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Coexistence artistique

Lio Kiefer   16 avril 2004 
La Dormition d’Orphée, Luc Archambault.
Photo : Jacques Grenier
La Dormition d’Orphée, Luc Archambault.
La galerie des Métiers d'art du Québec du Marché Bonsecours présente l'exposition Coexistence jusqu'au 25 avril prochain. Un peu plus d'une vingtaine d'artistes invités ont trouvé dans le verre, le papier porcelaine argilé, l'érable, le bronze ou le cristal des sources d'inspirations diverses. Simple promenade ou besoin de trouver un objet unique : le détour est intéressant.

On sait maintenant que les artisans du Québec ont depuis longtemps dépassé les plafonds des salons provinciaux où régnaient jadis des bouts de ficelle rafistolés sur des céramiques douteuses.

Aujourd'hui, les labyrinthes de la création sont multiples et offrent à différents publics une palette de choix qui ne sont pas spécialement folkloriques. Le folklore est peut-être devenu le mélange des genres, le métissage des matériaux, le décloisonnement des opportunités, le berceau des possibilités, le cimetière des impostures réalistes. On est actuellement dans le tout terrain, classe tous risques. Du bijou à la lanterne, de l'assiette à l'applique murale, du vase au lampadaire, l'artisan québécois est en constante lévitation. Une sorte d'équilibre de la matière, de pantomime de la création.

Tout n'est pas à comprendre mais à être senti. On peut effleurer l'objet toute une vie, l'admirer, le laisser passer, le transiter un peu partout ou le fixer à jamais. Si chaque objet exposé a un titre, celui de l'auteur, on peut y ajouter ses propres sous-titres, sortes de pointillés surgis de son imagination.

Avec l'exposition Coexistence, la galerie des Métiers d'art du Québec nous transporte pendant quelques instants dans des univers différents. Création ou désintégration, l'exposition est une véritable interrogation sur l'équilibre qui régit les végétaux, les animaux et les humains.

Coexistence des genres et des matériaux.

Planètes de verre ou de bronze, bijoux symboliques, statues revêches, panneaux muraux, vases en verre coulé à la cire perdue, la balade est agréable.

Travail de la terre avec Luc Archambault et coexistence avec le bois et la céramique ; Gildas Berthelot et son fauteuil Embrasse-moi, moment d'intimité fort bien léché. Pour Angelina Casalino, c'est l'univers du champignon qui caracole, tandis que Mitsuru Cope joue au papier porcelaine argilé. Marie-Andrée Côté part d'une photo d'orchidée pour en arriver au coeurûn bolé. Chez Laurent Craste titre son oeuvre La Mort de Pan, ou comment créer une urne funéraire dédiée au joueur de flûte. Élyse de Lafontaine se plonge dans les herbes et la nature, entre des fils de coton, des crins de cheval et des tiges de plume.

Le verre façonné, on le retrouve chez Jean-Marie Giguère, qui obtient sa coexistence avec des gravures au sable. Rosie Godbout, elle, joue sur une pièce en cuivre oxydé avec du coton et de la toison mérinos, tel un fragment, titre de son oeuvre. Éva Lapka aime tellement la terre et ses beautés qu'elle a intitulé ses figures de grès et de glaçure D'où je viens ?. Syntaxe du verre façonné et de l'argile modelée chez Michèle Lapointe et collier en argent et marbre pour Christine Larochelle. Louise Lemieux se plaît dans la photographie et l'usage des créations textiles, entre énergie et confidences. Sylvie Lupien offre une pièce en trois bagues, intitulée On a marché sur les fleurs, vision d'un monde en déchirure. Bronze et bois chez Marc Martel appelé Mal de terre et pâte de verre façonnée au chalumeau chez Caroline Ouellette. Caroline privilégie la pulpe de papier et le verre dans une oeuvre inspirée du mouvement et de la morphologie des corps. Pour Claudio Pino, c'est la coexistence entre l'argent, l'or, le rubis, le saphir bleu et jaune, l'opale, l'émeraude, la turquoise et l'améthyste, pour une oeuvre intitulée... Existence.

Stephen Pon est le gardien de totems en pâte verre, verre soufflé et acier, tandis que Donald Robertson offre trois vases en cristal coulé à la cire perdue, taillé, poli, avec du cuivre à la clé. Jean Paul Robinson joue avec l'imaginaire du promeneur en intitulant Voile son oeuvre faite de verre soufflé et de tissu. Enfin, Lisette Savaria offre des roses en papier vitrifié sur glaçure et Natasha St-Michael joue avec les fils et les perles pour des existences réciproques, inspirations microscopiques de la nature...

Existence, coexistence ? Tout est ici si différent et si pacifique.
- Galerie des Métiers d'art du Québec, Marché Bonsecours, 350, rue Saint-Paul, % (514) 878-2787, poste 2, www.galeriesdesmetiersdart.com






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