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    Lettres

    La parole à nos lecteurs

    Notre sélection quotidienne, toutes plateformes confondues, rassemblée ici

    14 septembre 2017

    Intègre sans même avoir gouverné

     

    Qu’il est facile de montrer patte blanche lorsqu’on n’a pas eu à patauger dans les eaux troubles du pouvoir ! Cette réflexion m’est venue en constatant que le terme « intègre » était inscrit sur l’affiche de la candidate de la CAQ dans Louis-Hébert. Par analogie au monde sportif, ce serait comme souligner la grande propreté de l’uniforme d’un joueur qui est demeuré sur le banc durant la partie…

     

    Évidemment, loin de moi l’idée de sous-estimer l’importance de l’intégrité dans le monde politique. N’avons-nous pas au Québec un gouvernement qui a plus que contribué à « désintégrer » la confiance des électeurs dans la chose politique ? En voulant jouer à Monsieur Net, François Legault se présente comme l’apôtre de l’Immaculée Conception d’un monde politique sans taches.

     

    Cette élection partielle se veut le banc d’essai d’une stratégie de la CAQ pour vérifier la rentabilité du thème de l’intégrité lors du prochain scrutin provincial. En recrutant Sonia Le Bel comme candidate, la CAQ voudra projeter l’image d’un parti propre qui veut faire le ménage dans la « porcherie gouvernementale ».

     

    Tout comme Québec solidaire, la CAQ a le beau rôle pour jouer le gérant d’estrade dans le domaine de l’intégrité, ce parti n’ayant jamais eu la possibilité d’être confronté aux aléas du pouvoir. À ce titre, le PLQ et le PQ pourraient lui rappeler les paroles d’un prophète éthiquement sans reproches : « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre… »

     

    Marcel Perron
    Neuville, le 11 septembre 2017

     

    Le mieux est l’ennemi du bien

     

    Messieurs Brault et Loft, du Conseil des arts du Canada, reconnaissent que la libre appropriation a joué un rôle essentiel dans le développement des arts. Mais à la vue des torts historiques que les migrants européens ont fait subir aux nations autochtones dans ce qui est aujourd’hui le Canada, ils estiment souhaitable de faire exception à la libre appropriation en ce qui concerne les codes artistiques des Premières Nations. Tout projet d’appropriation devrait être soumis au regard des communautés concernées, à leur approbation plus ou moins explicite.

     

    Je crains que ces bonnes intentions aient un effet contraire à celui recherché. Les artistes non autochtones ne voudront plus aborder des formes ou des thèmes qui touchent aux Premières Nations. Ou alors ils se censureront de façon subtile. Ainsi verra-t-on se perpétuer l’étanchéité des codes et l’absence de confrontation artistique dynamique. Le mieux est ici l’ennemi du bien.

     

    Si les codes artistiques prennent naissance dans une culture, ils n’en prétendent pas moins à l’universalité. L’histoire abonde en exemples de transferts de codes artistiques : la sculpture égyptienne réinterprétée par les Grecs ; les règles de la sculpture classique empruntées par les Romains au Grec Polyclète ; la fresque de la Renaissance empruntée aux Romains ; l’Inde et son architecture venue du Moyen-Orient ; les créations sur porcelaine passées des Chinois aux Européens ; les estampes japonaises comme influence des impressionnistes ; la figuration africaine dans l’art de Picasso ; le jazz, musique africaine transformée à l’américaine ; la bande dessinée japonaise aux racines européennes ; l’art contemporain chinois aux allures occidentales. Aucun artiste n’a demandé la permission d’opérer ces transferts.

     

    Raymond Aubin
    Gatineau, le 10 septembre 2017












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