Le Canada réduit de 300 soldats sa présence en Bosnie
Photo : Agence Reuters
Deux soldats allemands de la SFOR pénètrent dans le tunnel — aujourd’hui une attraction touristique — qui fut utilisé pour lier Sarajevo au monde extérieur pendant le siège serbe qui a emprisonné la ville pendant 44 mois au début des années
Sarajevo— Ottawa confirmera ce matin la réduction de son effort à la force internationale présente en Bosnie-Herzégovine sous l'égide de l'OTAN. Le gouvernement fédéral doit annoncer la fermeture d'un de ses sept camps dans la zone dont le Canada a le contrôle, celui de Tomislavgrade, dans le sud-ouest du pays. Il s'agit d'une zone qui a été moins perturbée par la guerre, habitée presque entièrement par des Croates.
Le repli sera effectué lors de la prochaine rotation des troupes en octobre. Le Canada ramènera ainsi, de 1500 à environ 1200 militaires sa présence dans l'ex-république yougoslave, comme l'avait annoncé plutôt cette année le ministre de la Défense nationale, John Mc Callum. Cette annonce s'inscrit dans la réduction globale des forces de l'OTAN en Bosnie (SFOR), qui sont passées de quelque 60 000 militaires en 1996 à environ 12 000 aujourd'hui.
«Je passe beaucoup de temps à parler avec les gens sur le terrain, a indiqué au Devoir ce week-end le lieutenant-colonel John Sylvester, commandant de la SFOR. Je parle aux personnes déplacées, des gens qui sont revenus et doivent reconstruire leurs maisons, rebâtir leurs vies. Tous me disent: "si vous partez, je ne me sentirai pas en confiance pour poursuivre ce processus"».
Le commandant du contingent canadien en Bosnie-Herzégovine, le colonel Marquis-Hainse, fait valoir de la même façon la présence des troupes six ans après leur arrivée. «Il reste des réfugiés dans plusieurs régions qui ne sont pas encore revenus, dit-il en entrevue. Le sentiment de confiance, alors qu'ils ont été jetés de leur maison et ont vu les leurs être tués, n'est pas encore là. Il n'y a aucun doute que notre présence peut en convaincre certains de revenir.»
La SFOR patrouille quotidiennement le territoire. Des collectes d'armes illégales sont organisées, en faisant du porte-à-porte ou en érigeant des postes de contrôle sur la route. Elle peut aussi répondre aux craintes des citoyens bosniens (Croates, Serbes ou Bosniaques confondus) qui ne font pas confiance à leurs armées, explique l'ambassadeur canadien à Sarajevo, Sam Hanson. Les deux fédérations composant la Bosnie (le Republika Sprska et la Fédération de Bosnie et Herzégovine) ont chacune leur armée, à profil serbe dans le premier cas ou composée de deux branches, croate ou bosniaque, dans le second. «Tout incident comporte un facteur ethnique, et les citoyens se demandent toujours vers quelle entité se tourner », dit M. Hanson.
Un an d'immunité aux Américains
Cette réduction des effectifs n'affecte en rien le petit contingent canadien de la mission de maintien de la paix de l'ONU en Bosnie, la International Police Task Force. C'est le mandat de celle-ci qui venait à échéance aujourd'hui et que les États-Unis avaient menacé de ne pas renouveler si les règles de la nouvelle Cour pénale internationale (CPI) n'étaient pas modifiées de manière à accorder une immunité à ses soldats de maintien de la paix. Un compromis a finalement été atteint tard vendredi dernier.
Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont en effet voté à l'unanimité pour accorder une immunité d'un an à tous les soldats de maintien de la paix provenant d'un pays (dont les États-Unis) qui n'a pas ratifié le protocole établissant la CPI. Le Canada a vertement dénoncé ce compromis. L'ambassadeur canadien à l'ONU, Paul Heinbecker, a parlé d'un «jour triste pour l'ONU» et d'une décision qui «compromet la crédibilité du Conseil de sécurité», puisqu'il n'a pas la juridiction de modifier un traité (celui créant la CPI) qu'il n'a pas négocié.
Le Canada aurait souhaité que le Conseil de sécurité laisse les Américains mettre leur menace à exécution, soit de ne pas renouveler la mission onusienne en Bosnie, puisque l'Union européenne aurait pu prendre la relève, ce qu'elle doit faire de toute façon dans six mois. Le Canada compte une dizaine de policier dans la International Police Task Force, les États-Unis 46.
Hélène Buzzetti s'est rendue en Bosnie Herzégovine à l'invitation du ministère de la Défense nationale.
Le repli sera effectué lors de la prochaine rotation des troupes en octobre. Le Canada ramènera ainsi, de 1500 à environ 1200 militaires sa présence dans l'ex-république yougoslave, comme l'avait annoncé plutôt cette année le ministre de la Défense nationale, John Mc Callum. Cette annonce s'inscrit dans la réduction globale des forces de l'OTAN en Bosnie (SFOR), qui sont passées de quelque 60 000 militaires en 1996 à environ 12 000 aujourd'hui.
«Je passe beaucoup de temps à parler avec les gens sur le terrain, a indiqué au Devoir ce week-end le lieutenant-colonel John Sylvester, commandant de la SFOR. Je parle aux personnes déplacées, des gens qui sont revenus et doivent reconstruire leurs maisons, rebâtir leurs vies. Tous me disent: "si vous partez, je ne me sentirai pas en confiance pour poursuivre ce processus"».
Le commandant du contingent canadien en Bosnie-Herzégovine, le colonel Marquis-Hainse, fait valoir de la même façon la présence des troupes six ans après leur arrivée. «Il reste des réfugiés dans plusieurs régions qui ne sont pas encore revenus, dit-il en entrevue. Le sentiment de confiance, alors qu'ils ont été jetés de leur maison et ont vu les leurs être tués, n'est pas encore là. Il n'y a aucun doute que notre présence peut en convaincre certains de revenir.»
La SFOR patrouille quotidiennement le territoire. Des collectes d'armes illégales sont organisées, en faisant du porte-à-porte ou en érigeant des postes de contrôle sur la route. Elle peut aussi répondre aux craintes des citoyens bosniens (Croates, Serbes ou Bosniaques confondus) qui ne font pas confiance à leurs armées, explique l'ambassadeur canadien à Sarajevo, Sam Hanson. Les deux fédérations composant la Bosnie (le Republika Sprska et la Fédération de Bosnie et Herzégovine) ont chacune leur armée, à profil serbe dans le premier cas ou composée de deux branches, croate ou bosniaque, dans le second. «Tout incident comporte un facteur ethnique, et les citoyens se demandent toujours vers quelle entité se tourner », dit M. Hanson.
Un an d'immunité aux Américains
Cette réduction des effectifs n'affecte en rien le petit contingent canadien de la mission de maintien de la paix de l'ONU en Bosnie, la International Police Task Force. C'est le mandat de celle-ci qui venait à échéance aujourd'hui et que les États-Unis avaient menacé de ne pas renouveler si les règles de la nouvelle Cour pénale internationale (CPI) n'étaient pas modifiées de manière à accorder une immunité à ses soldats de maintien de la paix. Un compromis a finalement été atteint tard vendredi dernier.
Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont en effet voté à l'unanimité pour accorder une immunité d'un an à tous les soldats de maintien de la paix provenant d'un pays (dont les États-Unis) qui n'a pas ratifié le protocole établissant la CPI. Le Canada a vertement dénoncé ce compromis. L'ambassadeur canadien à l'ONU, Paul Heinbecker, a parlé d'un «jour triste pour l'ONU» et d'une décision qui «compromet la crédibilité du Conseil de sécurité», puisqu'il n'a pas la juridiction de modifier un traité (celui créant la CPI) qu'il n'a pas négocié.
Le Canada aurait souhaité que le Conseil de sécurité laisse les Américains mettre leur menace à exécution, soit de ne pas renouveler la mission onusienne en Bosnie, puisque l'Union européenne aurait pu prendre la relève, ce qu'elle doit faire de toute façon dans six mois. Le Canada compte une dizaine de policier dans la International Police Task Force, les États-Unis 46.
Hélène Buzzetti s'est rendue en Bosnie Herzégovine à l'invitation du ministère de la Défense nationale.
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