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    Lettres

    La parole à nos lecteurs

    Notre sélection quotidienne, toutes plateformes confondues, rassemblée ici

    31 août 2017

    Halte à la dérive!

     

    Un article publié récemment par l’IRIS nous apprenait que les cardiologues ont reçu une augmentation de leur rémunération moyenne de 88 000 $ pour la seule année 2015-2016. Bien évidemment, une telle augmentation est surréaliste. Le salaire des médecins devient disproportionné, autant par rapport aux salaires des autres citoyens que de la capacité de payer de ces mêmes citoyens.

     

    Au-delà des augmentations, l’article nous apprenait également que le coût de la rémunération des 20 000 médecins québécois (généralistes et spécialistes confondus) équivalait aux budgets combinés de 13 ministères (dont ceux de la Justice, de l’Agriculture, de la Culture, des Relations internationales et du Tourisme) et des budgets de fonctionnement de l’Assemblée nationale, du Vérificateur général, du Protecteur du citoyen, du Directeur général des élections, du Commissaire au lobbyisme et du Commissaire à l’éthique.

     

    Cet état de fait donne la nausée, mais cela s’explique, les augmentations faramineuses ont été négociées par le docteur Gaétan Barrette, alors représentant des médecins spécialistes, et le docteur Philippe Couillard, alors ministre de la Santé. Il n’empêche que la situation est moralement indéfendable. Nous subissons depuis trop longtemps déjà les empiétements du privé dans les soins de santé, la multiplication des cliniques privées, le traitement monarchique des médecins et l’affaiblissement généralisé du système public. Il s’agit pourtant, et avec raison, de l’une des grandes fiertés collectives qui ont permis de faire avancer le Québec et d’assurer à chacun des conditions dignes dans la maladie et les adversités qui parsèment la vie.

     

    Il est grand temps de penser à créer des états généraux en santé. Les citoyens n’ont plus le contrôle sur un des secteurs pourtant des plus importants, il faut le leur redonner. La mainmise gouvernementale a permis une bureaucratisation outrancière et une soumission à trop de lobbys dans ce secteur. Il y a urgence en la demeure. Autrement, c’est l’édifice entier qui est menacé d’être contaminé, ce qui semble être le projet de certains.


    Jean-François Lessard, enseignant en science politique à l’UQAM et en philosophie au cégep André-Laurendeau
    Le 25 août 2017

     

    Les mononcles et matantes ameutés!

     

    Le problème de ces mononcles et matantes effarouchés de voir que leur monde n’est pas clos, c’est l’ignorance. Celle de l’histoire de leur peuple d’abord, où dès les débuts se sont mêlés surtout culturellement immigrants français et nations autochtones. Puis par l’apport des Anglais, des Écossais, des Allemands et des Irlandais arrivés par vagues successives. Ensuite, des Européens de l’Est, Slaves et Juifs, des Italiens sont venus s’y greffer dès le début du siècle, suivis par des Syriens (de la Grande Syrie de l’Empire ottoman effondré). Ces mélanges de populations se sont poursuivis tout au long du XXe siècle : Grecs, Haïtiens, Vietnamiens, Latino-Américains, Maghrébins et j’en oublie trop d’autres. Nous sommes un peuple métissé dont les racines ont emprunté d’abord aux peuples amérindiens de l’est de l’Amérique une manière de vivre bien décrite dans le film L’empreinte, et auxquelles se sont ajoutés, par strates successives, autant d’apports enrichissants. Alors les mononcles déguisés en louveteaux de foire comme ceux de La Meute sont en décalage avec leur propre ascendance et en perte de repères.

     

    Mais c’est aussi l’ignorance des autres qui tarabuste leur incompréhension. Ils auraient intérêt à fréquenter ceux et celles qu’ils ont peur d’accueillir dans notre maison commune. Un sondage commandé par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a bien montré que c’est l’absence de contacts avec « l’autre » qui alimente des sentiments discriminatoires. C’est vrai pour tous les groupes discriminés, que ce soit pour des raisons ethniques, religieuses et même économiques, cette enquête montrant que ce sont encore les « BS » qui demeurent les principales têtes de Turc.

     

    Alors pour ceux qui se prennent pour des ti-loups sortis d’une meute quelconque, allez à la rencontre des autres, vous vous rendrez vite compte qu’ils peuvent venir embellir notre maison, comme l’ont fait nos ancêtres venus de tous les horizons.


    Pierre-Alain Cotnoir
    Le 27 août 2017












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