dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Le Jour commémoratif de l'Holocauste Yom ha-Shoah - Une journée pour la tolérance

Richard Marceau - Député du Bloc québécois de Charlesbourg-Jacques-Cartier  17 avril 2004 
Demain, le 18 avril, le Canada soulignera officiellement, pour la toute première fois, le Jour commémoratif de l'Holocauste Yom ha-Shoah. Le 21 octobre 2003, à mon initiative et avec la collaboration de quatre autres députés — Scott Brison (Parti conservateur à l'époque), Art Eggleton (Parti libéral), Scott Reid (Alliance canadienne à l'époque) et Judy Wasylycia-Leis (Nouveau Parti démocratique) —, la Chambre des communes a adopté à l'unanimité le projet de loi C-459, Loi instituant le Jour commémoratif de l'Holocauste Yom ha-Shoah. Le Sénat faisait de même le 5 novembre suivant et, le 7 novembre 2003, le projet de loi recevait la sanction royale et prenait force de loi.

L'objectif poursuivi par cette mesure législative visait à faire en sorte que personne ne puisse oublier jusqu'où et à quel point le fanatisme, le racisme et la haine avaient pu mener à l'humiliation, à la répression, à la torture et au meurtre, bref à l'extermination, de six millions d'hommes, de femmes et d'enfants juifs, mais aussi de tziganes et d'homosexuels.

Bien sûr, il s'agit de conserver vivant le souvenir de ce sacrifice humain hors du commun, mais cette loi prend aussi tout son sens dans les récents événements qui nous ont bouleversés. On ne saurait nier la recrudescence de l'antisémitisme à la lumière de l'incendie criminel d'une école juive de Montréal ou les actes répétés d'intimidation et de vandalisme contre la communauté juive de Toronto.

En incendiant une bibliothèque d'école ou en profanant un cimetière, la portée des gestes commis est amplifiée par la symbolique de l'attaque à la fois envers des enfants, représentant l'avenir, et à l'encontre du passé, soit les aïeux. Le quotidien est aussi menacé par le graffiti apposé sur une porte, aussi lourd de sens que le furent les étoiles peintes par les nazis au siècle dernier.

Ces manifestations d'intolérance sont aussi répandues ailleurs, comme en témoigne la nécessité d'un appel solennel du président Jacques Chirac à tous les Français en déclarant, aux lendemains de l'incendie d'une école juive l'automne dernier : « Quand on s'attaque à un juif, on s'attaque à la France ! »

L'incitation à la haine est aussi un phénomène que peuvent véhiculer les médias traditionnels, comme en a fait foi la télédiffusion d'une adaptation du pamphlet antisémite Le Protocole des sages de Sion en Égypte il y a un peu plus d'un an, ou la diffusion à une heure de grande écoute au Liban, par la chaîne al-Manar, contrôlée par le Hezbollah, de la série al-Shatat, ou Diaspora. Internet regorge aussi de sites à caractère haineux, et nul besoin d'être un expert en la matière pour savoir les dénicher.

Le Jour commémoratif de l'Holocauste est aussi un moment privilégié pour se rendre compte que les leçons de la Shoah n'ont pas été tirées, ainsi que nous le soulignions ces jours-ci avec le dixième anniversaire du génocide rwandais. L'humanité entière avait dit, après la Shoah : « Plus jamais ! » Or la communauté internationale est demeurée silencieuse face au massacre de 800 000 personnes en 12 semaines, la plupart à la machette.

L'adoption de cette loi par le Parlement est ainsi devenue l'expression la plus forte de notre volonté de se souvenir, pour toujours, de toute la barbarie dont l'homme est capable. Pour se rappeler qu'un monde meilleur commence d'abord et avant tout par la nécessité d'inculquer la tolérance et l'acceptation.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012