Libre opinion: L'uniforme à l'école publique
Isabelle Lanthier - Gatineau
25 mars 2004
«Où s'en va la patrie avec une telle jeunesse!», disait-on déjà dans la Grèce antique. Mais ramenons l'uniforme et notre époque, elle, sera sauvée. Face aux coutumes juvéniles qui heurteront toujours les valeurs présentes des adultes, je dis oui à l'étapisme mais non aux retours en arrière.
L'uniforme diminuera la facture des vêtements? Pourquoi ne pas plutôt enseigner aux jeunes l'esprit critique face à la pub? Il existe aussi des friperies, où les vêtements sont moins chers. Cela empêchera l'indécence? Il suffirait de cibler précisément ceux (et pas seulement celles) qui exposent ou risquent de s'exposer.
Le reste, mèches fluo, piercings, tatouages, chandails à tête de mort ou à slogans non haineux, bermudas portés au-dessus du pantalon, ne fait de mal à personne et fait partie de la saison de l'adolescence. Même des adultes adoptent certaines de ces fantaisies. L'individualisation va dans le sens de l'histoire et la tyrannie du «contexte», comme disent les bien-pensants, est appelée à disparaître.
Éviter le taxage? 60 % du taxage se fait à l'extérieur de l'école. Les jeunes se font surtout taxer pour de l'argent, ensuite pour des vêtements griffés. Si on y tient vraiment, interdisons les vêtements griffés à l'école, mais on ne fera que déplacer le problème. Pourquoi pas une brigade de surveillance formée de jeunes?
On dit: ils seront tous sur un pied d'égalité. Hors de l'école aussi, il y a des riches et des pauvres. Et l'hiver, faudra-t-il offrir aussi des manteaux-uniformes pour éviter que les jeunes ne s'aperçoivent qu'il existe des riches et des pauvres?
Les classes qui se côtoient peuvent s'enrichir beaucoup mutuellement (entraide, solidarité, expérience de vie). La directrice d'école publique où on impose l'uniforme disait: «Les délinquants n'iront pas dans une école qui impose l'uniforme.»
Quel bel esprit d'intégration! Et que se passera-t-il le jour où toutes les écoles du Québec l'imposeront?
La protection contre les intrus? Une plaque d'identité avec photo, comme dans certains bureaux, coûterait moins cher qu'un uniforme.
Une minorité de jeunes n'a pas le goût de perdre du temps à choisir ses vêtements le matin? À choisir le soir? Qu'ils portent le même ensemble chaque jour. On s'affirmera face aux esclaves de la mode.
J'ai déjà lu le site Internet d'une polyvalente de Sherbrooke qui accorde un «droit à l'individualité» aux jeunes, assorti d'un code vestimentaire qui se contente d'interdire le pire en ce qui a trait à l'indécence et aux slogans haineux. Un modèle à suivre.
Des uniformes! Pendant 12 ans de scolarité, une journée sur deux par année, avec des heures d'enseignement qui augmentent. Sans compter, au primaire, les heures passées au service de garde. Et la tendance grandissante à envahir la vie privée hors de l'école en contrôlant les corps (chevelure, piercings, tatouages) à la place des parents. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin: pourquoi pas des uniformes dans les CPE et les cégeps?
Les centaines de milliers de mineurs qui fréquentent l'école au Québec ne sont pas une armée.
L'uniforme à l'école publique est une aberration liberticide et contre nature et, si j'étais ministre de l'Éducation, je retirerais aux conseils d'établissement le droit de l'imposer, même après un référendum gagnant. Car il restera toujours une minorité de parents brimés par cet abus de pouvoir de la majorité. Une majorité amnésique qui ferait subir à ses enfants ce qu'elle n'a elle-même jamais connu.
L'uniforme diminuera la facture des vêtements? Pourquoi ne pas plutôt enseigner aux jeunes l'esprit critique face à la pub? Il existe aussi des friperies, où les vêtements sont moins chers. Cela empêchera l'indécence? Il suffirait de cibler précisément ceux (et pas seulement celles) qui exposent ou risquent de s'exposer.
Le reste, mèches fluo, piercings, tatouages, chandails à tête de mort ou à slogans non haineux, bermudas portés au-dessus du pantalon, ne fait de mal à personne et fait partie de la saison de l'adolescence. Même des adultes adoptent certaines de ces fantaisies. L'individualisation va dans le sens de l'histoire et la tyrannie du «contexte», comme disent les bien-pensants, est appelée à disparaître.
Éviter le taxage? 60 % du taxage se fait à l'extérieur de l'école. Les jeunes se font surtout taxer pour de l'argent, ensuite pour des vêtements griffés. Si on y tient vraiment, interdisons les vêtements griffés à l'école, mais on ne fera que déplacer le problème. Pourquoi pas une brigade de surveillance formée de jeunes?
On dit: ils seront tous sur un pied d'égalité. Hors de l'école aussi, il y a des riches et des pauvres. Et l'hiver, faudra-t-il offrir aussi des manteaux-uniformes pour éviter que les jeunes ne s'aperçoivent qu'il existe des riches et des pauvres?
Les classes qui se côtoient peuvent s'enrichir beaucoup mutuellement (entraide, solidarité, expérience de vie). La directrice d'école publique où on impose l'uniforme disait: «Les délinquants n'iront pas dans une école qui impose l'uniforme.»
Quel bel esprit d'intégration! Et que se passera-t-il le jour où toutes les écoles du Québec l'imposeront?
La protection contre les intrus? Une plaque d'identité avec photo, comme dans certains bureaux, coûterait moins cher qu'un uniforme.
Une minorité de jeunes n'a pas le goût de perdre du temps à choisir ses vêtements le matin? À choisir le soir? Qu'ils portent le même ensemble chaque jour. On s'affirmera face aux esclaves de la mode.
J'ai déjà lu le site Internet d'une polyvalente de Sherbrooke qui accorde un «droit à l'individualité» aux jeunes, assorti d'un code vestimentaire qui se contente d'interdire le pire en ce qui a trait à l'indécence et aux slogans haineux. Un modèle à suivre.
Des uniformes! Pendant 12 ans de scolarité, une journée sur deux par année, avec des heures d'enseignement qui augmentent. Sans compter, au primaire, les heures passées au service de garde. Et la tendance grandissante à envahir la vie privée hors de l'école en contrôlant les corps (chevelure, piercings, tatouages) à la place des parents. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin: pourquoi pas des uniformes dans les CPE et les cégeps?
Les centaines de milliers de mineurs qui fréquentent l'école au Québec ne sont pas une armée.
L'uniforme à l'école publique est une aberration liberticide et contre nature et, si j'étais ministre de l'Éducation, je retirerais aux conseils d'établissement le droit de l'imposer, même après un référendum gagnant. Car il restera toujours une minorité de parents brimés par cet abus de pouvoir de la majorité. Une majorité amnésique qui ferait subir à ses enfants ce qu'elle n'a elle-même jamais connu.
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