Lettres : Santé publique + santé privée = danger
Jean Brien - Montréal, le 28 avril 2004
7 mai 2004
J'ai un cancer qui, actuellement, ne répond à aucun traitement de chimiothérapie ou de radiothérapie, un cancer du rein avec métastases aux poumons. Le seul traitement est l'intervention chirurgicale. On m'a déjà enlevé un rein et j'ai eu une opération au poumon droit; malgré ces interventions, des lésions sont encore présentes sur mes deux poumons. Je suis suivi à l'Hôtel-Dieu de Montréal de façon régulière et on surveille l'évolution de ces lésions par des scans. Pour moi, ceux-ci sont indispensables, et je passe régulièrement des scans dit traditionnels.
Voilà qu'à mon dernier rendez-vous, mon médecin me réfère pour un nouveau scan, le TEP Scan, une nouvelle machine plus performante qui donnera une meilleure classification du stade d'évolution de ma maladie. Sur la référence pour cet examen, mon médecin indique «urgent». Cette machine ne guérit pas mais, au moins, elle me donnera une heure plus juste.
Je vais moi-même porter la demande d'examen au département concerné, et là, c'est l'attente qui commence. Je me dis naïvement qu'avec la mention «urgent», ça devrait aller assez rapidement. Eh bien non: il y a dix semaines de délai avant de passer l'examen, plus l'attente des résultats. C'est long pour moi mais aussi pour tous ceux et celles qui attendent de passer cet examen. Imaginez, dix semaines pour une urgence, combien de mois pour les réguliers?
Je ne suis pas passé par une clinique privée. Je crois au système de santé universel, sans égard au sexe, à l'âge, à la race et, surtout, au portefeuille. Et c'est là que cela devient choquant: une nouvelle machine est disponible dans un centre public, et voilà qu'elle sert aussi au privé. Je ne sais pas si l'attente est de dix semaines dans le privé, mais j'en doute. De plus, cette machine a même fait l'objet d'une campagne spéciale de financement.
Ce qui est très inquiétant, c'est qu'à cause du sous-financement du secteur public, les établissements du réseau de la santé sont amenés à faire des ententes de ce type. Va-t-on bientôt louer les salles d'opération pour trouver de nouvelles sources de financement? Comment déterminera-t-on les priorités d'examen, de soins et de chirurgie? Où ira la priorité, au portefeuille ou à la situation médicale du patient?
Le réseau de la santé doit demeurer public et universel. Les patients qui vivent déjà dans l'angoisse d'une maladie ne devraient pas avoir à se poser cette question: «Si j'avais de l'argent, serais-je traité plus rapidement?»
Donc, avant de voir dans le privé la panacée au financement du réseau de la santé, on devrait abandonner cette idée et renforcer le système de santé et de services sociaux au lieu de le fragiliser.
Voilà qu'à mon dernier rendez-vous, mon médecin me réfère pour un nouveau scan, le TEP Scan, une nouvelle machine plus performante qui donnera une meilleure classification du stade d'évolution de ma maladie. Sur la référence pour cet examen, mon médecin indique «urgent». Cette machine ne guérit pas mais, au moins, elle me donnera une heure plus juste.
Je vais moi-même porter la demande d'examen au département concerné, et là, c'est l'attente qui commence. Je me dis naïvement qu'avec la mention «urgent», ça devrait aller assez rapidement. Eh bien non: il y a dix semaines de délai avant de passer l'examen, plus l'attente des résultats. C'est long pour moi mais aussi pour tous ceux et celles qui attendent de passer cet examen. Imaginez, dix semaines pour une urgence, combien de mois pour les réguliers?
Je ne suis pas passé par une clinique privée. Je crois au système de santé universel, sans égard au sexe, à l'âge, à la race et, surtout, au portefeuille. Et c'est là que cela devient choquant: une nouvelle machine est disponible dans un centre public, et voilà qu'elle sert aussi au privé. Je ne sais pas si l'attente est de dix semaines dans le privé, mais j'en doute. De plus, cette machine a même fait l'objet d'une campagne spéciale de financement.
Ce qui est très inquiétant, c'est qu'à cause du sous-financement du secteur public, les établissements du réseau de la santé sont amenés à faire des ententes de ce type. Va-t-on bientôt louer les salles d'opération pour trouver de nouvelles sources de financement? Comment déterminera-t-on les priorités d'examen, de soins et de chirurgie? Où ira la priorité, au portefeuille ou à la situation médicale du patient?
Le réseau de la santé doit demeurer public et universel. Les patients qui vivent déjà dans l'angoisse d'une maladie ne devraient pas avoir à se poser cette question: «Si j'avais de l'argent, serais-je traité plus rapidement?»
Donc, avant de voir dans le privé la panacée au financement du réseau de la santé, on devrait abandonner cette idée et renforcer le système de santé et de services sociaux au lieu de le fragiliser.
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