mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h11


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Plus souverainistes qu'avant

Frédérique Doyon   3 mai 2004 
«Nous sommes souverainistes, nous le sommes davantage et mieux», a affirmé hier Bernard Landry alors que se terminait à Montréal le cycle des consultations régionales de la Saison des idées du Parti québécois.

Lancée officiellement en octobre dernier, la Saison des idées se veut une tribune de discussions et d'échanges en vue de moderniser le parti de René Lévesque. Trois chantiers ont été mis sur pied, l'un portant sur le programme politique du PQ, l'autre sur l'organisation et la structure du parti, et le dernier sur la réactualisation du discours souverainiste.

Les consultations se sont déroulées dans toutes les régions du Québec

Les propos de M. Landry ont pris des airs de discours électoral alors qu'il donnait à la centaine de participants de la journée un aperçu du slogan de la prochaine campagne référendaire: «Cette fois-ci, c'est la bonne.» «Ça ne peut pas être autrement», a-t-il ajouté. Le chef du PQ était bien conscient de s'adresser aux militants de Montréal-Centre, groupe «le plus fécond, le moins consensuel, mais, ultimement, le plus productif pour le développement des idées» du parti, a-t-il lui-même rappelé.

L'ancien premier ministre a aussi bénéficié des ardents discours des deux conférenciers invités dans le cadre du chantier sur le pays, le plus attendu et mouvementé de la journée de consultations. «Je suis sûr que les résultats de la Saison porteront la marque de Robert Laplante et de Jean-François Lisée », a-t-il laissé entendre.

Sur un ton enflammé, Robert Laplante, directeur de la revue L'Action nationale, a prévenu les militants que «le Canada à affronter n'est plus celui dont on a tenté de se séparer». L'omniprésence des valeurs «canadian» menace de casser la cohésion nationale du Québec, selon lui, d'où l'urgence de reprendre le pouvoir pour déployer les institutions d'un Québec indépendant et ensuite demander aux Québécois qu'ils ratifient le travail du gouvernement par voie référendaire.

C'est ensuite Jean-François Lisée, ex-conseiller des premiers ministres Parizeau et Bouchard, qui, sur un ton plus enthousiaste et amusé, a livré ses réflexions sur la question Pourquoi la souveraineté est probable. Après les périodes favorables à la souveraineté — que M. Lisée appelle les «marées» — que furent 1990-93 et 1996, d'autres rendez-vous qu'il ne faudrait pas manquer sont imminents selon l'ex-journaliste, favorisés par une combinaison de facteurs.

Tandis que les liens entre le Québec et le reste du Canada se détériorent notamment à cause du poids démographique, linguistique, fiscal et juridique du Québec qui s'amenuise au sein de la confédération, la force intrinsèque du Québec progresse selon les données de l'OCDE qu'il a brandies. Ces données placent la province au 10e rang mondial dans l'échelle de la création des richesses, en 2002, alors qu'elle tenait le 17e rang il y a dix ans. Enfin, M. Lisée a souligné «la permanence d'une volonté souverainiste substantielle» qui serait simplement inhibée par la peur que le processus menant à la souveraineté soit un échec.

Feu vert au SPQ Libre?

Bernard Landry a par ailleurs accueilli chaleureusement les syndicalistes-progressistes dans son parti, donnant en quelque sorte l'aval au SPQ Libre, club politique qui s'est formé en février dernier en vue de tirer le PQ plus à gauche. «J'ai été enchanté de voir les syndicalistes-progressistes rejoindre nos rangs», a déclaré M. Landry, rappelant que le PQ était né d'une coalition de ce genre. Mais le chef péquiste a souligné que ce mélange à dominante progressiste «n'a jamais non plus négligé la nécessaire création de la richesse si nous voulons la redistribuer», maintenant le cap que certains jugent trop libéral.

Reste à voir si M. Landry acceptera de modifier les statuts du PQ pour reconnaître les différents courants au sein de sa formation, tel que demandé hier par la conférencière invitée Monique Richard, ex-présidente de la Centrale des syndicats du Québec et membre du SPQ Libre, dans le cadre du chantier sur le programme du parti.

Les militants péquistes — pour la plupart des membres du parti —, qui livraient leurs opinions et propositions au cours des ateliers ponctuant la journée, ont eux aussi été influencés par les conférenciers. «La déclaration du SPQ a fait sa marque; les chantiers devraient regarder attentivement cette contribution», concluait Daniel Turp, coordonnateur de la Saison des idées chargé de résumer le contenu des plénières.

Si la tournée des consultations régionales de la Saison des idées se terminait hier à Montréal, les citoyens ont jusqu'au 7 mai pour faire part de leur vision du Parti québécois, par l'entremise du site Internet. Alors que prend fin ce cycle de consultations, le cycle de synthèse s'amorcera dans les prochains jours. Les comités des trois chantiers présenteront leur rapport sur les consultations le 16 juillet prochain au conseil exécutif national du PQ qui y puisera matière à discussions et à propositions pour le prochain congrès national du parti au printemps 2005.

«La Saisons des idées n'est qu'un début, a précisé Bernard Landry. Après viendra la Saison de l'action, de la marche rapide vers l'indépendance nationale et rien d'autre.»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009