Fiançailles en Libye
Serge Truffaut
26 mars 2004
La fin de l'isolement de la Libye a sonné. Par une poignée de main et une série de contrats commerciaux, le premier ministre Tony Blair et le colonel Khadafi ont consacré le retour de ce dernier sur la scène internationale. On s'en doute, cet épisode a suscité un certain nombre de questions, en plus de mettre en lumière une faille d'ordre... protocolaire! Que Blair ait échangé, au lendemain des cérémonies commémorant les victimes des attentats à Madrid, des politesses avec celui qui commanda l'explosion d'un Boeing de la Pan Am a provoqué la stupeur. À l'évidence, Blair a manqué de ce tact que l'on prête pourtant aux Britanniques. Cela soulevé, passons à l'essentiel.
L'acte composé au cours des derniers mois par Blair, Bush et Khadafi a ceci de rare qu'aux yeux du Britannique et de l'Américain, le Libyen était, il y a peu, membre de la liste regroupant les ennemis numéros un. Pendant trois décennies, Londres est resté très remonté contre Khadafi pour une raison bien simple: il fournissait des armes à l'IRA, en plus de permettre à ses membres de s'entraîner sur le territoire libyen. Pour Washington, Khadafi était celui qui avait fait sauter une discothèque fréquentée par des soldats américains basés en Allemagne, en plus d'être l'ombre de bien des attentats.
C'est Khadafi qui, le premier, a ouvert la route de la reconnaissance. Entre la guerre en Irak et les vifs tiraillements qui ont cours entre lui et la majorité des leaders de la Ligue arabe, Khadafi aurait définitivement abandonné ses rêves de grandeur (on pense à celui qui consistait à créer une république arabe avec d'autres nations) pour se convertir au principe de réalité. Il aurait décidé d'adhérer au théorème selon lequel tout pays est condamné à faire la politique de sa géographie. Ainsi, il veut ancrer davantage la Libye dans le continent africain et s'éloigner du monde moyen-oriental, dont il craint la fièvre islamiste.
Pour Blair, le revirement de Kadhafi s'est avéré très bénéfique. À peine les présentations terminées, les autorités libyennes signaient un accord avec le géant anglo-néerlandais Shell. D'un montant de 200 millions, cet accord permettra à Shell d'explorer des pans du sous-sol libyen au cours des cinq prochaines années. D'autres concessions seront prochainement accordées à des pétrolières américaines et britanniques. Et en cette histoire, il y a peut-être lieu de préciser un certain nombre de points.
Le premier, et non des moindres, est le suivant: en matière d'énergie, la Grande-Bretagne est aux prises avec un problème d'une grande ampleur. À compter de 2011, autrement dit demain, les réserves pétrolières de la mer du Nord vont rétrécir comme peau de chagrin. Il faut donc dès à présent trouver des relais. Le deuxième? Riche en gaz et en pétrole, le sous-sol de la Libye, peu exploré jusqu'ici, est considéré comme extrêmement prometteur. Bref, le pactole est à portée de main.
L'acte composé au cours des derniers mois par Blair, Bush et Khadafi a ceci de rare qu'aux yeux du Britannique et de l'Américain, le Libyen était, il y a peu, membre de la liste regroupant les ennemis numéros un. Pendant trois décennies, Londres est resté très remonté contre Khadafi pour une raison bien simple: il fournissait des armes à l'IRA, en plus de permettre à ses membres de s'entraîner sur le territoire libyen. Pour Washington, Khadafi était celui qui avait fait sauter une discothèque fréquentée par des soldats américains basés en Allemagne, en plus d'être l'ombre de bien des attentats.
C'est Khadafi qui, le premier, a ouvert la route de la reconnaissance. Entre la guerre en Irak et les vifs tiraillements qui ont cours entre lui et la majorité des leaders de la Ligue arabe, Khadafi aurait définitivement abandonné ses rêves de grandeur (on pense à celui qui consistait à créer une république arabe avec d'autres nations) pour se convertir au principe de réalité. Il aurait décidé d'adhérer au théorème selon lequel tout pays est condamné à faire la politique de sa géographie. Ainsi, il veut ancrer davantage la Libye dans le continent africain et s'éloigner du monde moyen-oriental, dont il craint la fièvre islamiste.
Pour Blair, le revirement de Kadhafi s'est avéré très bénéfique. À peine les présentations terminées, les autorités libyennes signaient un accord avec le géant anglo-néerlandais Shell. D'un montant de 200 millions, cet accord permettra à Shell d'explorer des pans du sous-sol libyen au cours des cinq prochaines années. D'autres concessions seront prochainement accordées à des pétrolières américaines et britanniques. Et en cette histoire, il y a peut-être lieu de préciser un certain nombre de points.
Le premier, et non des moindres, est le suivant: en matière d'énergie, la Grande-Bretagne est aux prises avec un problème d'une grande ampleur. À compter de 2011, autrement dit demain, les réserves pétrolières de la mer du Nord vont rétrécir comme peau de chagrin. Il faut donc dès à présent trouver des relais. Le deuxième? Riche en gaz et en pétrole, le sous-sol de la Libye, peu exploré jusqu'ici, est considéré comme extrêmement prometteur. Bref, le pactole est à portée de main.
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