérieur» de l'éducation à voir plus loin que le bout de son nez. [...]
De plus, il est inconcevable qu'on puisse sérieusement insinuer que l'éducation devrait être subordonnée aux impératifs du marché. Sans les outils nécessaires à son analyse, le progrès (qu'il soit économique ou technique) est aveugle et insensé. Si on affaiblit les conditions d'obtention d'un diplôme, on affaiblit du même coup la qualité des diplômes attribués. [...] La véritable question est la suivante: le fait d'avoir des diplômés qui ont une formation en philosophie ou en littérature (somme toute assez minime) profite-t-il, oui ou non, à la société dans son ensemble?
Il semble que la réponse s'impose d'elle-même. La philosophie est-elle inutile? On pourrait facilement argumenter que non, mais ce serait jouer le jeu de ses détracteurs technocrates. J'invite le Conseil «supérieur» de l'éducation à voir plus loin que le bout de son nez. [...]
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