Lettres: Une distinction contre-productive
Michael Laughrea - Professeur à l'université McGill et chercheur à l'Hôpital général juif, Montréal, le 23 mars 2004
25 mars 2004
La distinction que Mme Bombardier faisait samedi dernier dans Le Devoir entre terrorisme islamiste et terrorisme palestinien est presque entièrement spécieuse. Mais elle a surtout des conséquences tragiques. Le terrorisme islamiste lutte contre l'existence du monde occidental; de même, le terrorisme palestinien lutte contre l'existence d'Israël, un sous-ensemble du monde occidental. Le terrorisme islamiste ne se satisfera que d'un monde occidental islamisé (ou d'un monde musulman non occidentalisé); de même, le terrorisme palestinien ne se satisfera que d'un Israël islamisé, comme l'indique sans ambiguïté chacune des quatre couleurs du drapeau palestinien.
Distinguer entre ces deux terrorismes jumeaux, c'est retarder l'avènement d'un État palestinien, i.e. lutter (sans doute sans le vouloir) contre les meilleurs intérêts des Palestiniens. Je ne nie pas qu'une certaine distinction théorique existe (il en existe une entre deux jumeaux identiques), mais j'affirme qu'elle est inutile car contre-productive.
Le terrorisme palestinien encourage le peuple palestinien à refuser automatiquement ce qu'on lui offre, tel ce misérable chômeur à vie qui refuse systématiquement tout emploi sous prétexte que le salaire offert ne représente que 80, 60 ou 50 % de ce que notre chômeur croit valoir. Distinguer entre terrorisme islamiste et terrorisme palestinien est une erreur funeste parce que cela assure aux Palestiniens la pérennité de leur misère auto-infligée.
Il serait plus moral de discuter du sexe des anges car les distinctions spécieuses qu'on créerait alors ne gaspilleraient que du temps de loisir et non des éducations entières. Les Palestiniens auraient déjà un État si l'Occident (notamment les journaux occidentaux) et les Nations unies avaient sans relâche jugé tout aussi sévèrement le terrorisme palestinien que l'on juge maintenant le terrorisme islamiste.
Il n'est pas trop tard pour corriger cette erreur jubilaire. Il est ironique que la presse de langue française ait tendance à rapprocher ce qui s'oppose (par exemple, l'amalgame entre terrorisme palestinien et l'autodéfense israélienne, faussement nommé «cycle de la violence») et à éloigner ce qui se rapproche (par exemple, les terrorismes islamiste et palestinien). Ironique et funeste, donc immoral.
Distinguer entre ces deux terrorismes jumeaux, c'est retarder l'avènement d'un État palestinien, i.e. lutter (sans doute sans le vouloir) contre les meilleurs intérêts des Palestiniens. Je ne nie pas qu'une certaine distinction théorique existe (il en existe une entre deux jumeaux identiques), mais j'affirme qu'elle est inutile car contre-productive.
Le terrorisme palestinien encourage le peuple palestinien à refuser automatiquement ce qu'on lui offre, tel ce misérable chômeur à vie qui refuse systématiquement tout emploi sous prétexte que le salaire offert ne représente que 80, 60 ou 50 % de ce que notre chômeur croit valoir. Distinguer entre terrorisme islamiste et terrorisme palestinien est une erreur funeste parce que cela assure aux Palestiniens la pérennité de leur misère auto-infligée.
Il serait plus moral de discuter du sexe des anges car les distinctions spécieuses qu'on créerait alors ne gaspilleraient que du temps de loisir et non des éducations entières. Les Palestiniens auraient déjà un État si l'Occident (notamment les journaux occidentaux) et les Nations unies avaient sans relâche jugé tout aussi sévèrement le terrorisme palestinien que l'on juge maintenant le terrorisme islamiste.
Il n'est pas trop tard pour corriger cette erreur jubilaire. Il est ironique que la presse de langue française ait tendance à rapprocher ce qui s'oppose (par exemple, l'amalgame entre terrorisme palestinien et l'autodéfense israélienne, faussement nommé «cycle de la violence») et à éloigner ce qui se rapproche (par exemple, les terrorismes islamiste et palestinien). Ironique et funeste, donc immoral.
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