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Lettres: Loin des Invasions barbares

Les quatre filles de Françoise Gamache-Stanton - Québec, le 6 avril 2004  7 avril 2004 
Sur son lit de mort, maman nous a demandé à maintes reprises de remercier publiquement le personnel de l'unité coronarienne de l'Hôtel-Dieu de Québec de l'avoir traitée «comme une reine». Pendant les deux semaines où elle y a été soignée, nous étions là jour et nuit. Nous avons pu constater la générosité, la patience, la disponibilité de tous et chacun, non seulement envers maman, mais aussi envers tous les malades qui séjournaient à l'unité. Maman, qui a gardé son humour jusqu'à la fin, avait d'ailleurs attribué un surnom affectueux à chacune des personnes qui lui prodiguaient des soins.

Ainsi, Carol était «le comédien», Dany, «l'activiste», Réjeanne, «la perfectionniste», Yves, «le philosophe», Johanne, «la maternante». Merci à eux tous. Merci aussi aux cardiologues Lévesque et Desrochers, ainsi qu'aux médecins des soins palliatifs, les docteurs Roy et Morency.

Tous ont été attentifs à notre immense peine et nous ont fourni tous les renseignements et les explications que nous demandions sur l'évolution de la maladie de maman. Oui, il manquait de peinture sur les murs du petit salon réservé aux familles anéanties par la souffrance d'un des leurs, et souvent par un deuil imminent. Non, il n'y avait pas de vestiaire pour suspendre nos manteaux. Peu d'éclairage, le soir. Mais ce manque de confort nous semblait dérisoire, comparativement à ce qui nous était donné: la chaleur humaine, les soins exceptionnels, l'attention du personnel envers maman. Vraiment, nous étions loin du portrait cynique du système hospitalier dépeint dans Les Invasions barbares!

Nous avons reçu l'essentiel: l'aide nécessaire pour traverser cette poignante étape et aider à notre tour maman à faire le passage vers l'au-delà dans la dignité. Vous nous avez donné la preuve que, pour de nombreux disciples d'Esculape, leur serment demeure sacré.
 
 
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