Lettres: Il n'y a pas un bon et un mauvais terrorisme
Annette Paquot - Professeur à l'Université Laval, Québec, le 20 mars 2004
25 mars 2004
Dans une chronique intitulée «Le vrai triomphe de la terreur», Denise Bombardier démonte et dénonce les mécanismes par lesquels le terrorisme islamiste s'est emparé des esprits d'un grand nombre d'entre nous et a ainsi préparé notre défaite à venir. Ce texte, lucide et rigoureux, empreint d'un véritable humanisme, désigne clairement l'objectif de ces «semeurs de mort», ennemis jurés de notre liberté et, comme elle dit si bien, «des valeurs qui nous définissent». Mme Bombardier dépeint aussi les éléments morbides, trouble mélange d'amnésie, de frustrations, de lâcheté et de culpabilité, qui dessinent les contours de l'opinion majoritaire dans le discours public actuel et colorent le climat moral dans lequel nous vivons désormais.
Il fallait que ces choses-là soient dites. Mais pourquoi fallait-il que Mme Bombardier fasse cette distinction, aussi spécieuse intellectuellement que critiquable moralement, entre le terrorisme islamique en général et le cas particulier du terrorisme palestinien? À la lire, le premier, dicté par la haine, ne serait pas une réponse à la misère et à l'humiliation des populations musulmanes tandis que le second le serait et ne serait, en outre, qu'une «riposte à la politique israélienne».
Dissocier le terrorisme palestinien de son grand frère islamiste, pudiquement nommé «terrorisme international», c'est oublier les cris de joie dans les rues palestiniennes au soir du 11 septembre 2001, c'est refuser de voir les ressemblances qui existent entre le discours du Hamas et celui d'al-Qaïda, c'est ignorer que l'un et l'autre ont le même modus operandi, l'attentat suicide, c'est être sourd aux appels à l'extermination des «judéo-croisés», c'est absoudre Yasser Arafat, ce soi-disant laïc progressiste qui appelle au djihad, c'est faire l'impasse sur le fait que Saddam Hussein subventionnait les familles des bombes humaines palestiniennes.
Il n'y a pas un bon et un mauvais terrorisme. Au nom de quoi un civil israélien déchiqueté dans un autobus à Jérusalem vaudrait-il moins qu'un ouvrier espagnol brûlé vif à Madrid? Tous deux sont victimes de la même haine.
Certaines victimes du terrorisme ne sont pas plus innocentes que d'autres. Qu'est-ce qui justifie que l'on reste silencieux à la mort de l'un tandis que l'on manifeste par millions contre celle de l'autre? Il faut condamner tous les terrorismes.
Il fallait que ces choses-là soient dites. Mais pourquoi fallait-il que Mme Bombardier fasse cette distinction, aussi spécieuse intellectuellement que critiquable moralement, entre le terrorisme islamique en général et le cas particulier du terrorisme palestinien? À la lire, le premier, dicté par la haine, ne serait pas une réponse à la misère et à l'humiliation des populations musulmanes tandis que le second le serait et ne serait, en outre, qu'une «riposte à la politique israélienne».
Dissocier le terrorisme palestinien de son grand frère islamiste, pudiquement nommé «terrorisme international», c'est oublier les cris de joie dans les rues palestiniennes au soir du 11 septembre 2001, c'est refuser de voir les ressemblances qui existent entre le discours du Hamas et celui d'al-Qaïda, c'est ignorer que l'un et l'autre ont le même modus operandi, l'attentat suicide, c'est être sourd aux appels à l'extermination des «judéo-croisés», c'est absoudre Yasser Arafat, ce soi-disant laïc progressiste qui appelle au djihad, c'est faire l'impasse sur le fait que Saddam Hussein subventionnait les familles des bombes humaines palestiniennes.
Il n'y a pas un bon et un mauvais terrorisme. Au nom de quoi un civil israélien déchiqueté dans un autobus à Jérusalem vaudrait-il moins qu'un ouvrier espagnol brûlé vif à Madrid? Tous deux sont victimes de la même haine.
Certaines victimes du terrorisme ne sont pas plus innocentes que d'autres. Qu'est-ce qui justifie que l'on reste silencieux à la mort de l'un tandis que l'on manifeste par millions contre celle de l'autre? Il faut condamner tous les terrorismes.
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