Inacceptable !
Bernard Descôteaux
7 avril 2004
L'attentat antisémite commis contre l'école United Talmud Torah, à Saint-Laurent, est un geste à condamner avec force. Spontanément, tous les leaders politiques, du maire Tremblay au premier ministre Paul Martin en passant par le premier ministre Jean Charest, l'ont fait. Le geste est inacceptable dans une société comme la nôtre, où le respect des droits et libertés est érigé en valeur suprême. Ses auteurs doivent savoir que de tels actes sont unanimement réprouvés.
Quels que soient leur nature et leurs motifs, les actes racistes ne peuvent être tolérés car, peu importe qui ils visent, ils expriment le refus de l'autre. Ici, plus souvent qu'à son tour, la communauté juive en a été la victime. Périodiquement, quelques fanatiques, qui sont le plus souvent de jeunes écervelés, du moins on l'espère, viennent lui rappeler que l'intolérance dont elle a été l'objet un peu partout à travers le monde existe toujours.
L'incendie de la bibliothèque de l'école de Saint-Laurent n'est pas un geste anodin. Pour l'âme juive, mettre le feu à une bibliothèque figure les autodafés pratiqués par le régime nazi. Cela réveille de vieilles craintes, que des parents d'enfants fréquentant cette école ont rappelé lundi. Il faut toutefois faire attention aux mots que l'on choisit pour exprimer le sentiment ressenti. Le Québec et le Canada ne sont pas l'Allemagne des années 40, d'aucune façon. Il n'y a pas ici de sentiment antisémite qui soit le moindrement répandu.
L'antisémitisme, s'il est une constante de l'histoire, a changé quant à ses sources. Aujourd'hui, il est coloré par le conflit israélo-palestinien. Selon certaines informations non confirmées, l'attentat contre la United Talmud Torah serait une réponse à l'assassinat par Israël du chef du Hamas, le cheikh Yassine, il y a quelques semaines. Ne concluons pas prématurément à l'acte terroriste, comme certains l'ont fait lundi. Attendons de voir qui est responsable de cet attentat. S'il s'agit d'un groupe organisé, on pourra parler de terrorisme. S'il s'agit de quelques personnes qui ont voulu manifester un désaccord politique, on devra parler de vandalisme.
Le choix des mots pour qualifier un tel événement est important. Ils peuvent lui donner une portée qu'il n'a pas. Parler de terrorisme peut nourrir des craintes injustifiées chez les victimes, mais valoriser les auteurs de l'attentat, alors que leur geste n'est que criminel. Ceux-là doivent savoir que la seule façon acceptable d'exprimer des désaccords politiques est par la parole. La violence, quelle que soit sa forme, est intolérable. Point à la ligne.
bdescoteaux@ledevoir.ca
Quels que soient leur nature et leurs motifs, les actes racistes ne peuvent être tolérés car, peu importe qui ils visent, ils expriment le refus de l'autre. Ici, plus souvent qu'à son tour, la communauté juive en a été la victime. Périodiquement, quelques fanatiques, qui sont le plus souvent de jeunes écervelés, du moins on l'espère, viennent lui rappeler que l'intolérance dont elle a été l'objet un peu partout à travers le monde existe toujours.
L'incendie de la bibliothèque de l'école de Saint-Laurent n'est pas un geste anodin. Pour l'âme juive, mettre le feu à une bibliothèque figure les autodafés pratiqués par le régime nazi. Cela réveille de vieilles craintes, que des parents d'enfants fréquentant cette école ont rappelé lundi. Il faut toutefois faire attention aux mots que l'on choisit pour exprimer le sentiment ressenti. Le Québec et le Canada ne sont pas l'Allemagne des années 40, d'aucune façon. Il n'y a pas ici de sentiment antisémite qui soit le moindrement répandu.
L'antisémitisme, s'il est une constante de l'histoire, a changé quant à ses sources. Aujourd'hui, il est coloré par le conflit israélo-palestinien. Selon certaines informations non confirmées, l'attentat contre la United Talmud Torah serait une réponse à l'assassinat par Israël du chef du Hamas, le cheikh Yassine, il y a quelques semaines. Ne concluons pas prématurément à l'acte terroriste, comme certains l'ont fait lundi. Attendons de voir qui est responsable de cet attentat. S'il s'agit d'un groupe organisé, on pourra parler de terrorisme. S'il s'agit de quelques personnes qui ont voulu manifester un désaccord politique, on devra parler de vandalisme.
Le choix des mots pour qualifier un tel événement est important. Ils peuvent lui donner une portée qu'il n'a pas. Parler de terrorisme peut nourrir des craintes injustifiées chez les victimes, mais valoriser les auteurs de l'attentat, alors que leur geste n'est que criminel. Ceux-là doivent savoir que la seule façon acceptable d'exprimer des désaccords politiques est par la parole. La violence, quelle que soit sa forme, est intolérable. Point à la ligne.
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