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    CONTENU COMMANDITÉ

    Transfert à la relève : le défi des PME

    Malgré des avancées importantes, le transfert d’entreprise reste un enjeu pour la prospérité du Québec

    5 décembre 2017
    <strong>Michel Leblanc</strong><br />
Président et chef de la direction<br />
de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
    Photo: Michel Leblanc
    Président et chef de la direction
    de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
    Ce texte est un publireportage.

    En juin 2014, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) publiait une étude qui révélait que d’ici 2024, près de 10 000 entreprises québécoises seraient menacées de fermeture en raison du manque de relève. Ces fermetures pourraient entraîner des pertes de plus de 8 milliards de dollars en PIB et la suppression de 80 000 emplois. Créant une onde de choc dans le milieu des affaires, cette publication a été suivie de nombreuses initiatives visant à renverser la vapeur. Près de quatre ans plus tard, la situation est-elle toujours aussi critique ? Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM, fait le point.


    « On a vraiment réalisé l’étude au bon moment », confie d’entrée de jeu l’économiste.

    Il faut savoir qu’en 2014, plus de 13 000 entrepreneurs québécois étaient en âge de prendre leur retraite et que plus de la moitié d’entre eux n’avaient pas encore établi de plan formel de relève pour leur entreprise. De plus, seulement 17,5 % des Québécois qui se lançaient en affaires choisissaient l’option du « repreneuriat », c’est-à-dire la reprise ou le rachat d’une entreprise existante.

    Parallèlement, le Québec accusait alors un déficit entrepreneurial risquant d’engendrer d’importantes pertes pour l’économie québécoise.

    « Quand on a publié l’étude, certains disaient que la fermeture potentielle de ces entreprises n’était pas très grave, parce que ça libérerait un marché pour les concurrents. Notre réponse, c’était qu’il n’est pas certain que les concurrents en question soient d’ici, ni que l’expertise locale se trouvant dans ces entreprises soit préservée. Ultimement, la fermeture d’entreprises bien établies a pour impact de fragiliser l’économie québécoise », indique M. Leblanc.

    Agir sur plusieurs fronts

    Pour prévenir ces dommages économiques, la CCMM, en partenariat avec différents acteurs de la communauté d’affaires, s’est rapidement mobilisée pour créer des initiatives susceptibles de stimuler la relève entrepreneuriale et de sensibiliser les propriétaires à l’aspect de la planification du transfert.

    « On s’est d’abord concentré sur les repreneurs, signale M. Leblanc. Ce qu’on s’est efforcé de faire, c’est de rendre beaucoup plus attrayant l’acte de reprendre une entreprise. Parce que pendant des années, au Québec, on a surtout valorisé le fait de créer une entreprise à partir de rien et de la faire croître. Or, reprendre une entreprise qui fonctionne déjà, qui a des produits et services, des fournisseurs, des clients, un historique bancaire, c’est une excellente plateforme pour se lancer en affaires. »

    C’est ensuite aux cédants d’entreprise que la CCMM s’est adressée. Pour les sensibiliser aux différents enjeux relatifs aux transferts d’entreprise, nous avons mis en lumière plusieurs exemples de réussites et avons fait valoir l’importance d’assurer la pérennité de son entreprise, ce qui est bénéfique pour son fondateur, ses employés et son repreneur.

    « On a insisté sur l’importance de bien s’entourer pour réussir son transfert et sur la nécessité de planifier ce processus. La planification à long terme comporte plusieurs avantages, notamment celui de choisir le bon successeur et de le familiariser avec l’entreprise, ce qui assure la viabilité de l’organisation à long terme », commente M. Leblanc.

    Des acquis, mais encore des défis

    Moins de quatre ans après la publication de l’étude de la CCMM, les initiatives mises en oeuvre par l’organisation et ses partenaires semblent déjà porter leurs fruits.

    « On est aujourd’hui moins à risque qu’en 2014, confirme M. Leblanc. Les cédants se préparent mieux, l’écosystème est mieux outillé et les entrepreneurs considèrent de façon beaucoup plus positive le “repreneuriat”. De plus, l’entrepreneuriat suscite un engouement grandissant, ce qui est une excellente nouvelle. »

    Le président et chef de la direction de la CCMM fait toutefois une mise en garde. Comme un très grand nombre d’entreprises seront transférées au cours des prochaines années, le potentiel de démantèlement de ces dernières reste important.

    « En raison du vieillissement de la population, à la longue, on aura peut-être beaucoup plus d’entreprises en vente que de repreneurs. Jusqu’ici, on est encore en équilibre, parce que beaucoup d’entrepreneurs qui ont l’âge de prendre leur retraite sont toujours actifs, mais l’écart pourrait se creuser si les repreneurs sont en nombre insuffisant pour prendre le relais des propriétaires qui se retirent », note-t-il.

    Atelier talents : les clés d’un transfert d’entreprise réussi Le 26 octobre dernier, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a organisé
    un atelier de réflexion réunissant plus de trente gestionnaires d’entreprises ayant amorcé ou  complété un transfert. À l’occasion de cet atelier, organisé en partenariat avec Emploi-Québec, les participants se sont penchés sur les enjeux de main-d’oeuvre relatifs au transfert et sur les meilleures pratiques pour assurer le succès de ce processus. 

    L’activité a été suivie d’un dîner-conférence avec M. Pierre Pomerleau, entrepreneur aguerri et président-directeur général de Pomerleau inc., cas éloquent de transfert familial réussi au Québec.


    Aussi, d’après M. Leblanc, il importe que les entrepreneurs qui arrivent à cette étape clé de leur vie professionnelle ne ralentissent pas la cadence de façon prématurée. Car d’après les plus récentes enquêtes sur le sujet, 71 % des entrepreneurs qui envisagent de se départir de leur entreprise au cours des prochaines années hésitent à prendre des risques pour améliorer le rendement de leur entreprise et 52 % d’entre eux se disent peu enclins à la faire croître.

    « Le grand défi, c’est que non seulement les entrepreneurs réussissent leur transfert, mais que dans la période qui le précède, ils ne se mettent pas au neutre, conclut le président et chef de la direction de la CCMM. S’ils prennent du retard dans le réinvestissement, dans l’internationalisation et dans l’innovation, il pourrait y avoir une importante perte de valeur. »












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